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Toni Nadal : "Gagner un dixième Roland-Garros, ce serait énorme"

Par Myrtille Rambion   le   dimanche 30 avril 2017
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Oncle et coach de toujours de "Rafa", Toni Nadal vit sa dernière saison aux côtés de son neveu. Et se prépare donc à vivre son tout dernier Roland-Garros dans quelques semaines… A moins que ? Interview.

Que Rafael Nadal ait réussi, dimanche dernier, à remporter une dixième fois le tournoi de Monte-Carlo, un record tous tournois confondus, cela vous inspire quoi ?
Je ne sais pas (sourire) Bon. Un 10e titre à Monte-Carlo c’est incroyable… mais le 9e était incroyable aussi. Comme l’avaient été le 8e, le 7e et le 6e… Dix c’est un peu plus encore, c’est vrai. Je suis très content que Rafael ait gagné.

Y a t’il eu plus d’émotions à aller chercher cette "decima" que les titres précédents, tout de même ?
Non. Je crois que cela avait été plus compliqué l’année dernière de gagner à Monaco parce que Rafael n’avait pas bien joué en 2015. Cette année, il a bien commencé la saison et la vérité, c’est que quand nous sommes arrivés à Monte-Carlo, nous nous sommes dits qu’il faisait partie des vainqueurs possibles.

Pour quelle raison ? Parce que vu son excellent début d’année, ses finales à Melbourne, Acapulco et Miami, vous saviez qu’en arrivant sur terre battue, il jouerait forcément très bien ?
Pour moi, il n’était pas exactement le favori parce qu’il y avait aussi Djokovic et Murray et qu’ils sont n°1 et n°2 mondiaux. Mais je pensais effectivement que, vu son niveau, Rafael faisait partie de ce groupe de joueurs qui pouvait gagner Monte-Carlo.

Était-ce important pour lui de regagner enfin un tournoi ? Il n’avait plus soulevé un trophée depuis Barcelone l’année dernière…
(Il coupe) L’an dernier, il était blessé. En 2016, Rafael a gagné à Monte-Carlo en battant Murray et Monfils, puis à Barcelone en battant Nishikori. Ensuite, il a atteint les demi-finales de Madrid mais là, avant même d’entrer sur le court, il était blessé au poignet (il a commencé à ressentir une gêne pendant son quart contre Joao Sousa, ndlr). À partir de ce moment-là, tout a changé : après ça, il n’a pas récupéré de son poignet de toute l’année. Donc, c’est différent. Ce n’est pas comme si l’an dernier, il avait mal joué. Non, ce qui a fait mal, c’est qu’il a repris la compétition avant d’aller réellement bien. Mais son jeu était bon.

La période qui a suivi son forfait, annoncé avec beaucoup de tristesse, à Roland-Garros l’an dernier a-t-elle été difficile à vivre ? Et tout ce travail fourni pour revenir à un tel niveau…
(Il hausse les épaules) Eh bien, cela a été la même chose que ce qu’il a fait toute sa vie. Je ne me demande jamais si c’est difficile ou pas, vous savez, parce que dans la vie, arrive ce qui arrive. Quelquefois, dans ces moments-là, quand Rafael commençait à me dire : "non, avec la blessure…", je lui répondais toujours : "tu as ça, c’est comme ça. Il ne faut pas commencer à penser que c’est difficile parce que si on se dit que c’est trop difficile, alors on ne le fait pas." (pause) C’est normal que ce soit difficile.

La possibilité de réussir, dans la foulée de celle de Monte-Carlo et pourquoi pas de Barcelone, "la decima" à Roland-Garros dans quelques semaines, est-ce un objectif dont vous parlez ensemble ?
Non. La première fois que Rafael est arrivé en finale d’un Masters 1000, c’était à Miami (en 2005 contre Roger Federer, ndlr), tout le monde était là : "ah, c’est le Masters 1000 le plus important !" Et moi je rétorquais : "moi, je préfère gagner Monte-Carlo". Maintenant, après 10 titres dans ce tournoi, je ne sais pas ce que je préfère… Parce que si l’on avait gagné à Miami peut-être que ce serait un endroit spécial pour nous (sourire). Mais pour nous, les Espagnols, dans la mémoire collective, quand on pense à un Masters 1000, c’est toujours Monte-Carlo, avec la vue sur la mer, tout ça. Pour nous, pouvoir gagner à Monaco, c’est incroyable. Alors vous comprendrez que, vu ce que Roland-Garros représente encore plus pour nous Espagnols, pouvoir gagner 10 fois à Paris, ce serait pfff… (il joint le geste à la parole) énorme.

