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Rafael Nadal - Novak Djokovic, une rivalité à Roland-Garros

Par Guillaume Willecoq   le   vendredi 12 mai 2017
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Rafael Nadal et Novak Djokovic ont l'un comme l'autre disputé leur premier Roland-Garros en 2005. Douze ans plus tard, ils se sont croisés sept fois à Paris et ont établi chacun un fait de gloire aux dépens de l'autre : pour Nadal, avoir fait de Djokovic sa victime favorite à Paris (six succès, soit un de plus que contre Roger Federer) ; pour Djokovic, être l'un des deux seuls hommes à avoir battu Nadal à Paris, qui plus est en trois sets secs, seule fois dans sa carrière où "Rafa" fut à ce point réduit à l'impuissance sur "son" Central. Flashback.

2006

Le contexte
Rafael Nadal est tenant du titre de Roland-Garros et vient de battre, au premier tour, le record du nombre de matchs remportés consécutivement sur terre battue, propriété jusque-là de Guillermo Vilas. Bref, il est déjà l'homme à battre Porte d'Auteuil. Novak Djokovic, lui, est le trublion qui monte vers les sommets de la hiérarchie : 63e mondial, il s'apprête à découvrir les quarts de finale d'un tournoi du Grand chelem. Il s'agit de la toute première confrontation entre les deux hommes.
L'enjeu
Rafael Nadal et Novak Djokovic ne boxent pas encore dans la même catégorie : le Majorquin postule à sa propre succession au palmarès parisien, seul Roger Federer donnant l'impression de pouvoir le concurrencer sur terre. Le Serbe apprend encore à respirer l'air des sommets, alors qu'il n'a pas remporté le moindre titre ATP. Lui est là pour apprendre.
Le match
Rafael Nadal se détache 6/4 6/4 en 1h54, avant que Novak Djokovic ne jette l'éponge en raison d'une blessure au dos. Mais le Serbe n'est pas impressionné. Il lâche même : "Je pense que j’avais le contrôle du match, parce que tout dépendait de moi."  Le grand public vient de faire connaissance avec ce gamin aussi ambitieux que plein d'aplomb. Toni Nadal, lui, a pris acte : "Dès que j'ai vu ce garçon, j'ai compris que nous avions un problème pour longtemps."

Le passing de Nadal contre Djokovic en 2006

2007

Le contexte
Rafael Nadal est encore tenant du titre, encore favori à sa propre succession, encore challengé principalement par Roger Federer. Mais Novak Djokovic s'affirme. Il vient d'ailleurs de remporter son premier titre Masters 1000 à Miami, y signant en chemin sa première victoire sur Nadal. Le "Djoker" apprend vite et, 6e mondial, a de sérieux airs de challenger à l'heure d'aborder sa demie contre "Rafa".
L'enjeu
Toujours pas de rivalité directe entre les deux hommes, malgré Miami. Double champion sortant encore en course pour le triplé au stade des demies, Nadal colle aux pas de champions du calibre de Sergi Bruguera ou Jim Courier. Avec deux matchs gagnés de plus, il rejoindrait même des légendes du tournoi comme Ivan Lendl, Mats Wilander et Gustavo Kuerten. Djokovic, lui, est un nouveau venu en demi-finale de Grand chelem.
Le match
Nadal fait la course en tête et Djokovic s'épuise à courir derrière. Mené 5-2 au premier set, il s'arrache pour revenir à 5-5... avant de perdre les deux jeux suivants. Une bonne partie de ses illusions vient de s'envoler et le match est bouclé en 2h28 : 7/5 6/4 6/2. "J'ai compris des choses aujourd'hui, assure Djokovic, toujours sûr de lui. J’ai essayé d’être agressif… tout en ne l’étant pas tout le temps pour bâtir le point et me donner des opportunités. J’ai fait pas mal d’amorties pour changer de rythme et le faire courir vers l’avant. Et je trouve que ça n’a pas mal fonctionné pendant deux sets."

2008

Le contexte
Rafael Nadal est toujours tenant du titre et toujours grandissime favori à sa propre succession, d'autant que Roger Federer traverse un premier semestre difficile. Mais Novak Djokovic, lui, a clairement changé de dimension : vainqueur de l'Open d'Australie au mois de janvier, lauréat de son premier Masters 1000 sur terre battue à Rome, il est à présent un très consistant 3e joueur mondial, crédible lorsqu'il dit viser la 1ère place à assez court terme. La 2e est d'ailleurs très concrètement à sa portée : s'il bat Nadal lors de leurs retrouvailles en demi-finales de Roland-Garros, il dépassera le Majorquin au classement et sera le nouveau dauphin de Federer.
L'enjeu
A présent, la rivalité existe. Parce qu'elle oppose deux vainqueurs de tournoi(s) du Grand chelem. Parce qu'elle met aux prises deux joueurs dans un mouchoir de poche au classement mondial. Et parce que leurs face-à-face commencent à devenir des matchs attendus : en demi-finale du Masters 1000 de Hambourg, il a fallu plus de trois heures (3h03 exactement) à Rafael Nadal pour écarter son cadet d'un an (7/5 2/6 6/2). Premier match d'une longue série de rencontres où pleuvront les superlatifs entre les deux hommes. "J'ai affronté le plus grand défenseur de l'histoire du tennis", souffle Nadal.
Le match
Il n'y en a pas. Rafael Nadal écrase la concurrence en ce Roland-Garros 2008. Il n'a jamais été, et ne sera jamais plus, aussi impressionnant que durant cette quinzaine où il n'abandonne que 41 jeux à l'ensemble de ses 7 adversaires - pas si loin du record absolu de 32 détenu par Björn Borg. Des 7, Djokovic est celui qui résiste le mieux, alors même que "Rafa" sort "son tout meilleur match à Roland-Garros", dixit oncle Toni. Le Serbe inscrit 12 jeux (6/4 6/2 7/6). C'est 8 de plus que Roger Federer deux jours plus tard...

