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Top : au soir de Roland-Garros, ils étaient toujours en lice pour le Grand chelem

Par Guillaume Willecoq   le   mardi 21 juin 2016
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Avec Novak Djokovic, ils sont dix. Dix seulement dans toute l’histoire du tennis à avoir quitté Roland-Garros en étant toujours en lice pour le Grand chelem calendaire, la moitié du chemin vers le Graal tennistique effectué. Tour d’horizon.

Novak Djokovic (2016)

En 2015 déjà, il avait tout écrasé, remportant trois titres du Grand chelem et atteignant la finale du quatrième - Roland-Garros. Quand il se présente à nouveau sur la ligne de départ à Paris en 2016, Novak Djokovic n'a plus perdu en Majeur depuis sa défaite en finale Porte d'Auteuil contre Stan Wawrinka douze mois plus tôt. Et cette fois, il va survoler l'épreuve, ses sets abandonnés à Roberto Bautista Agut en huitièmes et Andy Murray en finale n'ayant pas pour autant signifiés de grandes frayeurs au n°1 mondial. Au soir de sa victoire sur l'Ecossais, il est le premier homme depuis Rod Laver en 1969 à détenir les quatre trophées majeurs en simultané - mais lors d'un "vrai" Grand chelem calendaire pour l'Australien. Lancé sur ses traces, "Djoko" ? En plein coup d'arrêt, plutôt. Le contrecoup à ce titre parisien tant désiré est brutal : Novak fera troisième tour / finale / deuxième tour dans ses Grands chelems suivants (plus premier tour aux Jeux olympiques et finale au Masters pour complèter le tableau "grands tournois"). En revenant à Paris en ce printemps 2017, Roland-Garros est le dernier joyau de sa couronne...

Jim Courier (1992)

Jusqu’à l'an passé, il était le dernier en date à ne pas s’être cassé les dents sur Roland-Garros après avoir gagné l’Open d’Australie en janvier. Courier, c’est un profil rare dans le tennis moderne, un dominant fort mais sur un court laps de temps, allant sensiblement de Roland-Garros 1991 à l’été 1993. Le premier semestre 1992 marque son apogée. A Roland-Garros, il écrase les Muster, Mancini, Medvedev, Ivanisevic, Agassi et Korda qui lui sont successivement proposés, seul le Croate parvenant à lui chiper un set. Mais à Wimbledon, l'Américain ne voit pas la deuxième semaine : après deux tours maîtrisés en trois sets, il est surpris au troisième tour par le qualifié russe Andrei Olhovskiy, 193e mondial, qui met ainsi fin, à la surprise générale, à une série de 25 victoires de suite du n°1 mondial… et à son doux rêve de Grand chelem calendaire.

Top 5 des finales messieurs

Mats Wilander (1988)

En 1988, Mats Wilander est au sommet de son art. Vainqueur de l’Open d’Australie en ouverture de saison, le Suédois remporte ensuite un troisième Roland-Garros en carrière, maîtrisant la fougue du jeune Andre Agassi en demies avant d’empêcher Henri Leconte et son public français de s’enflammer en finale. A Wimbledon, il atteint pour la troisième fois de suite les quarts de finale, mais y bute à la fois sur son plafond de verre londonien (trois quarts, aucune demie) et sur sa bête noire Miloslav Mecir. Ce sera sa seule défaite en Grand chelem cette année-là puisque Wilander remportera également l’US Open.

Björn Borg (1978, 1979, 1980)

En attendant de savoir jusqu'où ira Novak Djokovic, l’homme qui s’est le plus approché du Grand chelem calendaire depuis celui réalisé par Rod Laver en 1969, est peut-être bien Björn Borg : durant les années où le Suédois domine le tennis mondial en général et Roland-Garros en particulier, Paris est la première halte du Grand chelem au calendrier, l’Open d’Australie concluant alors la saison. Trois ans de suite, 1978, 1979 et 1980, Borg réalise le doublé Roland-Garros – Wimbledon et effectue donc également la moitié du chemin vers le Grand chelem calendaire. Mais lui aussi bute sur la troisième marche, celle de l’US Open, tournoi qu’il ne remportera jamais, malgré deux finales en 1978 (contre Jimmy Connors) et 1980 (contre John McEnroe). Si l’on considère que l’Open d’Australie, éloigné géographiquement et mal positionné au calendrier, en pleines fêtes de fin d’année, était sportivement moins relevé que les autres tournois majeurs, Borg a peut-être perdu le Grand chelem calendaire sur "le" dernier match réellement difficile qui lui était proposé.

Le phénomène Björn Borg

Rod Laver (1962, 1969)

Pour Rod Laver, Roland-Garros a toujours été le tournoi du Grand chelem le plus difficile à remporter. Mais les deux fois où il y a triomphé, il a eu la bonne idée de remporter les trois autres tournois majeurs de l’année, réalisant ainsi à deux reprises le Grand chelem. Mais que ce fut dur : en 1962, il sauve une balle de match contre Martin Mulligan en quarts, voit Neale Fraser servir pour le match contre lui à 5-4 au cinquième set en demies, et est encore mené 2 sets à 1 et 3-0 contre lui dans le quatrième set par Roy Emerson en finale ! L’affaire est en comparaison plus facile en 1969, mais il se retrouve tout de même mené deux manches à rien par son compatriote Dick Crealy au deuxième tour, la nuit venant alors le sauver pour mieux se remettre dans le sens de la marche le lendemain. A chaque fois, le plus dur est fait pour lui quand il quitte Paris nanti du titre. Non seulement il est l’un des deux seuls joueurs ayant réussi le Grand chelem, mais en plus lui l’a donc réalisé deux fois, en tant qu’amateur puis en tant que professionnel.

