En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des publicités ciblées adaptés à vos centres d’intérêts et/ou réaliser des statistiques de visites.

Pour en savoir plus et paramétrer les traceurs.

Geoffrey Blancaneaux : le temps d'après "Roland"

Par Myrtille Rambion   le   lundi 05 décembre 2016
A | A | A

Six mois après son titre en juniors à Roland-Garros, que devient Geoffrey Blancaneaux ? Le Parisien de 18 ans, qui évolue aujourd’hui sur le circuit professionnel, nous a ouvert les portes de sa nouvelle vie chez les "grands".

Clin d’œil du destin, en cette fin de matinée d’automne au Centre national d’entraînement (CNE) de Roland-Garros, six mois quasiment jour pour jour après le sacre de Geoffrey Blancaneaux à Roland-Garros juniors, le même homme qui avait sauté des tribunes du court n°1 pour le féliciter juste après sa victoire sur le Canadien Felix Auger-Aliassime, passe en le saluant d’un geste de la main. Grand sourire et petit mot sympa glissé au Parisien de 18 ans ("A bientôt, mec, bonne chance !") : Yannick Noah, le capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis garde, comme beaucoup d’autres anciens, un œil bienveillant sur le premier tricolore à s’être imposé à "Roland" juniors depuis Gaël Monfils en 2004. Six mois après, qu’en est-il de Geoffrey Blancaneaux ? Que devient-il et qu’est-ce qui a changé pour lui ? À cette dernière question, la réponse est simple : à la fois rien et tout.

Lire aussi : Geoffrey Blancaneaux, quel caractère !

Le sacre bleu de Blancaneaux

Rien car "Geoff", aujourd’hui 624e mondial, est toujours bien décidé à faire du tennis sa vie et qu’il continue à s’entraîner sous la houlette de Cédric Raynaud, comme lors de ces deux dernières années à l’Insep. Mais tout, car, depuis ce 5 juin 2016, le droitier aux trois "8" dans sa date de naissance (8/8/98) a eu le Bac, déménagé au CNE et intégré un groupe composé, outre l’entraîneur fédéral qu’il connaît bien, d’un autre joueur, Ugo Humbert, du préparateur physique Cyril Brechbuhl et d’un deuxième coach, Rodolphe Gilbert. "Rodolphe est intégré à mon équipe, précise Geoffrey Blancaneaux, et m’accompagne quelques semaines dans l’année sur des tournois." Ex-61e mondial, "Rodolphe apporte son expérience, complète Cédric Raynaud, et un autre discours. Geoffrey le connaissait de l’Insep où cela s’était bien passé avec lui."

"Mon but ? Faire pareil chez les grands"

Évoluer au sein d’une structure plus professionnalisée, quoi de plus normal, puisque l’US Open a été l’ultime épreuve juniors disputée par Geoffrey Blancaneaux et qu’il est maintenant en immersion à temps plein dans le "grand" bain. Dans la foulée de Flushing Meadows, le Francilien a donc quitté le Bois de Vincennes pour la Porte-d’Auteuil. "Les premières semaines ont été un peu difficiles, reconnaît l’intéressé, il m’a fallu un temps d’adaptation. Mais je suis bien maintenant, ça devrait bien se dérouler (sourire). Je suis là pour bosser et progresser. Le circuit pro, c’est un monde d’écart. Chez les juniors, on se connaissait tous, on savait comment on devait se jouer, les tournois qu’on faisait. Là, je ne connais personne, je suis nouveau…" Avant de se reprendre : "Même si, comme j’ai gagné ‘Roland“, j’ai un autre rapport à ça et que les autres savent qui je suis et veulent me battre."

Lire aussi : Ce qu'il faut retenir de Roland-Garros 2016 : le bilan

Geoffrey Blancaneaux

Avoir gagné "Roland", justement. Comment convertir ce bagage en bien précieux sur lequel capitaliser plutôt que de le sacraliser comme un accomplissement en soi, au risque d’en faire un frein dans cette deuxième partie d’apprentissage forcément différente ? C’est là toute la problématique actuelle de Geoffrey Blancaneaux. "'Roland', ce sont de très bons souvenirs, explique-t-il, mais je me dis que ce n’est qu’une étape. Mon but, c’est de faire pareil chez les grands…" "Geoff" planche donc régulièrement sur la question avec la psychologue qui l’accompagnait déjà à l’Insep, Elise Anckaert, histoire de faire tomber les barrières mentales et de réussir à poser des mots sur son ressenti. Sur ses aspirations comme sur ses craintes. Sur ses objectifs et sur ses rêves.