Nadal - Djokovic 2008 : Balle de match

2012

Le contexte
Trois matchs en trois ans à Roland-Garros, et puis trois années de cache-cache : depuis 2008, "Rafa" et "Nole" se sont toujours évités Porte d'Auteuil. Partout ailleurs en revanche, les affrontements se sont multipliés: 6 en 2008, 6 en 2009, 2 en 2010, 6 en 2011 et déjà 3 en 2012 quand ils se retrouvent en finale de Roland-Garros. Leur rivalité marche de plus en plus par série : quand l'un des deux prend l'avantage, il le garde plusieurs mois. Mais le plus gros temps fort est bien sûr celui connu par Novak Djokovic, victorieux des 7 duels les ayant opposés entre mars 2011 et février 2012... tous dans des finales, dont 3 du Grand chelem : Wimbledon 2011, US Open 2011, Open d'Australie 2012, cette dernière s'étant conclue par 7/5 au cinquième set, au bout de 5h53 de jeu - soit la plus longue finale jamais jouée. Mais la saison de terre vient de rebattre les cartes, Nadal l'emportant en finale à Monte-Carlo et Rome.
L'enjeu
Pour la première fois entre les deux hommes à Paris, il est lourd. Très lourd, même. Si Novak Djokovic s'impose, il sera alors simultanément détenteur des quatre trophées du Grand chelem, une prouesse plus vue chez ces messieurs depuis le Grand chelem calendaire de Rod Laver en 1969. S'il perd, il laissera s'envoler une occasion unique et achèvera de rendre le leadership de leur rivalité à Rafael Nadal. Le Majorquin aussi joue pour l'Histoire du jeu : il n'est plus qu'à un match d'un 7e titre aux Internationaux de France, qui lui vaudrait de devenir seul détenteur du nombre de victoires dans l'épreuve, devant Björn Borg (6). Une défaite équivaudrait en revanche à un record bien moins enviable : il serait le premier homme à perdre 4 finales majeures en succession face au même adversaire.
Le match
En deux temps... et deux jours. Nadal débute sur la lancée de ses finales facilement remportées à Monte-Carlo et Rome. Il se détache 6/4 6/3 sous un ciel menaçant. Mais la pluie finit par s'inviter à la fête au troisième set, et la physionomie du match change en même temps que l'humidité modifie les conditions de jeu, offrant à présent moins de prise au lift du Majorquin. Djokovic en profite pour enchaîner les coups gagnants. Il empoche le troisième set 6/2, et se relance totalement en breakant en début de quatrième... au moment où la pluie devient trop forte et amène l'interruption de la partie, à 2-0 en sa faveur. Elle reprend le lendemain, dans des conditions similaires aux deux premiers sets... et pour la même issue : "Rafa" recolle immédiatement, et coiffe son adversaire avant même le tie-break (6/4 6/3 2/6 7/5).

Roland-Garros 2012 : Nadal puissance 7

2013

Le contexte
Novak Djokovic vient de réussir ce que l'on ne pensait plus possible : battre Rafael Nadal sur la terre battue de Monte-Carlo, véritable répétition générale de Roland-Garros où le Majorquin visait un 9e titre en autant d'années. Il devient ainsi le premier joueur à avoir battu le Majorquin en finale des trois Masters 1000 de terre, après Madrid et Rome en 2011. Mais le Serbe s'est ensuite inexplicablement troué à Madrid (deuxième tour) et Rome (quarts), tandis que Nadal regonflait sa confiance par autant de titres dans ces tournois.
L'enjeu
Eloigné des courts de juillet 2012 à février 2013 en raison d'une blessure au genou, Rafael Nadal a chuté au quatrième rang mondial. Taquin, le hasard se charge de placer les deux hommes forts du moment dans la même demie du tableau à Roland-Garros. Le choc aura donc lieu en demi-finales. Et il a de furieux airs de finale avant la lettre.
Le match
Le plus palpitant à ce jour, un match à placer assurément dans le Top 5 de leurs plus grands affrontements. Novak Djokovic aurait pu tout perdre en quatre sets, Rafael Nadal ayant servi pour le match à 6-5 au quatrième. Il a ensuite failli tout gagner en cinq, ayant le break jusqu'à 4-3, service à suivre. Et finalement, c'est sur le fil qu'il s'est incliné, 6/4 3/6 6/1 6/7 9/7. On se souviendra longtemps, à 4-3 sur son service et 40A, de cette volée facile que le Serbe gâche en touchant le filet en fin de geste. Pas le point qui lui coûte le débreak, mais celui qui a fait comprendre à "Rafa" que son adversaire de l'autre côté du filet était fébrile. "Je le félicite car il montré pourquoi il était un champion et pourquoi il dominait Roland-Garros depuis si longtemps", salue "Djoko", beau joueur.

