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Sa finale à Melbourne (re)fait-elle de Rafael Nadal le favori de Roland-Garros ?

Par Myrtille Rambion   le   lundi 27 février 2017
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Sa finale à l'Open d'Australie, et surtout la forme affichée tout au long de la quinzaine, mérite que l’on se pose la question : "Rafa" est-il de facto redevenu le grand favori du Roland-Garros à venir ? Alors qu’il reprend la compétition à Acapulco, les paris sont ouverts.

Les deux dernières fois que Rafael Nadal a disputé la finale de l'Open d'Australie, en 2012 et 2014, il a remporté Roland-Garros quatre mois plus tard. Comme un bon présage pour "Rafa" alors qu’il est passé à trois jeux de renouer avec la victoire en Grand chelem sur le ciment de Melbourne Park, dans ce qui était sa première finale majeure depuis… Roland-Garros 2014, justement. D’autant que l’impression visuelle vient renforcer le discours simplement statistique : en ce début d’année, l'Espagnol est clairement de retour, dans son physique, son mental et son tennis. Or à chaque fois que ces trois critères ont été réunis, il a gagné Roland-Garros. À bientôt 31 ans – anniversaire qu’il pourrait une nouvelle fois fêter sur place, le 3 juin - le nonuple champion à Paris semble donc sur les rails pour parvenir à ajouter dans quelques semaines une dixième pierre à son édifice ocre.

2012 : Nadal puissance 7

Roland-Garros 2012 : Nadal puissance 7

D’accord, d’ici Roland-Garros, il reste un peu de temps et le Manacori doit d’abord reprendre la compétition, lui qui a choisi de reposer son organisme et de souffler dans la foulée de sa formidable campagne australienne. Mais Acapulco, puis la doublette Indian Wells - Miami, qui marque la traditionnelle entrée dans la saison des Masters 1000, ne devraient pas venir brouiller l’impression d’ensemble laissée par le Rafael Nadal des dernières semaines, bien au contraire : celle d’un joueur revenu au plus haut, mais ayant en outre, et ça aussi c’est un indice qui laisse présager d’un grand "Rafa" à Roland-Garros, encore progressé dans plusieurs secteurs. De légères modifications, de petits réglages de l’ordre du détail qui œuvrent justement à faire toute la différence au plus haut niveau. Dans son cas : le service, le retour et le revers. Pour un jeu résolument plus offensif.

Lire aussi : Pour Nadal, le travail - et le mental - c'est la santé

"C’est vrai que j’ai pratiqué un tennis de grande qualité tout au long du mois de janvier, a ainsi reconnu l’Espagnol à Melbourne, après sa défaite sur le fil contre Roger Federer en finale de l’Open d’Australie (6/4 3/6 6/1 3/6 6/3). Et c’est une super nouvelle pour moi. Mon unique objectif est de continuer comme ça. Je suis persuadé que si mon corps est dans les bonnes conditions, alors je peux connaître une très belle année parce que je sens que je joue bien." Or en langage Nadal, une "très belle année" passe forcément par un nouveau titre à Paris.

Légende de Roland-Garros : Rafael Nadal

Légendes de Roland-Garros : Rafael Nadal

Cette affirmation a également le mérite de prouver que "Rafa" n’est pas simplement redevenu un joueur de tennis exceptionnel, mais qu’il a aussi recouvré son mental de guerrier, l’une de ses plus grandes forces tout au long de sa carrière mais qui l’avait abandonné ces dernières années. "Je ne pense pas être quelqu’un d’arrogant, donc j’ai toujours des doutes, a-t-il expliqué à ce propos à Melbourne. C’est normal. Même quand je gagnais, c’était le cas. Mais c’est quelque chose de bon, parce que quand vous doutez, vous êtes prêt à travailler davantage." D’où les progrès encore constatés dans son jeu. Lesquels lui permettent d’y croire à nouveau. Et vice-versa. Il ne disait d’ailleurs rien d’autre quand il clamait en fin de saison dernière à Shanghai, juste avant de mettre un terme à sa saison : "J’ai besoin de confiance"

La "decima" en cadeau pour Toni ?

"Pendant des années, Rafael a été stressé par ses problèmes physiques au poignet, au genou et au pied, a glissé en guise d’éclairage Toni Nadal quelques jours après l’Open d’Australie. Mais depuis qu’il est en capacité de jouer sans douleur, il a retrouvé un bon niveau. En Australie, il n’était pas loin de son meilleur, tant mentalement que tennistiquement." Toni. L’oncle et coach de toujours qui a justement lancé une petite bombe, mi-février, en révélant que cette saison était sa dernière aux côtés de "Rafa". Une décision prise de son propre aveu en amont du voyage downunder, mais sans en informer à ce moment-là son neveu. "Ces derniers temps, je me suis pas mal dit que cela devenait de plus en plus dur, a expliqué après coup ‘Tio’ Toni dans les colonnes de El Español. Maintenant, j’ai la possibilité d’être entraîneur à la Rafa Nadal Academy et c’est quelque chose qui me rend très heureux. Rafael sera en d’excellentes mains avec Carlos Moya."

Chez un joueur aussi sensible et n’exprimant jamais aussi bien son talent que dans une routine extrêmement précise que Rafael Nadal, tout autre que Moya aurait été un changement sans doute difficile à intégrer. Mais "Charlie" est un ami. Un Majorquin et un champion de Roland-Garros (en 1998). Autant d’atouts qui font de ce passage de témoin dans la douceur – puisque Toni est toujours présent en tant que coach cette saison - un atout pour le renouveau de "Rafa". Celui qui peut le mener à la decima cette année.

Lire aussi : De Majorque à Roland-Garros : Nadal - Moya, une si longue histoire

Nadal – Moya, quart de finale de Roland-Garros 2007

Roger Federer, qui est parvenu contre "Rafa" à rattraper un break de retard dans le cinquième set pour l’emporter au terme d’une finale exceptionnelle à Melbourne, n’en serait visiblement pas surpris. L’homme aux désormais 18 titres du Grand chelem a lui aussi apprécié à sa juste valeur le retour aux affaires de son rival préféré. "Je pense tout simplement qu’il est un joueur incroyable, a indiqué le Suisse. Il possède des coups que personne d’autre n’a. Quand on a ça, on est unique et spécial. Et en plus, il a du courage. Il a la capacité mentale et physique de maintenir un très, très haut niveau de jeu encore des années et ce, pendant des heures, des semaines." Pendant les deux semaines de Roland-Garros, dans son jardin, sur sa surface, assurément. Et paradoxalement, peut-être plus que jamais.

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