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Kristina Mladenovic: "cette année, je sens que c'est différent..."

Par Myrtille Rambion   le   samedi 20 mai 2017
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Forte de ses finales coup sur coup à Stuttgart puis Madrid, venues couronner une première moitié de saison en trombe, c'est une Kristina Mladenovic consciente des attentes qui l'entourent, mais très décontractée, qui s'est présentée sur le court Philippe-Chatrier, ce samedi. Interview. 

Le beau temps avait tenu à l'accueillir en personne. Certes, Kristina Mladenovic n'avait pas besoin de ce signe météo pour afficher une mine réjouie au moment de renouer avec Roland-Garros, compte tenu de son passé avec ce stade et de son excellente dynamique des dernières semaines. Il n'empêche qu' en ce samedi de (re)prise de contact avec la terre de la Porte-d'Auteuil, la n°1 française n'en a eu que plus de plaisir à en découdre à l'entraînement. Revenue de Rome où elle s'est inclinée d'entrée face à l'Allemande Julia Goerges, mettant ainsi fin à une période aussi faste (victoires en Fed Cup, finales à Stuttgart puis Madrid) qu'énergivore, "Kiki" a tapé une heure et demie durant sur le court Philippe-Chatrier en compagnie de Mathieu Rodrigues, sparring qu'elle connaît bien puisqu'il est aussi celui de l'équipe de France de Fed Cup. C'est une 14e mondiale - son meilleur classement - heureuse de revenir sur une terre qui lui a porté chance (championne juniors en 2009, titre en double dames en 2016 aux côtés de Caroline Garcia) et consciente des attentes qui l'entourent désormais qui s'est confiée à rolandgarros.com.

Que ressentez-vous en revenant sur ce court ? C'était important de venir y prendre vos marques très tôt avant le début de Roland-Garros ?

J'ai toujours de super souvenirs quand je reviens à "Roland". En plus là, pour mon premier entraînement, il fait grand ciel bleu, il y a du soleil, c'est génial ! J'ai plein de belles images en tête, bien sûr avec ce titre en double et puis aussi mes matches en simple, notamment celui contre Serena (au troisième tour l'an dernier, perdu de justesse 12-10 au tie-break du deuxième set, ndlr), le court plein... Cette année, je fais un truc un petit peu nouveau pour moi, c'est-à-dire que je ne joue pas la semaine avant le tournoi. Je vais me préparer toute la semaine ici, sur le court Philippe-Chatrier et le Suzanne-Lenglen. C'est assez agréable d'avoir du temps, comme ça... C'est un peu le calme avant la tempête (sourire). Il n'y a personne, je prends mes marques, je m'entraîne, je me prépare, surtout que j'ai joué pas mal de matchs ces derniers temps.

"Entendre ailleurs qu'en France que je suis, peut-être, outsider pour le titre, c'est... énorme !"

Même si vous réussissez de très belles choses, avec l'enchaînement Fed Cup, finale à Stuttgart, puis finale à Madrid, il doit y avoir pas mal de fatigue, non ?

Entre guillemets, ça "tombe bien" qu'à Rome je sois sortie assez rapidement (sourire). Après, j'aurais aimé continuer sur cette lancée, évidemment. Quand on joue bien comme ça dans des tournois aussi prestigieux que ceux-là, on a envie que ça continue. Mais voilà, je pense que je ne peux pas cracher dans la soupe et dire que c'est mauvais de ne plus être en lice à Rome parce que depuis le début de la saison - quoiqu'on ne parle même plus de début de saison, là, c'est vrai qu'on arrive déjà en mai ! (rires) -, cela a fait vraiment beaucoup de semaines d'affilée avec de gros résultats. Aller au bout de chaque semaine, c'est un sentiment top. C'est quand même tout nouveau pour moi. J'arrive à "Roland", pas avec un autre statut, mais disons que je sens que c'est différent.

Parce que vous atteignez votre meilleur classement, que vous avez réussi un formidable début de saison et que l'on vous place désormais ouvertement parmi les joueuses susceptibles de réussir un gros coup ici ?

Je ne pense pas que ce soit la première fois que j'arrive à Roland en étant n°1 française et avec une certaine attente du public. Mais sur le plan mondial, j'ai la sensation que c'est différent, en fait. Entendre ailleurs qu'en France que je suis peut-être une outsider pour le titre, ce genre de choses, ça commence à... (rires) c'est énorme, quoi ! Quand j'entends les gens dire ça, je trouve ça exceptionnel. C'est vrai que c'est au fond de moi un objectif, un rêve que j'ai envie un jour de réaliser. C'est très plaisant d'arriver avec des objectifs aussi élevés.

"Ce n'est pas tant la confiance que mon niveau de jeu moyen qui a augmenté"

Cela signifie aussi pas mal de pression sur vos épaules. Mais, vous connaissant, c'est plutôt une bonne pression, non ?

C'est une bonne pression, bien sûr ! Je rêvais de l'avoir, cette pression-là. Je l'ai assez souvent dit : s'il y a cette pression, c'est que je dois forcément faire quelque chose de bien. Si j'étais de troisième ou quatrième catégorie, un peu inconnue, il n'y aurait pas d'attente, il n'y aurait pas de pression, les gens ne croieraient pas en moi... Donc ce n'est que du positif. Cela veut dire que je suis capable de faire de grandes choses. C'est un privilège en fait d'avoir cette pression-là. Chaque semaine c'est un challenge. Il y a cette adrénaline qui, c'est sûr va être compliquée à gérer ici, mais comme tous les ans à "Roland", finalement. Et - je touche du bois -, jusqu'à présent, j'ai plutôt bien répondu à l'exercice, en règle générale. J'aime ça et j'ai hâte, vraiment.

Au-delà des résultats, au niveau des sensations, ce doit être extrêmement agréable de vous sentir comme ça en confiance, de ressentir dans votre raquette et dans vos jambes que vous jouez bien?

Oui, c'est sûr. Et surtout de sentir que j'ai pris, je n'ai pas envie de dire une autre dimension, mais... presque. Madrid, c'est un Premier Mandatory, ce qui est quand même la catégorie de tournois les plus prestigieux après les Grand chelems. Sans oublier tous les autres tournois où j'ai bien joué, alors forcément, il y a la confiance, il y a les matchs accumulés, le fait qu'en mode compétition, j'ai mes repères. Mais ce n'est vraiment pas le mot "confiance" que j'utiliserais : je dirais plutôt que mon niveau de jeu moyen a augmenté. Parce que la confiance, ça peut traîner sur une, deux, trois semaines, or là, ça enchaîne pas mal. J'essaie juste de me concentrer, de travailler, pour que chaque semaine, j'arrive à reproduire ce niveau de jeu et à être très constante.

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