2014

Le contexte
Novak Djokovic a repris l'ascendant dans une rivalité devenue la plus récurrente de l'ère Open, avec 42 occurrences (50 au total à ce jour, ndlr). Il vient de battre l'Espagnol en finale à Miami et, surtout, sur la terre battue de Rome. Vainqueur de son côté du Masters 1000 de Madrid en profitant de l'abandon de Kei Nishikori alors que le Japonais le dominait de la tête et des épaules, le désormais octuple vainqueur de Roland-Garros paraît plus friable qu'à l'habitude.
L'enjeu
La neuvième couronne de Rafael Nadal, la première de Novak Djokovic. Les records toujours plus vertigineux de l'Espagnol contre le Grand chelem en carrière du Serbe. Les enjeux entre les deux hommes sont connus. Au-delà, il y a aussi ce chiffre qui enfle : en cinq confrontations précédentes à Paris, il n'y a toujours eu qu'un seul et même vainqueur : Rafael Nadal.
Le match
Cinq, et bientôt six victoires en autant de matchs pour Rafael Nadal. Novak Djokovic débute pourtant idéalement sa finale. Mais, dès le milieu du deuxième set, il semble asphyxié, à bout de souffle. Connu pour ne pas aimer les grosses chaleurs, souffre-t-il de la montée spectaculaire des températures enregistrée depuis quarante-huit heures ? Une fois Nadal revenu à un set partout, la finale est à sens unique. Comme aux premiers temps de leur rivalité parisienne, Novak Djokovic court en permanence après le score... et finit par mettre le genou à terre (3/6 7/5 6/2 6/4).

Best of Roland Garros 2014

2015

Le contexte
Les temps changent... Même sur terre battue, le patron c'est à présent "Nole". S'il est toujours tenant du titre à Roland-Garros, c'est bien tout ce qui reste à "Rafa", tandis que le Serbe ne perd plus un match depuis la fin de saison précédente : Paris Rolex Masters, Masters de Londres, Open d'Australie, Indian Wells, Miami, Monte-Carlo et Rome sont tombés dans son escarcelle - il était au repos à Madrid. En demi-finales à Monaco, il n'y a pas eu match entre les deux hommes : 6/3 6/3 pour Djokovic. Quand ils se retrouvent en quarts de finale à Roland-Garros, le n°1 mondial a "la pancarte".
L'enjeu
Un "simple" quart de finale, leur rencontre la plus précoce à Paris depuis la toute première, en 2006. Les enjeux historiques en changent guère, Djokovic courrant toujours après le dernier titre majeur manquant à sa collection, quand Nadal concourt pour laisser Björn Borg et les autres toujours un peu plus loin dans son rétroviseur : à l'image de son club de foot favori, le Real de Madrid, en Ligue des champions, "Rafa" vise la "Decima", la dixième victoire, à Roland-Garros. Mais dans l'immédiat, il s'agit de marquer son territoire : qu'il gagne, et Djokovic aura écarté le fantôme de ses défaites passées, en particulier les dernières en date de 2012, 2013 et 2014. Qu'il gagne, et "Rafa" redeviendra l'épouvantail dans la dernière ligne droite du tournoi...
Le match
Démonstration et stupéfaction. Si on savait la chute du roi Nadal possible - contrairement à l'énorme surprise causée par Robin Soderling en 2009 - l'ampleur de la victoire de Novak Djokovic crée un choc. Rafael Nadal est totalement réduit à l'impuissance, et il faut un petit fond de nervosité côté serbe pour que le Majorquin réussisse à emmener le premier set à 5-5, alors qu'il s'était retrouvé mené d'entrée 0-4. Mais pas de quoi brouiller les cartes : "Djoko" empoche le set 7/5, puis s'échappe 6/3 et... 5-0. La foule compatissante applaudit "Rafa" quand il évite in extremis la bulle au troisième set. Mais cinq minutes plus tard, le roi de l'ocre chute de son trône (7/6 6/3 6/1). Son successeur semble à ce moment-là devoir venir de Serbie... et puis Stan Wawrinka passera par là.

Temps forts N. Djokovic - R. Nadal / Quarts de finale
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