Des semaines bien remplies

"On a d’abord pris le temps de mettre en place le nouveau projet avec lui, sa famille et la FFT, détaille Cédric Raynaud. Ce que l’on veut, c’est de la sérénité. Il faut que Geoffrey se donne du temps : il faut qu’il soit exigeant et ambitieux, mais il faut faire attention à ne pas vouloir griller les étapes. Il faut être bon sur les planifications et travailler." Travailler, cela signifie forcément, en-dehors des périodes de tournois, un emploi du temps bien rempli. "Geoffrey fait du physique quotidiennement, détaille l’entraîneur national, à raison d’une à deux fois par jour. Il fait également une à deux séances de tennis par jour. À cela s’ajoute du travail une à deux fois par semaine avec la psychologue, des réunions avec nous pour parler du tennis, d’analyse vidéo, d’objectifs, de vie. Il y a aussi le médical, deux "cryo" (séances de cryothérapie, ndlr) par semaine, la balnéo, les kinés… Oui, ce sont de belles semaines, on va dire (sourire), à 13h-14h de physique et jusqu’à 15h de tennis."

Felix Auger Aliassime and Geoffrey Blancaneaux

De belles semaines, mais moins chargées qu’à l’INSEP, finalement, assure Geoffey Blancaneaux : "Le rythme est un peu moins acharné, dit-il, parce qu’à l’Insep l’école, les devoirs, venaient s’ajouter. Alors oui ici les journées sont intenses, c’était dur au début, mais là ça va !" Et le Parisien de développer : "On peut davantage prendre le temps en fait, on est plus posé, on peut même rester sur le terrain et allonger les séances." Afin de se "perfectionner sur des petits détails" comme il dit, lui le joueur doté d’un gros coup droit mais adepte des variations. Voire pallier des manques. "J’étais un peu plus faible physiquement que les autres, précise t-il ainsi, je commence à rattraper mon retard, je me développe. Et puis on fait beaucoup de gammes, beaucoup de réglages, ensuite on passe pas mal de temps sur l’étude tactique, technique : la volée, l’enchaînement au filet, le service et le retour. Ça, ce sont des points que vraiment, je travaille beaucoup."

Être prêt pour "Roland"

Tout cela dans un seul but : reproduire l’excellence en matchs. Ce qui n’est pas toujours évident, comme Geoffrey Blancaneaux a déjà pu le constater lors des Futures et des Challengers qu’il a disputés ces derniers mois. Mais il ne s’inquiète pas, même si digérer les défaites n’est pas un moment de plaisir. Le temps, tel est désormais son moteur. Celui que l’on prend comme celui après lequel on court. D’ailleurs, sa fin de saison et le début 2017 sont déjà planifiés : deux Futures au Qatar, puis deux autres à Hong-Kong avant, sûrement, d’aller tenter sa chance sur des Challengers en France. Après ? Tout dépendra des résultats. Car le but est, en 2017, de s’imposer au moins une fois dans les deux catégories. "Je sais que j’ai les capacités pour gagner des tournois. À un moment, ça va "péter'", annonce-t-il.

Mais dans un coin de sa tête et de celles de ses entraîneurs, il existe un autre objectif, pour lequel le compte à rebours a déjà commencé. Roland-Garros. Là où, quinze jours avant de triompher en juniors, Geoffrey Blancaneaux s'était déjà distingué en "perfant" au premier tour des qualifications aux dépens d'Hiroki Moriya, Japonais le devançant alors de 600 places (802e contre 218e) au classement. "L’idée, c’est de bien le préparer pour "Roland", confirme Cédric Raynaud, qu’il ait un niveau de jeu qui lui permette, s’il a une wild-card 'qualifs', de se qualifier, et s’il a une wild-card tableau d’être capable de jouer un match en cinq sets. Avoir cet objectif défini, lui permet de se mettre déjà ça dans la tête et de donner plus de sens à chaque entraînement." Car comme le résume l’entraîneur national :  "On n’a pas de temps à perdre." Le temps, encore. Décidément le maître mot pour Geoffrey Blancaneaux.

Lire aussi : Blancaneaux, première épreuve réussie

Portrait: Geoffrey Blancaneaux (Junior)
Comments
Article suivant: Marc Lopez : "Et tout ça c'est un peu grâce à 'Rafa'"
Articles Similaires