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Marcelo Melo : "Au Brésil, on est biberonné à la terre battue et à Roland-Garros"

Par Emmanuel Bringuier   le   mercredi 14 décembre 2016
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En 2015, à Roland-Garros, Marcelo Melo remportait le plus grand titre de sa carrière de joueur. Associé au Croate Ivan Dodig, le Brésilien renversait en finale les frères Bryan lors d’un match exceptionnel, conclu sur le score de 6/7(5) 7/6(5) 7/5. La paire brésilo-croate rentrait dans l'histoire et Marcelo Melo succédait à un certain "Guga", dernier vainqueur brésilien du tournoi (en simple en 2001). Pour rolandgarros.com, le natif de Belo Horizonte se confie sur cette victoire, et sur le lien si particulier qui unit les "auriverde" à la terre battue parisienne.

Marcelo, vous avez remporté le plus beau titre de votre carrière l'an dernier, à Roland-Garros. Quels sont vos souvenirs de cette finale ?

Roland-Garros est un endroit vraiment spécial pour moi et pour Ivan (Dodig, ndlr). Au Brésil, nous avons une relation particulière avec la France et ce tournoi. Evidemment, quand on parle du Brésil et du tennis, tout le monde pense à Gustavo Kuerten. Il a soulevé trois fois la coupe des Mousquetaires et le public français l'apprécie énormément. Alors pour moi, être le premier Brésilien à gagner le titre à Paris en double, avec "Guga" présent dans les tribunes … Honnêtement, je ne pouvais pas rêver de quelque chose de plus beau. J'étais tellement heureux. On avait eu l'opportunité avec Ivan de gagner l'Open d'Australie juste avant (demi-finale, ndlr) mais la joie n'aurait pas été la même, c'est une certitude. Comme je l'ai dit, les Brésiliens ont une relation particulière avec ce tournoi. Dans mon pays, quand on commence le tennis, on veut tous jouer à Roland-Garros. C'était donc un rêve qui se réalisait.

Lire aussi : Roland-Garros 2015 : Melo et Dodig, première !

Pourquoi les Brésiliens apprécient tellement jouer Porte d’Auteuil?

Au Brésil, 95% des terrains sont en terre battue, on grandit sur l'ocre. Alors bien sûr, comme les tournois du Grand chelem ont des surfaces différentes, le "French" est celui que nous préférons. Quand vous êtes "biberonnés" à la terre battue, vous ne pouvez que ressentir une immense attraction envers Roland-Garros ! Et de manière générale, l'immense majorité des Brésiliens privilégient la terre battue : ils s'y entraînent et attendent la saison sur ocre impatiemment.

Lire aussi : De Maria Bueno à "Guga" : tennis "do Brazil"

En finale, vous avez joué un match sensationnel contre les frères Bryan. Vous étiez menés d'un set et d'un break. Et vous êtes revenus…

Nous avions déjà joué quelques fois contre eux et ils nous avaient souvent battus. En fait, s'il y a bien une chose dont je me rappellerai dans ma carrière, c'est cela. Les frères Bryan constituent la meilleure paire de double de l'histoire. Enfin, chacun se fera son opinion, mais quand vous regardez leur palmarès, leur complémentarité, c'est juste inimaginable. Donc les battre en finale de Grand chelem constitue un peu comme un combo pour moi (rires). Nous étions effectivement breakés dans le deuxième set. Je pense que notre réussite ce jour-là est due à notre volonté de nous battre sur tous les points. Des "top-players" et des spécialistes du double m'ont d'ailleurs dit que c'était un des meilleurs matchs de double qu'ils aient eu l'occasion de voir, avec des points incroyables.

Les temps forts de la finale Melo - Dodig / Bryan - Bryan :

""Guga" est un demi-dieu au Brésil"

Quelles sont les spécificités du jeu sur terre battue en double ?

Les matchs sont totalement différents. Les échanges sont plus longs, les possibilités d'aller au filet sont moindres. Il faut s'adapter.

A propos de Gustavo Kuerten… Que représente t-il au Brésil ?

"Guga" est un demi-dieu au Brésil. Et à côté de ce statut c'est un type réellement sympa, il essaye d'aider tout le monde, de rester positif. J'ai joué avec lui une fois lors d'un Challenger. Et j'ai joué contre lui une fois à l'US Open (premier tour de l’édition 2007, lors du tournoi de double, ndlr). J'ai une excellente relation avec lui.

Après avoir gagné en 2015, vous avez déclaré qu'il était une vraie inspiration pour vous.

C'est le cas. C'est une inspiration pour moi et pour tous les joueurs Brésiliens. Vers la fin de sa carrière, lorsqu'il se battait pour revenir à son meilleur niveau, je me suis entrainé avec lui au Brésil. Il possède un grand cœur, il se consacre énormément aux jeunes de notre pays. Il a tant de choses à apporter.

Lire aussi : Gustavo Kuerten : "Le Brésil fourmille de projets, mais..."

Quels sont vos objectifs pour la suite de votre carrière ?

L'an prochain, nous allons nous concentrer sur les Grands chelems, pour jouer du bon tennis sur de grands courts. Pourquoi pas gagner un autre tournoi du Grand chelem…et surtout pourquoi pas récidiver à Roland-Garros ! C’est le plus bel endroit pour remporter un tournoi de tennis.

Lire aussi : Brésil, Chine, Corée du Sud, Japon, Inde : rendez-vous à Roland-Garros

En bas à gauche : avec un "special guest" pour immortaliser leur victoire à Roland-Garros 2015

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