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Marc Lopez : "Et tout ça c'est un peu grâce à 'Rafa'"

Par Amandine Reymond   le   dimanche 04 décembre 2016
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Un premier titre en Grand chelem à Roland-Garros en juin avec Feliciano Lopez, l'or olympique avec Rafael Nadal à Rio en août, sans oublier un titre au Masters dès 2012 avec Marcel Granollers : Marc Lopez a été de toutes les grandes victoires espagnoles en double ces dernières années. Rencontre avec un joueur dont l'histoire avec Roland-Garros a commencé il y a 17 ans de cela, avec une victoire dans le double juniors de l'an 2000.

Vous avez remporté votre premier titre du Grand chelem lors du dernier Roland-Garros. Qu’avez-vous ressenti au moment de la balle de match ?
Un bonheur immense. Depuis tout petit, je rêvais de gagner un tournoi du Grand chelem, et plus particulièrement Roland-Garros. Je me souviens de tous les Espagnols que j'ai pu voir gagner ce tournoi : Sergi Bruguera, Carlos Moya, Albert Costa, Juan Carlos Ferrero… Enfant, c’est le tournoi que je regardais le plus à la télévision, celui qui me faisait rêver le plus. En Espagne on joue énormément sur terre battue et ça a toujours été mon tournoi préféré. J’avais déjà touché ce rêve du doigt en 2014 en atteignant la finale avec Marcel Granollers mais nous avions perdu contre Julien Benneteau et Edouard Roger-Vasselin… Alors pouvoir réaliser ce rêve deux ans plus tard, c’était incroyable. Ce furent les deux semaines les plus heureuses de ma vie. Pour moi gagner Roland-Garros, même en double, c’est un rêve devenu réalité.

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"Une relation de coéquipiers c'est un peu comme un couple"

Quand avez-vous décidé de vous associer à Feliciano Lopez ?
J’ai joué quatre ans avec Marcel Granollers (2012-2015, ndlr) et si les trois premières années furent très bonnes, la dernière le fut moins. Une relation de coéquipiers c’est un peu comme dans un couple : nous avons discuté, il m’a dit qu’il pensait changer de coéquipier parce que la dernière année avait été moins bonne au niveau de nos résultats. J’ai parfaitement compris sa décision et quelques jours plus tard, Feliciano m’a proposé de jouer avec lui. J’étais ravi parce que c’est un grand joueur et l’un de mes meilleurs amis. Nous nous connaissons depuis que nous avons 12-13 ans, même si on ne jouait pas ensemble chez les jeunes car il a un an de plus que moi. A cette époque-là je jouais surtout avec Tommy Robredo, avec qui j'ai d'ailleurs gagné le double juniors de Roland-Garros, et avec David Ferrer, aussi. Vers 2009 ou 2010, nous avons joué quelques fois ensemble mais c’est vrai que nous avons rapidement pris nos marques. D’ailleurs cette année, nous avons remporté notre premier tournoi ensemble, à Doha. Je ne peux qu'être très content de nos résultats et encore plus des bons moments que nous avons passé ensemble.

Vainqueur de Roland-Garros 2016 avec Feliciano Lopez

Feliciano Lopez et Marc Lopez

A l'été, vous devenez champion olympique...
Je n’en avais jamais rêvé car je ne pensais même pas que je pourrais participer aux Jeux olympiques un jour. En Espagne, il y a tant de joueurs exceptionnels que faire partie de l’équipe était déjà extraordinaire. Et finalement, l’opportunité s’est présentée. Je devais faire équipe avec Feliciano Lopez mais Feliciano n’a pas joué. "Rafa" devait être associé à Fernando Verdasco qui n’a pas pu jouer non plus et donc nous nous sommes associés. Je pensais juste à jouer du mieux possible à chaque match et ça nous a plutôt réussi… Les Jeux n’ont lieu que tous les quatre ans alors gagner une médaille d’or olympique c’est quelque chose de réellement unique. A mon âge (il fêtait ses 34 ans, ndlr), je savais que c’était ma seule opportunité de décrocher une médaille. Alors une médaille d’or… Je n’ai pas de mots pour décrire ce que j’ai ressenti. De Roland-Garros aux Jeux, j'ai vécu mes deux plus grandes émotions sportives en l'espace de deux mois.

