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Andre Agassi, le Kid devenu Phoenix

Par Julien Pichené   le   samedi 29 octobre 2016
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"Roland-Garros et moi, cela a été un long chemin. Pourtant, c’est presque le premier tournoi du Grand chelem que j’aurais dû gagner puisque c’est celui où j’ai eu mes premiers bons résultats. Et puis ça s’est dérobé. J’ai dû attendre longtemps, au point que c’est devenu le seul grand titre manquant à mon palmarès. Le voyage a été long. J’ai été mis à l’épreuve. Mais du moment où j’ai enfin réussi à gagner ce tournoi, j’ai su que je n’aurais jamais plus le moindre regret par rapport aux choix que j’ai fait tout au long des années. Je pense que tout arrive pour une raison. Si je n’ai pas gagné Roland-Garros quand j’étais jeune, c’est qu’il manquait quelque chose, et il fallait que je trouve en moi les réponses. Le fait de réussir, de gravir cette montagne, m’a permis de croire en moi et me permet aujourd’hui de croire en toutes choses a priori impossibles. Je n’échangerais mon parcours pour rien au monde."

- Andre Agassi, lors de son discours d'intronisation au Hall of Fame du tennis.

"Née" à Roland-Garros, la star Andre Agassi n'a paradoxalement jamais autant souffert, sombré et, finalement, ressuscité, lors de sa vie de joueur qu'à Roland-Garros. Jusqu'à faire de sa renaissance en 1999, lorsqu'il est devenu le premier homme depuis la légende australienne Rod Laver à compter au moins une victoire dans chaque tournoi du Grand chelem, "le" moment le plus émouvant de sa carrière... et l'un des plus forts de toute l'histoire de Roland-Garros. Agassi le Phoenix, pour l'éternité.

Premier grand souvenir, mai 1988 : Andre Agassi vient à peine de fêter ses 18 ans. Dès sa deuxième apparition à Paris, son jeu brutal et viril le propulse en demi-finales et fait entrer le tennis dans une autre dimension. "Il proposait des choses complètement révolutionnaires par rapport au jeu de l’époque", souligne Mats Wilander, l'homme fort de la saison, qui a toutes les peines du monde à le maîtriser aux portes de la finale, en cinq sets.

Avec Agassi, le tennis entre dans les années 90

Outre son jeu rentre-dedans, le short en jean et le cycliste rose de cet Américain déjà étonnamment à l'aise dans son opération séduction avec le public marquent également l'époque. "Son" époque : Andre Agassi vient de faire entrer le tennis dans les années 1990. L'Histoire retient ce jour de pluie, quand il offre aux photographes, en faisant mine de vouloir jouer avec un parapluie emprunté dans les loges, l'un des clichés les plus célèbres de son temps.

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Agassi, un style pas comme les autres

Prétendant au titre dès 1989, rien ne s'est toutefois passé comme prévu pour le Kid de Las Vegas. En 1990, il est surpris en finale par un esthète en pré-retraite, Andres Gomez. Plus douloureuse encore, cette défaite en cinq sets l'année suivante contre Jim Courier, compagnon d'entraînement de l'école Nick Bollettieri plus jeune que lui d'un an."Dans ces deux finales, j'étais favori, mais j'avais beaucoup de pression. D'un autre côté, j'étais jeune, et je pensais avoir beaucoup de temps devant moi."

Brillant et détaché, au point d'arriver parfois à Paris en ayant joué qu'un seul tournoi de préparation, l'idole des jeunes endosse alors toute une série de rôles, pas toujours très glorieux, du mauvais élève à la vedette fatiguée. Jusqu'en 1998 inclus, il multiplie les échecs - parfois cuisants - et les désillusions. Y compris en 1995, lorsqu'il arrive en tant que numéro 1 mondial et co-favori avec Thomas Muster, ragaillardi par une coupe de cheveux épurée qui en fait enfin un personnage plus adulte.

1999, le miracle permanent

Ce n'est finalement qu'en 1999, une fois vainqueur partout ailleurs (Open d'Australie, Wimbledon, US Open, mais aussi Coupe Davis, Jeux olympiques et Masters) et après un détour par la 121e place mondiale, que l'assagi Agassi, qualifié de "chef d'oeuvre en péril" par la presse en début de quinzaine, décroche enfin le Graal, à la surprise générale.

Passé à deux points de la défaite au deuxième tour face au Français Arnaud Clément, mené un set et double break en huitième de finale par le tenant du titre Carlos Moya, il doit également remonter un handicap de deux sets à zéro en finale contre un ex espoir du tennis mondial à qui le titre semblait également promis dès son plus jeune âge, Andreï Medvedev. Durant cette quinzaine, précisément au troisième tour contre Chris Woodruff, il est également l'auteur de l'un des plus impressionnants "tweeners" jamais vus à Roland-Garros.

Top 5 des plus beaux coups

"Ce tournoi a été un raccourci de la vie que j'ai vécue, contre toutes les probabilités" déclarera plus tard Agassi, qui allait également rencontrer Porte d'Auteuil en ce printemps 1999, celle qui allait ensuite partager sa vie, la championne allemande Steffi Graf.

Aujourd'hui encore, Andre Agassi reste le seul joueur à compter TOUS les grands titres du tennis à son palmarès, boucle bouclée à Paris... là où tout avait commencé et où, symbole bien choisi, c'est Rod Laver en personne qui lui remit la Coupe des Mousquetaires."Je quitte le court en envoyant des baisers dans les quatre directions, le geste le plus sincère qui me vienne à l’esprit pour exprimer la gratitude qui me parcourt, cette émotion dont semblent découler toutes les autres émotions. Je fais le vœu d’agir ainsi désormais, que je gagne ou que je perde, chaque fois que je quitterai un court de tennis. J’enverrai des baisers aux quatre coins de la planète, des remerciements au monde entier." Le monde entier les lui rend bien.

Légendes : Agassi 1999

Andre Agassi à Roland-Garros, c'est...

. 51 victoires pour 16 défaites

. 1 titre (1999) et 2 finales (1990 et 1991). Andre Agassi remporte également quatre fois l'Open d'Australie (1995, 2000, 2001, 2003), une fois Wimbledon (1992) et deux fois l'US Open (1994, 1999).

. 17 participations au total (la première en 1987, à l'âge de 17 ans, et la dernière en 2005, à 35 ans)

. 43 matchs disputés sur le court Central (le premier en 1988 lors de son premier tour contre l'Italien Paolo Cané)

. Des victoires marquantes sur Jim Courier (huitièmes de finale 1990), Michael Chang (quarts de finale 1990), Boris Becker (demi-finales 1991), Pete Sampras (quarts de finale 1992), Carlos Moya (huitième de finale 1999), Andrei Medvedev (finale 1999).

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