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Angelique Kerber, mise au défi d'entrée

Par Myrtille Rambion   le   samedi 27 mai 2017
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La n°1 mondiale Angelique Kerber affronte Ekaterina Makarova, ce dimanche au premier tour de Roland-Garros. Loin de constituer une entrée en matière de tout repos pour l'Allemande, ce match constitue un vrai test.

De la tension, elle en a visiblement à évacuer. Angelique Kerber a beau être la n°1 mondiale et avoir à son palmarès deux titres du Grand chelem, elle n'en reste pas moins sujette au stress. En ce samedi après-midi caniculaire, pour sa deuxième séance du jour, elle a le visage fermé à l'entraînement sur le court 20 du "Petit Jean-Bouin", à l'orée du Bois-de-Boulogne, à quelques centaines de mètres de Roland-Garros. L'Allemande le sait : le tirage au sort ne lui a pas fait de cadeau en lui réservant comme adversaire du premier tour la Russe Ekaterina Makarova. "C'est vrai que ce n'est pas un premier tour facile, a-t-elle reconnu, mais quel tour est facile ici ? A Roland-Garros, il faut être prête dès le premier point du premier match. Et je suis parée à relever ce défi."

Un défi : c'en est effectivement un. Ekaterina Makarova, certes retombée à la 40e place, est une ancienne 12e mondiale, deux fois demi-finaliste en majeur (Open d'Australie et US Open), parfaitement capable d'adapter sa force de frappe à la terre battue, puisqu'elle a déjà atteint deux fois les huitièmes de finale à Roland-Garros (2011 et 2015). Et s'y est imposée en 2013 en double aux côtés d'Elena Vesnina, avec qui, pas plus tard que l'an dernier, elle a de nouveau atteint la finale à Paris. Ses victimes sur le circuit ces dernières années s'appellent, entre autres, Serena Williams, Simona Halep, Victoria Azarenka, Svetlana Kuznetsova, Samantha Stosur ou Francesca Schiavone. Et petite cerise sur le gâteau ocre : comme l'Allemande, elle est gauchère.

Karolina Pliskova

"Sur terre, elle perd beaucoup en puissance des jambes"

Pas besoin d'en dire plus pour comprendre pourquoi le clan Kerber se méfie tant. Et n'est volontairement pas très disert avant les grands débuts de la championne dans le tournoi. "Désolé, mais je crois qu'Angelique n'a pas très envie que je parle avant le match. Revenez me voir après la rencontre, ce sera mieux", s'excusait presque - malgré un sourire - son coach Torben Beltz à la sortie de trois-quarts d'heure d'ajustements face à un sparring gaucher, l'Italien grandi en Argentine Franco Livi. La détente, ce sera éventuellement pour après... "C'est totalement un tour piège, analyse l'ancienne 11e mondiale Nathalie Dechy, membre du comité de direction du tournoi et spécialement en charge des relations avec les joueuses. C'est pour cela qu'ils appréhendent ce match. Angelique n'a pas fait une très bonne saison sur terre battue et physiquement, elle a eu quelques petits soucis. Forcément, quand tu arrives sur terre battue, qu'il te manque un peu de fraîcheur et que tu joues Makarova, ce n'est pas un bon premier tour, ça c'est sûr !"

D'autant qu'Angelique Kerber n'a jamais caché que la terre battue n'était pas sa meilleure amie. "Je trouve que c'est une surface difficile, a-t-elle répondu dans un sourire lorsque la question lui a été posée ces jours-ci. Ce n'est un secret pour personne que ce n'est pas celle que je préfère. Mais je vais faire de mon mieux, tour après tour, pour tomber un peu amoureuse de la terre battue..." Un peu dure avec elle-même, "Angie", qui a déjà atteint les quarts de finale à Roland-Garros, en 2012, et compte un titre sur ocre (certes en indoor) à son palmarès (Stuttgart 2016), ainsi qu'un autre sur terre verte américaine (Charleston 2015). Normal pour une championne en quête de perfection. Et logique, dès lors qu'il s'agit de Roland-Garros, Grand chelem exigeant par excellence, au vu de son jeu axé avant tout sur la puissance, en dépit d'une main indéniable. La terre battue est une surface mouvante et l'on n'y joue pas avec les mêmes appuis que sur dur ou gazon.

"C'est une joueuse de contre, moins efficace sur terre battue"

"Comme une Caroline Wozniacki, elle n'a pas vraiment appris à bouger et à glisser naturellement sur terre, précise Nathalie Dechy, donc la puissance qu'elle a du sol sur les autres surfaces, elle n'arrive pas à la prendre sur terre battue. Elle n'est pas puissante avec son haut du corps, c'est vraiment une joueuse de contre, ce qui veut dire que cette puissance qu'elle arrive à récupérer des jambes sur d'autres surfaces, sur terre, elle en perd beaucoup. C'est ce qui fait qu'elle est moins efficace." Mais "moins" efficace lorsque l'on est Angelique Kerber, ne signifie bien sûr pas "plus du tout" efficace.

"En fait, explique l'intéressée, à l'entraînement, je joue plutôt pas mal. Maintenant, ce qu'il faut que je parvienne à faire, c'est à transposer en match ce que je fais à l'entraînement. C'est ce à quoi je m'attelle ces dernières semaines." Ekaterina Makarova espère simplement que ce ne sera pas face à elle, au premier tour de Roland-Garros ce dimanche. Mais comme le prédit Nathalie Dechy : "Angelique Kerber est n°1 mondiale ; elle veut aller chercher les Grands chelems. Eh bien pour cela, il faut être capable de passer ce genre de tours."

Angelique Kerber
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