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5 choses à savoir sur Federico Delbonis, "l'autre" héros argentin de la Coupe Davis

Par Guillaume Willecoq   le   lundi 28 novembre 2016
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On a tout dit sur la belle histoire écrite par Juan Martin del Potro, héros ressuscité, coup de coeur - as de coeur - d'une saison commencée quasi-non classé, achevée 38e... et, chose que les chiffres ne transcriront jamais, dont il aura écrit les épopées les plus émouvantes, aux Jeux olympiques ou en Coupe Davis. "Après tout ce que Juan Martin a fait, tout ce qu'il a traversé, je n'avais pas le droit de perdre." L'hommage vient de Federico Delbonis a l'issue de la finale victorieuse de l'Argentine en Coupe Davis. Dans cette équipe à la dimension collective rare (la première de l'Histoire à gagner sans Top 20 dans ses rangs, mais avec quatre joueurs, del Potro, Delbonis, Leonardo Mayer et Guido Pella, crédités d’au moins trois points à enjeu), intéressons-nous à celui qui, au cinquième match, a permis que les exploits de "Delpo" trouvent leur juste récompense : ce qu'il faut savoir sur "Delbo".

Il aurait pu opter pour le foot

Cela relève quasiment du lieu commun pour un Sud-Américain : le petit Federico Delbonis, né à la fin des glorieuses années de l’idole Maradona (octobre 1990, quelques mois après que l’Argentine a frôlé le doublé en Coupe du monde) rêvait au départ de percer dans le football. Circonstance "aggravante" : son père, Horacio, était une gloire locale à Azul, ville natale de Federico, où il a écumé les buts des divers clubs de foot. Logiquement, son fils se mit au ballon rond, tendance latéral, en vrai gaucher, du pied comme de la main.

C'est à 7 ans qu'il découvre le tennis –"mon père jouait en double en vétérans." S'ensuivit le parcours classique, l'enfance passée à mener les deux sports de front, jusqu’à l’impossibilité constatée de progresser dans les deux disciplines et le choix du tennis, pour lequel il montrait plus d’aptitudes et dans lequel il avait rencontré la figure-clé de Gustavo Tavernini, son formateur qui est aujourd'hui encore son coach. Faute de jouer au foot, "Delbo" (aussi connu sous le surnom "d'El Gordo", soit "le gros") est resté fan de Boca Juniors… et a gardé du foot le goût des compétitions par équipes : "Il n’y a rien de plus fort que de gagner pour les tiens. C'est une question de tripes, de coeur. C'est indescriptible."

Fan de Gaston Gaudio

L’Argentine des années 2000 a offert au tennis une génération extraordinaire, peu récompensée toutefois en grands titres par rapport aux talents concentrés. Elle aura cependant marqué (au moins) un Grand chelem de son empreinte : Roland-Garros 2004, année où l'on recensa un Argentin à l’affiche de chaque quart de finale (Chela, Nalbandian, Coria, Gaudio), encore trois en demies (Nalbandian, Coria, Gaudio), une finale 100% argentine (Coria / Gaudio) et, au bout d’un match inoubliable ponctuée de balles de match sauvées, le titre pour Gaston Gaudio.

"El gato" ("Le chat" en VO) et son jeu de terre soyeux ont laissé une trace forte dans la mémoire de Federico Delbonis, âgé de 13 ans quand Gaudio souleva la coupe des Mousquetaires. En 2009, plus que son premier titre en Challenger, à Manerbio, "Delbo" se souvient que Gaudio, retombé au classement, "était venu voir un de mes matchs. J’étais comme fou ! C’était un rêve de gosse : mon héros qui venait me voir jouer." Un an plus tard, toujours à l’échelon Challenger, Delbonis vaincra son idole. "Mais ce n’était plus le grand Gaudio. J’aurais aimé l’affronter dans ses meilleures années mais… qu’il soit bien ou mal, c’est toujours Gaston."

La finale Gaudio - Coria de Roland-Garros 2004 figure dans notre Top 5 des finales messieurs... à quelle place ?

Top 5 des finales messieurs

Federer, Murray et Wawrinka au tableau de chasse

Federico Delbonis a déjà battu deux membres du "Big 4". Le premier est Roger Federer, à l’été 2013. Le Suisse, sonné par son élimination au deuxième tour de Wimbledon, avait choisi à la surprise générale de s'aligner sur deux tournois de terre battue. Mal lui en a pris : il y a trébuché devant Daniel Brands à Gstaad et Federico Delbonis à Hambourg. Alors classé 114e mondial, l’Argentin avait créé l’exploit en deux tiebreaks. "J’ai couru comme une bête pour ramener tout ce que je pouvais, et à la fin j’ai gagné, se souvient-il. Je sais qu’il n’était pas dans la meilleure phase de sa carrière, mais quand Federer vous dit que vous avez mieux joué que lui, c’est un motif de fierté. C'était d'autant plus fort que j'ai gagné ce match sous les yeux de mon père, venu pour la première fois en Europe exprès pour me voir jouer."

Son autre victoire sur un représentant du "Big 4" est plus récente. C’était à Indian Wells cette année, face à celui qui allait finir l’année n°1 mondial : Andy Murray. Il est l’un des 7 hommes à avoir battu l’Ecossais en 2016. Troisième fait de gloire aux dépens d’un cador dans sa carrière : avoir battu Stan Wawrinka sur ses terres de Genève en 2015… 15 jours avant que le Suisse ne remporte Roland-Garros.

Lire aussi : Andy Murray, éloge de la persévérance

Déjà une longue histoire avec la Coupe Davis

Même s’il n’a que 26 ans, la Coupe Davis et lui, c’est une longue histoire... quoique longtemps écrite entre pointillés : retenu en n°5 du groupe argentin dès 2010, il avait même été en balance pour être le sparring-partner de l’équipe finaliste de l’épreuve en 2011 face à l’Espagne, à Séville, devancé sur le fil par un autre gaucher – présence de Nadal, Verdasco et Lopez en face oblige – Facundo Bagnis. Apparu sur sa première feuille de match en 2014, il compte 5 victoires pour 4 défaites dans la compétition – tous des matchs à enjeu – incluant des succès en simple sur Thomaz Bellucci, Viktor Troicki et, cette année, Andreas Seppi, Fabio Fognini et, le plus beau de tous, Ivo Karlovic au cinquième match décisif de la finale.

Terrien indiscutable, Roland-Garros n'est pas encore sa terre promise

Federico Delbonis a conquis ses deux titres ATP (Sao Paulo 2014 et Marrakech 2016) sur terre battue. Plus parlant encore, 67 de ses 97 matchs gagnés sur le circuit principal l'ont été sur surface ocre (il est toujours à 0 sur herbe !). Oui, Federico Delbonis est un terrien, un pur et dur. Pour autant, entre Roland-Garros et lui ce n'est pas encore l'amour fou : après avoir franchi le premier tour à Paris dès sa première tentative dans le tableau final, en 2013 (bat Julian Reister, perd contre Mikhaïl Youzhny en quatre sets serrés), il reste sur trois éliminations consécutives au premier tour (Dusan Lajovic, Juan Monaco, Pablo Carreno Busta). Pas de franche contre-performance là-dedans, mais pas d'exploit non plus... et pas (encore) de frissons, donc. Dommage tant les fans argentins comptent parmi les plus passionnés à Paris. Rendez-vous en 2017 pour un combo "Delpo" - "Delbo" ?

Lire aussi : Juan Martin del Potro, la Tour est toujours debout

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