En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des publicités ciblées adaptés à vos centres d’intérêts et/ou réaliser des statistiques de visites.

Pour en savoir plus et paramétrer les traceurs.

Chris Evert, la petite fiancée de Roland-Garros

Par Julien Pichené   le   mardi 20 décembre 2016
A | A | A

Avec 72 matchs gagnés pour 6 défaites, 9 finales disputées et 7 titres entre 1974 et 1986, la réussite de Chris Evert à Roland-Garros est un cas unique dans l’ère moderne. Elle est plus impressionnante encore quand on sait que la championne venue de Fort Lauderdale, en Floride, a manqué trois éditions du Grand chelem parisien entre 1976 et 1978, son plein âge d’or – elle gagne les deux années qui précèdent et les deux années qui suivent ces trois forfaits pour jouer de très lucratives épreuves par équipes aux Etats-Unis. Sans ça, la fameuse "Decima" - le cap des 10 victoires à Roland-Garros – visée par Rafael Nadal chez les hommes aurait très possiblement été accomplie il y a 30 ans de cela du côté de ces dames.

Au cours de son immense carrière, Chris Vert s’impose sur tous les terrains, mais c’est sur terre battue qu’elle écrit les plus belles pages de sa légende, enchaînant notamment 125 victoires de suite sur ocre entre 1973 et 1979. A son époque, personne ne sait mieux qu’elle construire ses points, ou contrer les attaquantes avec des passings au millimètre, surtout avec son revers à deux mains dont elle est l’une des pionnières dans le tennis féminin. Un autre chiffre illustre son aisance sur les courts de la Porte d’Auteuil : sur 171 sets au total, l’Américaine en a remporté 28 par 6/0, et 30 par 6/1 !

Lire aussi : Chris Evert, terrienne pressée... et précoce

Chris Evert est décrite comme un phénomène dès sa première venue à Paris, en 1973, à 18 ans. Lancée un an plus tôt sur le circuit, elle se hisse en finale dès son coup d’essai, passant même à deux points de la victoire contre l’Australienne Margaret Court, qui a toutes les peines du monde à faire face à son tennis de métronome (6/7 7/6 6/4). Comme on pouvait s’y attendre, cette rencontre est une passation de pouvoir, et Evert remporte l’épreuve lors de ses quatre venues suivantes, avant de s’incliner en demi-finales en 1981 face à la Tchèque Hana Mandlikova, qui créée là l’évènement de l’année.

En 1975, lors de la première finale de Grand chelem l'opposant à celle avec laquelle elle va écrire une rivalité de légende, Martina Navratilova :

1975: finale Evert – Navratilova

Mais si l’on ne doit retenir qu’un seul match parrmi tous ceux de Chris Evert à Roland-Garros, ce serait inévitablement le chef-d’œuvre de 1985 contre sa grande (et unique réelle) rivale Martina Navratilova. Après avoir mis plusieurs années avant de réussir à imposer son jeu de service-volée sur terre battue, Martina n’est pas loin de la priver du titre pour la deuxième année de suite.

1985, un chef-d'oeuvre à l'échelle du tennis

Evert l’emporte au finish (6/3 6/7 7/5) en écartant trois balles de break consécutives à 5-5 dans le set décisif, la troisième au cours d’une empoignade au filet qui fait bondir d’excitation les 14 000 spectateurs du Central. Ce match, et plus généralement les trois finales qui opposent consécutivement les deux jeunes femmes à Roland-Garros (1984, 1985, 1986), peut légitimement être considéré comme un sommet à l'échelle même de toute l’histoire du tennis.

Lire aussi : Evert - Navratilova : "notre rivalité était épique !"

1985: finale Navratilova – Evert

En 13 participations à Roland-Garros, Chris Evert a atteint 12 fois les demi-finales, et obtient son plus mauvais résultat lors de la toute dernière, en 1988, perdant dès le troisième tour contre une certaine Arantxa Sanchez, autre match charnière encore entre deux époques et deux générations.

De Court à Sanchez Vicario

Chris Evert aura affronté aussi bien les légendes Margaret Court, Billie Jean King et Evonne Goolagong que les émergentes Steffi Graf, Monica Seles et Arantxa Sanchez. Et entretemps, dans ce vaste intervalle d'une quinzaine d'années, aura fait beaucoup pour la popularité et l'essor du tennis féminin en compagnie de Martina Navratilova. Si Roland-Garros ne devait avoir qu'une seule reine, elle serait blonde comme le soleil de Floride et s'appellerait "Chrissie".

Chris Evert en 1979

Chris Evert à Roland-Garros, c’est…

  • 72 victoires pour 6 défaites.

  • 7 titres (1974, 1975, 1979, 1980, 1983, 1985 et 1986) et 2 finales (1973 et 1984). Chris Evert remporte également 2 fois l’Open d’Australie (1982 et 1984), 3 fois Wimbledon (1974, 1976 et 1981) et 6 fois l’US Open (1975, 1976, 1977, 1978, 1980 et 1982).

  • 13 participations au total (la première en 1973, et la dernière en 1988, à l’âge de 33 ans).

  • 43 matchs disputés sur le Central (le premier en 1973 lors de son deuxième tour contre Hideko Goto).

  • Des victoires marquantes sur Françoise Dürr (demi-finales 1973), Olga Morozova (finale 1974), Martina Navratilova (finales 1975, 1985 et 1986), Wendy Turnbull (finale 1979), Virginia Ruzici (finale 1980, quart de finale 1981), Hana Mandlikova (quart de finale 1983 et demi-finale 1986), Mima Jausovec (finale 1983, photo ci-dessous), Steffi Graf (huitième de finale 1985), Gabriela Sabatini (demi-finale 1985, huitièmes de finale 1986)
Comments
Article suivant: Marcelo Melo : "Au Brésil, on est biberonné à la terre battue et à Roland-Garros"
Articles Similaires