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Open d’Australie 2017 - Pour Nadal, le travail (et le mental) c’est la santé

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Par Myrtille Rambion   le   mercredi 25 janvier 2017

Rafael Nadal s'est qualifié avec autorité pour les demi-finales de l'Open d'Australie, contenant Milos Raonic en trois sets (6/4 7/6 6/4). "Rafa" a largement retrouvé son jeu... voire encore progressé dans certains domaines. Analyse.

On ne sauve pas six balles de deuxième set face à un client aussi sérieux et puissant que Milos Raonic, ci-devant 3e mondial et coutumier des boulets de canon frappés à 230km/h, en étant simplement un joueur excellent du fond du court. On ne se qualifie pas pour une 24e demi-finale en Grand chelem, à la faveur d’une victoire en trois sets sur le même Canadien (6/4 7/6 6/4), qui plus est pour son premier grand rendez-vous après trois mois d’arrêt pour cause de blessure, en s’en remettant uniquement à son coup droit lifté, tout "lasso" soit-il. À Melbourne, Rafael Nadal est en train de montrer par l’exemple qu’une fois encore, même éloigné des courts, il a travaillé et progressé. Dans son physique, qu’il a enfin pleinement recouvré, ce qui change clairement ses perspectives et lui redonne confiance, mais aussi dans son tennis.

Milos Raonic : "Au retour, vous avez pu voir qu'il a changé un truc dans sa position"

Bien sûr, le "Rafa" version 2017 n’est pas un joueur totalement "autre". Mais il est encore meilleur sur certains détails qui font la différence à un tel niveau de performance. "Il a fait sur le court des choses un peu différentes de ce qu’il fait normalement, a confirmé Milos Raonic à l’issue de la rencontre. Au retour en particulier, vous avez pu voir comme moi qu’il a changé un truc dans sa position (par rapport à leurs dernières oppositions, il s'est rapproché de sa ligne pour recevoir, ndlr). Ce n’est pas nécessairement un énorme changement, mais quand il parvenait à bien le faire, cela générait moins de fautes de son côté. Ensuite dans le cours de l’échange, une fois qu’il avait pris l’ascendant, qu’il s’était donné de l’air alors il jouait encore mieux." Les statistiques sont là pour en témoigner : face à Milos Raonic, Rafael Nadal a de fait extrêmement bien retourné (70% de retours dans le court).

Gaël Monfils : "J'ai été surpris de voir combien il contre super bien en revers"

Mais ce n’est pas tout. En ce début de saison 2017, c’est un "Rafa" étonnant en revers qui se présente sur le court. En quart de finale ce mercredi, le 3e mondial l’a constaté à ses dépends : 13 revers gagnants pour le Majorquin, contre 0 pour Raonic. Au tour précédent, Gaël Monfils avait lui aussi pu l’expérimenter. "J’ai été surpris de voir combien il contre super bien en revers, analyse la Monf’, même mieux qu’en coup droit. Contre moi, il arrivait à mieux rediriger la balle quand elle arrivait vite en revers, il trouvait vraiment des trajectoires en contre incroyables de ce côté. Et comme après, il a toujours un bon coup droit…"

Lire aussi : Open d'Australie 2017 - "Rafa" monte en puissance

Enfin, un autre secteur du jeu dans lequel le nonuple vainqueur de Roland-Garros impressionne depuis le début de l’Open d’Australie, c’est le service. Encore 72% de premières balles face à Milos Raonic et 83% de points remportés sur première : des statistiques de haute volée pour un garçon dont le service n’est a priori pas l’arme principale. "Rafa" n’est pas et ne sera jamais une machine à aces ou à service gagnant, mais sa régularité dans ce domaine est désormais bluffante. Et ses mises en jeu en gênent plus d’un. "Déjà, il est gaucher, analyse Gaël Monfils, donc il utilise beaucoup son slice. C’est une balle qui revient assez souvent au corps."

Toni Nadal : "Moi, je crois que ce qu'il a amélioré le plus, c'est... la tête !"

Et le 6e mondial de préciser l’effet produit par une telle balle sur le receveur. "Personnellement, j’ai eu beaucoup de difficultés à retourner parce que contre moi, "Rafa" aime beaucoup servir le coup droit. Je me suis donc beaucoup mis à couvrir le coup droit et… il a bien servi sur le revers à ce moment-là !“ L’œil de lynx au moment opportun et la capacité à varier les zones, donc, un premier secret de l’efficacité au service du Majorquin. Le deuxième ? Gaël Monfils, toujours : "Il passe beaucoup de premières aussi. Alors, oui, elles sont peut-être moins fortes que d’autres, mais comme il passe beaucoup de premières, il met beaucoup de pression sur le retourneur car on sait que dès que le retour est un peu court, il va décaler en coup droit et diriger le jeu tout de suite."

De la recherche technique et des heures d’entraînement, il y en a, comme toujours chez Rafael Nadal, eu en amont de cet Open d’Australie. Mais à en croire son oncle et coach de toujours, cela ne fait pas tout. "Moi, je crois que ce qu’il a amélioré le plus, lâche "tio Toni" en souriant, c’est la tête. Il est beaucoup mieux, beaucoup plus solide, plus agressif, sur les balles de set notamment." Non, le travail ne fait pas tout, même chez Rafael Nadal. Pas tout, mais beaucoup tout de même. La preuve, Toni Nadal n’a pu s’empêcher de conclure, en retournant aux vestiaires de la Rod Laver Arena : "Contre Milos, il a un peu raté en coup droit court croisé. Il faut quand même qu’on change ça.“

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