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Ken Rosewall, précocité et longévité

Par Julien Pichené   le   mercredi 02 novembre 2016
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Il fut, un temps, à la fois le plus jeune vainqueur de Roland-Garros (18 ans et 7 mois en 1953) ET le plus âgé (33 ans et 7 mois en 1968). Impossible de mieux exprimer la longévité exceptionnelle de l’Australien Ken Rosewall que par ces 15 années d’intervalle entre deux titres parisiens, lui qui, même s’il n’en a pas gagné d’autres, figure sans doute sur le podium des plus grands joueurs de terre battue de l’histoire, en bonne compagnie avec Rafael Nadal et Björn Borg.

Quel grand écart ! En bonne place parmi les nombreux records et exploits qui jalonnent sa belle et interminable carrière, figurent ses deux titres à Roland-Garros décrochés à… quinze ans d’intervalle.

Ken Rosewall n’a que 17 ans quand il se fait repérer par le public français. Nous sommes alors en 1952, et pour sa toute première venue à Paris, l’Australien est l’une des grandes attractions de l’édition. Une semaine avant de le voir remporter l’épreuve juniors en écrasant le Français Jean-Noël Grinda en finale (6/2 6/2), les spectateurs de la Porte d’Auteuil se ruent sur le court numéro 3, où la précision diabolique et la vitalité exceptionnelle de ce poids plume fait suer la meilleure raquette transalpine du moment, Fausto Gardini, qui a besoin de cinq sets pour se sortir de ce deuxième tour piège.

Rosewall forme alors le duo des "Wonder Kids" avec son compère Lewis Hoad, né comme lui en novembre 1934 et conseillé lui aussi par le "sorcier" Harry Hopman, première véritable star du coaching en tennis. En cette année 1952, même l’entraînement des deux ados déplace la foule des grands jours, y compris les nostalgiques du tennis d’avant-guerre, séduit par la pureté de leurs gestes et de leurs coups.

Doté d’un revers chopé qui a marqué son temps et qui est un véritable "coup de rapière" selon le Mousquetaire Henri Cochet, Ken Rosewall n’attendra pas plus d’un an pour inscrire son nom au palmarès des "grands", devenant à 18 ans et 6 mois le plus jeune vainqueur de l’histoire de l’épreuve, performance qu’il complète par un succès en double associé – évidemment – à Lew Hoad.

Lire aussi : ils ont fait le doublé juniors / seniors à Roland-Garros

Mais l’époque est à la séparation entre sport amateur et sport professionnel, seuls les premiers ayant accès aux tournois du Grand chelem. Le passage de Rosewall chez les "pros" l’écarte ainsi des Internationaux de France comme des autres épreuves majeures de 1956 à 1967, alors même qu’il est sans doute le meilleur joueur de terre battue de son temps, en attestent ses 4 victoires en 5 éditions du "French pro", l’équivalent professionnel des Internationaux de France, organisées dans l’enceinte de Roland-Garros.

Le premier vainqueur d'un Grand chelem "Open", à Roland-Garros 1968

Et quand Roland-Garros ouvre ses portes aux professionnels en 1968, c’est lui qui a l’honneur, à 33 ans, d’être le tout premier vainqueur du tout premier Grand chelem de l’ère Open. Devant des Parisiens qui n’ont jamais été aussi nombreux à venir au stade, il domine en finale (6/3 6/1 2/6 6/2) son meilleur rival, Rod Laver. Plus vieux vainqueur de Roland-Garros quinze ans après en avoir été le plus jeune (ces deux records ont été battus depuis), Ken Rosewall se voit alors remettre son chèque des mains de l’ancienne gloire du Real Madrid, Raymond Kopa. L’année suivante, pour sa dernière apparition parisienne, il échoue cette fois en finale face à un Rod Laver revanchard et intouchable (6/4 6/3 6/4).

Il est bien évidemment regrettable de se dire qu’en 32 saisons passées à bourlinguer sur tous les courts du monde (il a disputé son tout dernier match sur le grand circuit en octobre 1980, à quelques jours de son 46e anniversaire), l’homme aux 5.000 matchs (son bilan comptable n’a jamais pu être précisément établi) n’a disputé les Internationaux de France qu’à cinq reprises. Pour autant, son statut de terrien d’exception n’en est pas moins indiscutable. Au petit jeu des comparatifs entre les époques, il compose même sans doute, en compagnie de Rafael Nadal et Björn Borg, le Top 3 des plus grands "terriens" de l’histoire.

Ken Rosewall à Roland-Garros, c’est…

. 24 victoires pour 3 défaites

. 2 titres (1953 et 1968) et une finale (1969) en simple, deux titres (en 1953 associé à Lew Hoad et en 1968 avec Fred Stolle) et une finale (en 1954, de nouveau avec Lewis Hoad en double), ainsi qu’une victoire chez les juniors (1952). Il y gagne aussi à 4 reprises l’épreuve réservée aux professionnels organisée dans l’enceinte (1958, 1960, 1961, 1962).

. 5 participations au total (la première en 1952 à l’âge de 17 ans, la dernière en 1969 à l’âge de 34 ans)

. 16 matchs disputés sur le court Central (le premier en 1953 lors de son premier tour contre Christian Boussus)

. Des victoires marquantes sur Vic Seixas (finale 1953), Andres Gimeno (demi-finale 1968), Rod Laver (finale 1968), Tony Roche (demi-finale 1969).

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