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Novak Djokovic, le contrecoup des sommets

Par Myrtille Rambion   le   dimanche 03 juillet 2016
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Plus l’accomplissement est grand, plus le contrecoup est inévitable. C’est dire l’importance du titre conquis à Roland-Garros par Novak Djokovic quand, dans la foulée à Wimbledon, il trébuche en première semaine d’un tournoi du Grand chelem pour la première fois depuis sept ans."Je savais qu’il ne me serait pas facile de réussir à me remotiver après Roland-Garros", reconnaît l’homme qui vient de boucler son Grand chelem en carrière à Paris.

"Être le tenant des quatre titres du Grand Chelem en même temps est un sentiment extraordinaire. Mais en arrivant à Wimbledon, je savais que mentalement, il ne me serait pas facile de réussir à me remotiver après Roland-Garros… J’ai essayé de donner le meilleur de moi, mais visiblement le meilleur de moi n’était pas suffisant cette fois." Un aveu à demi-mots que celui formulé par Novak Djokovic après sa défaite dès le troisième tour à Wimbledon. Celui, bien compréhensible, d’un esprit usé, dont l’énergie a été pompée par ce titre à Roland-Garros qu’il appelait de tous ses vœux depuis tant d’années et après lequel il a enfin fini de courir.

Après le sommet donc, le contrecoup. La dernière sortie de route du n°1 mondial en première semaine d’un tournoi du Grand Chelem remontait à Roland-Garros 2009. Et depuis la finale du tournoi parisien en 2015 (face à Stan Wawrinka), Novak Djokovic n’avait plus perdu un match en majeur. Alors, forcément, son élimination par l'Américain Sam Querrey au troisième tour de Wimbledon (7/6 6/1 3/6 7/6) a logiquement constitué la plus grosse surprise – pour ne pas dire "le" tremblement de terre – du début de la troisième levée du Grand chelem de l’année. Et rappelé la portée exceptionnelle de ce que le Serbe a bouclé à Paris il y a un mois : à la fois le Grand chelem en carrière – lui qui avait déjà perdu trois finales à Roland-Garros précédemment – et le Grand chelem à cheval sur deux saisons – le dernier homme ayant détenu simultanément les quatre trophées majeurs n’était autre que Rod Laver en 1969, l’année de son Grand chelem calendaire.

Lire aussi : Ils ont fait plus de la moitié du chemin vers le Grand chelem calendaire

La balle de titre de Novak Djokovic

"Je crois aux choses positives dans la vie, a d’ailleurs relativisé le Serbe dans la foulée de cette défaite. J’ai réussi à remporter quatre titres du Grand chelem consécutifs, même si je l’ai fait à cheval sur deux saisons. Et j’ai envie de me concentrer là-dessus plutôt que sur cet échec." Reste que "Nole" avait, dans le sillage de sa victoire Porte d’Auteuil, dans son viseur le Grand Chelem calendaire… Il lui faudra donc attendre 2017 pour espérer repartir en quête de ce Graal tennistique.

Que le n°1 mondial incontesté ait dans la raquette et les jambes les capacités à le réussir, nul n’en doute. Lui l’a d’ailleurs clairement affiché comme un objectif. Néanmoins – Serena Williams peut en témoigner – le tennis est aussi (beaucoup) une question mentale. Réussir la passe de deux entre "Roland" et Wimbledon est un challenge extrêmement difficile, peut-être le plus difficile même parmi les enchaînements possibles entre les quatre tournois majeurs ; alors, quand il s’accompagne en outre de la pression liée à la possibilité d’écrire un peu plus l’histoire, là, la marche prend davantage de hauteur encore. Et la pression s’invite.

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"Honnêtement, je ne pense pas que cela ait joué un grand rôle dans cette défaite", a bien essayé de temporiser le n°1 mondial. Sans complètement convaincre, il faut bien le reconnaître. Même s’il a poursuivi : "Ce n’est pas la première fois que je perds un match en Grand chelem, ni n’importe quel match d’ailleurs. Je sais ce que je dois faire. Première chose : me reposer mentalement et me relaxer. Penser à autre chose qu’au tennis."

Pour poursuivre cette introspection puis repartir à pleine vitesse sur un chemin pavé de standards autrement plus élevés, le n°1 mondial a avoué posséder déjà la solution. Il n’est donc pas inquiet. "Heureusement, j’ai une famille et une vie en dehors du tennis, a-t-il conclu. Je vais pouvoir prêter plus d’attention à ces aspects-là de ma vie dans la période qui arrive. Et j’en ai besoin. L’année a été riche en succès jusqu’ici, mais elle est très longue et fatigante, dans tous les sens du terme. J’ai juste besoin de repos." La fatigue du héros est aussi un bon indicateur de l’ampleur de ce qu’il a accompli.

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