"C'est grâce à "Rafa" si je peux vivre tout ce qui m'arrive en ce moment"

Rafael Nadal tient une place particulièrement importante dans votre carrière...
C’est grâce à lui si je peux vivre tout ce qui m’arrive en ce moment. Je lui dois beaucoup. En 2008-2009, j’ai vécu une période compliquée, j’étais sur le point d’abandonner le tennis parce que je me blessais beaucoup. J’avais dégringolé au classement en simple (il fut 106e à son meilleur, en 2004, ndlr) et un peu perdu l’envie de jouer. C’est à ce moment-là que "Rafa" m’a proposé de jouer ensemble en double à Doha, en janvier 2009. Moi j'avais décidé que cette saison serait décisive dans ma carrière, et le fait de gagner ce tournoi ensemble, et de voir que le double me réussissait bien, m’a encouragé à continuer. Je suis rentré dans le Top 50 en double et à la fin de la saison j’ai décidé de continuer ma carrière, mais seulement en double. L'année suivante, nous avons gagné le Masters 1000 d'Indian Wells et cela m'a permis d'entrer dans le Top 20, lançant le vrai début de ma deuxième carrière. Quand on est petit, on rêve forcément de bien jouer en simple mais je ne regrette absolument pas la décision que j’ai prise de me concentrer sur le double parce que c’est comme ça que j’ai réussi des choses que je n’aurais jamais pu accomplir en simple comme gagner un Grand chelem, l’or olympique, jouer la Coupe Davis... Et tout ça c'est un peu grâce à "Rafa".

Pourquoi aimez-vous autant le double ?
Jouer avec quelqu’un à ses côtés et partager des rêves et de telles joies sont des choses que seul le double permet. Et pouvoir le faire avec ses meilleurs amis comme cela est le cas pour moi, c’est incroyable. En simple c’est vrai qu’on peut partager des choses avec son équipe, mais pouvoir le faire directement sur le court c’est génial. C’est pour ça que j’adore le double et je crois que le public s’en rend compte et aime de plus en plus cette discipline.

Nadal, Lopez, Robredo, Ferrer, Granollers... Vous avez joué avec quasiment tous les meilleurs Espagnols de votre génération, mais rarement avec des joueurs d'autres pays. Y a t-il une raison particulière à ça ?
La première raison c’est que mon anglais n’est pas très bon (rires) ! Mais c’est surtout parce que je préfère jouer avec des gens dont je suis proche et c’est avec les Espagnols que je passe le plus de temps sur le circuit et que je partage le plus de choses, parfois depuis très, très longtemps. D'ailleurs c'est simple, mes meilleurs amis sur le circuit sont mes partenaires les plus fréquents : Feliciano Lopez, Rafael Nadal, David Ferrer et Marcel Granollers.

Lire aussi : Rafael Nadal, le roi des rois de Roland-Garros

Lequel de tous ces joueurs vous a le plus apporté dans sa façon de travailler ?
"Rafa" encore. En le côtoyant au quotidien j’ai pu découvrir sa routine, à quel point il est professionnel et tout ce qu’il fait pour le tennis. Il vit pour le tennis, il s’entraîne énormément et a beaucoup d’ambition… Et il est très humble. Je le connais depuis qu’il a 14-15 ans et je suis allé m’entraîner à plusieurs reprises à Majorque avec lui. Il cherche à se dépasser chaque jour et c’est comme ça qu’il a réussi tout ça - et je suis sûr que ça n’est pas fini. J’ai beaucoup de respect pour le joueur et l’homme qu’il est. C'est un joueur spécial, différent des autres. Et comme c’est un très bon ami, ça renforce encore plus notre complicité sur le terrain.

Finaliste à Roland-Garros en 2014, avec Marcel Granollers

Marcel Granollers, Marc Lopez, Edouard Roger-Vasselin et Julien Benneteau posent pour la postérité.

Quels rêves avez-vous encore ?
Gagner la Coupe Davis est l’un de mes principaux objectifs, ça serait magnifique. Si on aime jouer en équipe, si on aime jouer pour son pays, on aime forcément la Coupe Davis ! Mais j’ai encore plein d’autres choses à gagner. J’adorerais remporter l’US Open, ou à nouveau Roland-Garros... Personne ne se lasse jamais de gagner. C’est vrai que j’ai déjà gagné beaucoup de choses, parfois j’y pense et j’ai même du mal à y croire (rires) !

Et la place de numéro 1 mondial ?
Ce serait incroyable mais j'ai du mal à me voir comme le meilleur joueur de double au monde. Evidemment, je serai ravi si cela se produit un jour, mais je pense plus à gagner des tournois, à essayer de rester en bonne santé et à continuer à profiter du tennis, qu’au classement.

Vous semblez profiter pleinement de votre vie sur le circuit…
Oui, ça va déjà faire huit ans qu'a eu lieu cette période charnière, quand j'ai décidé de continuer ma carrière en me spécialisant dans le double, et je n’ai jamais été aussi motivé. On verra combien de temps encore je resterai sur le circuit parce que ça dépendra aussi de ma vie privée. Je me suis marié l’année dernière et peut-être que quand j’aurai des enfants, je n’aurai plus très envie de partir aux quatre coins du monde... On verra bien.

Lire aussi : L'heure des bilans : ce qu'il faut retenir de Roland-Garros 2016

Feliciano Lopez - Marc Lopez
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