En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des publicités ciblées adaptés à vos centres d’intérêts et/ou réaliser des statistiques de visites.

Pour en savoir plus et paramétrer les traceurs.

Les "qualifs"? "Un truc de dingues!"

Par Myrtille Rambion   le   dimanche 21 mai 2017
A | A | A

Ce lundi débutent les qualifications de Roland-Garros 2017. Peu d'appelés au départ et encore moins d'élus à l'arrivée. Pour gagner leur ticket dans le grand tableau du Grand chelem parisien, joueuses et joueurs doivent sortir, dès le début, le grand jeu. Paroles de participants surmotivés et conscients de l'ampleur de la tâche.

"Pour résumer, en gros, il y a plein de jeunes gars en pleine progression et aussi des gars qui ont été top 50 et top 100, qui ont été blessés et qui reviennent dans les 100." A sa manière, le Japonais Taro Daniel, 24 ans, sait planter le décor des qualifications de Roland-Garros. Ces fameuses "qualifs" que le 97e mondial connaît bien pour en être sorti il y a deux ans et que beaucoup sur le circuit présentent comme un véritable "tournoi dans le tournoi". C'est peu de le dire : une âpre lutte - trois matchs - pour pouvoir intégrer le tableau final du Grand chelem parisien où se croisent et s'affrontent, c’est vrai, des joueurs expérimentés et des champions en devenir. "Plein de joueurs du grand tableau pourraient perdre en qualifs s'ils les jouaient, c'est franchement dur, poursuit le n°4 nippon, qui l'an dernier avait directement intégré le tableau principal. Vous pouvez tout à fait jouer un mec qui est 200e, être dans un mauvais jour et perdre..."

"Les "qualifs" de Roland, ce sont les "qualifs" les plus relevées"

Et le constat est le même chez les femmes. "Toutes les filles ici sont entre 100 et 200, détaille la Brésilienne Beatriz Haddad Maia, tout juste titrée au 100 000 $ de Cagnes-sur-Mer, l'un des incontournables du circuit ITF sur la route de Roland-Garros, résultat qui lui a valu son entrée dans le top 100 justement (100e). Tout le monde joue bien, tout le monde gagne des tournois sur le circuit ITF et toutes les filles ont un bon niveau si elles ont ce classement. Les qualifs, cela fait déjà partie du tournoi ! C'est un truc de dingues." Ce n'est pas la Canadienne Françoise Abanda, demi-finaliste de l'épreuve juniors en 2014 et 197e mondiale, qui la contredira. Contrairement à la Brésilienne qui y a déjà tenté deux fois sa chance, la Québécoise dispute pour la première fois les "qualifs" de "Roland" et a bien conscience de la montagne à gravir. Un sommet élevé, même s'il n'est pas encore l'Everest, prometteur de beaux horizons en cas d’ascension réussie.

Françoise Abanda

"Les qualifs de 'Roland', ce sont vraiment d'après moi les qualifs les plus relevées, affirme-t-elle. Tout le monde joue, toutes les Européennes, toutes les Américaines, toutes les Canadiennes... Toutes les filles sont là pour se battre." Tous les "garçons" aussi. A l'image de Leonardo Mayer. L'Argentin de 30 ans fait partie du contingent des expérimentés. Encore 21e mondial il y a tout juste deux ans, sacré en coupe Davis à la fin de l’année dernière, il est aujourd'hui 150e et doit donc en repasser par les "qualifs". Pour son 10e Roland-Garros et pour la première fois depuis 2011. "Bien sûr, c'est difficile de repasser par les qualifications après avoir joué le tableau principal pendant plusieurs années, analyse le natif de Corrientes, mais c'était le seul moyen pour moi de jouer Roland-Garros cette année et ça me motive encore plus."

"Ces qualifs, c'est pour moi l'une des semaines les plus spéciales de l'année. Peut-être même ma semaine favorite de la saison"

Motivés ? Elles et ils le sont tous. De Tokyo à Sao Paulo, de Montréal à Buenos Aires, elles et ils ont fait le voyage jusqu'à la Porte-d'Auteuil dans un même but: survivre à ces "qualifs" et entrer dans le grand bain. "Quand Guga a gagné son premier titre ici, j'avais un an, s'enthousiasme Beatriz Haddad-Maria. j'ai grandi en entendant tout le temps 'Guga, Guga, Guga...’ et ‘Roland-Garros, Roland-Garros, Roland-Garros...' Me qualifier ici ? C'est un rêve. (sourire) Roland, c'est l'objectif d'une carrière. Ces qualifs, c'est pour moi l'une des semaines les plus spéciales de l'année. Peut-être même ma semaine favorite de la saison."

Beatriz Haddad Maia

"Roland, c'est le plus prestigieux, renchérit Françoise Abanda. Mondialement. Mes parents sont du Cameroun et en Afrique, c'est un tournoi que tout le monde connaît. Pareil aux Etats-Unis ou au Canada, où les médias nous suivent beaucoup. Je veux être top 100 et si je me qualifie ici, ce sera assurément une étape."

Taro Daniel, lui, a déjà connu cette sensation si particulière de qui parvient à s'en sortir pour se hisser dans la cour des grands. "J'avais eu deux matchs difficiles, se souvient le Japonais, dont le dernier, contre un Français (David Guez, ndlr). Roland-Garros est sans aucun doute mon tournoi le plus "prestigieux" jusqu'ici, étant donné les conditions : c'est de la terre battue, c'est une surface un peu plus lente que les autres... Quand je me suis qualifié, c'était un immense soulagement. Rentrer dans le grand tableau, c'est tellement génial !" Tellement, que cela donne envie d'y goûter de nouveau. Pour cela, il faudra donc être fort. Très fort, même. Car comme le dit Leonardo Mayer : "Il faut prendre les matchs les uns après les autres et chercher à donner le meilleur de soi-même à chaque fois. Parce que c'est aussi dur que le tableau principal."

Comments
Article suivant: Kristina Mladenovic: "cette année, je sens que c'est différent..."
Articles Similaires