Ce serait extraordinaire ?
Oui. Pas parce que ce serait le 10e. Mais parce qu’à chaque fois que Rafael gagne Roland-Garros, on sait déjà qu’il a réussi une très grande saison.

Pour parler clairement : gagner à Monte-Carlo, cela met en confiance pour Roland-Garros, non ?
Je vous dirai ça dans un mois… (sourire) Dans le tennis, et dans le sport plus généralement, tout peut changer très vite. Quand tu gagnes, tu acquiers une très grande confiance. Mais si par exemple au premier tour contre Kyle Edmund à Monte-Carlo, Rafael avait perdu cette balle de 2-1 en faveur de son adversaire dans le troisième set, alors là… on n’aurait plus de confiance ! Alors oui, c’est vrai, maintenant, nous en avons beaucoup. Mais peut-être que si Rafael perd à Barcelone, nous n’en aurons plus trop. Et on verra à Madrid ! Beaucoup de choses peuvent encore se passer d’ici à Roland-Garros.

Au milieu de la foule, un homme partage plus que les autres le huitième succès de Rafa aux Internationaux de France. Toni Nadal, son oncle et entraîneur.

Il y a deux ans, Rafael Nadal exprimait beaucoup de doutes. Est-ce du passé désormais ?
Oui, je crois. Maintenant, c’est à lui qu’il faut poser la question (sourire). Je crois que c’est un peu normal. Pendant de nombreuses années, Rafael a joué avec des problèmes physiques. Quelquefois, il ne pouvait même pas fléchir les jambes. Dans ces moments-là, tu perds confiance en ton corps. Tu vas sur le court, mais tu ne sais pas exactement ce que tu as ni même comment tu vas jouer, alors tu as des choses qui commencent à te rentrer dans la tête. Après, tu penses : "oh ça, c’est top dur…". Mais quand il a décidé de s’arrêter en octobre dernier, il a eu toutes les réponses dont il avait besoin. Ensuite, il a pu recommencer à jouer et il a tout de suite retrouvé un très bon niveau.

Est-ce que cette saison est différente pour vous, dans la mesure où vous avez annoncé que ce serait votre dernière aux côtés de Rafael Nadal ?
(sans aucune hésitation) Non. Je suis un peu idiot, j’ai du mal à penser trop loin (sourire). Quand je pars de Monte-Carlo, je sais que l’année prochaine je ne serai pas là, mais pour moi, cela ne change rien. Nous avons gagné à Monte-Carlo, je suis très content et je ne pense pas à l’année prochaine. Ce n’est vraiment pas un problème (sourire).


Mais quand vous pensez à Roland-Garros qui arrive bientôt, vous ne vous dites pas : "ce sera mon dernier" ?
Oui, ce sera mon dernier Roland-Garros. Et alors ? J’ai eu la chance de vivre des choses que je ne pensais jamais vivre. Je me revois encore dans mon club, à Manacor, lorsque j’étais le directeur de l’école de tennis : je n’aurais jamais pensé alors que j’irai 14 fois à Monte-Carlo ou 13 fois à Roland-Garros ! Non, jamais je n’aurais imaginé ça. Vous m’auriez dit alors qu’on aurait la possibilité de se rendre dans ces endroits-là 2, 4, 5 ou 6 fois, j’aurais signé les yeux fermés. Et en fin de compte, avec Rafael, on y est allé bien plus de fois… Alors gagner, ç’a été beaucoup plus que ce dont j’aurais jamais pu rêver. Oui, ce n’est pas mal du tout (sourire).

Rafael Nadal et ses remettants


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