Roy Emerson (1963, 1967)

Officiellement jamais passé professionnel, Emerson est l’homme fort des tournois du Grand chelem durant la majeure partie des années 1960, amassant 12 titres en l’espace de 7 saisons. Mais les étoiles ne s’alignent jamais sur la durée d’une année : lui qui a gagné deux fois Wimbledon (1964, 1965) y plafonne en quarts puis en huitièmes les deux années où il s’impose à Roland-Garros (1963, 1967). 1963 peut en particulier lui laisser quelques regrets, tant le tableau de Wimbledon – et celui de l’US Open derrière ! – apparaissaient ouverts.

Lewis Hoad (1956)

Ceux qui l’ont côtoyé le considèrent a minima comme un égal potentiel de Laver. Lew Hoad a été une étoile filante, mais qui a ébloui durablement ses contemporains. D’une puissance phénoménale pour son temps, qui en fait presque oublier qu’il joue à l’ère des raquettes en bois, il réalise des coups et trouve des effets – lift notamment – que personne n’est alors encore en mesure de réaliser. En contrepartie, il paiera ce tennis quelque part très moderne en blessures multiples qui écourteront sa carrière au sommet. En 1956 toutefois, il écrase tout sur son passage, particulièrement à Roland-Garros où le seul homme à lui prendre deux sets, le Français Robert Abdesselam, le paye d’autant de 6/0 encaissés dans les sets 3 et 5 ! A peine le temps de se marier dans la foulée qu’il remporte Wimbledon. Il semble alors irrésistiblement lancé vers le Grand chelem… jusqu’à buter sur le tout dernier obstacle, en finale à Forest Hills, face à son meilleur ami et partenaire de double privilégié Ken Rosewall, dans une finale où la finesse de Rosewall s’accommode mieux du vent que la puissance de Hoad.

Ken Rosewall (1953)

Ken Rosewall n’a que 18 ans quand il ouvre son palmarès en Grand chelem par un retentissant doublé Open d’Australie – Roland-Garros en 1953. Avant lui, le dernier joueur à avoir remporté les deux premières levées du Grand chelem n’était autre que Donald Budge en 1938, l’année où il avait remporté les quatre. Mais Rosewall, pour mûr qu’il soit – sa victoire à Roland-Garros est une démonstration tant de brio que de sens tactique, lui qui perd en moyenne 2,5 jeux par set sur l’ensemble du tournoi ! – n’est pas encore à maturité sur le plan physique et, à Wimbledon comme à l’US Open, chaque match disputé en cinq sets – huitièmes à Wimbledon, quarts à l’US Open – lui coûte cher au tour suivant, achevé sans énergie.

Les deux géants australiens, Laver et Rosewall, à Roland-Garros en 1968.

Donald Budge (1938)

Impressionné à la fois par la portée de l’exploit frôlé par Jack Crawford cinq ans plus tôt et l’écho rencontré par cette quête auprès du public, Donald Budge se met à son tour en tête de l'accomplir, refusant même une offre mirobolante (à l’époque) de passer professionnel pour se consacrer à cet objectif une année de plus. Et c’est ainsi qu’en 1938 l’Américain surclasse la concurrence : il doit attendre son 9e match en Grand chelem – soit les huitièmes de Roland-Garros – pour perdre son premier set, et même deux, contre Franjo Kukuljevic (6/2 8/6 2/6 1/6 6/1). Il n’en perdra plus qu’un seul en route vers le Grand chelem, dans la dernière ligne droite, en finale à Forest Hills : 24 matchs joués, 24 gagnés… et même 37, puisque l’Américain avait triomphé à Wimbledon et à l’US Open l’année précédente ! Six tournois du Grand chelem remportés d’affilée : c'est le record absolu en tennis masculin.

Jack Crawford (1933)

Le premier à passer tout près de la victoire dans les quatre levées du Grand chelem la même année… et le premier à attirer l’attention du public sur la simple possibilité de réaliser cette prouesse, à une époque où la longueur des voyages dissuadait bien souvent les champions de s’aligner sur les quatre évènements majeurs. Titré à domicile en Australie, Crawford est le premier à réaliser le doublé Open d’Australie – Roland-Garros, où il met fin à une décennie d’hégémonie des Mousquetaires, battant Henri Cochet en finale. Mais ce n’est qu’après son titre à Wimbledon que l’on commence à évoquer la portée de ce qu’il peut réaliser aux Etats-Unis, tandis qu’un journaliste du New York Times, Jack Kieran, avance le terme de "Grand chelem" pour l’éventuel accomplissement. L’engouement est grand… et l’Australien rattrapé par l’enjeu le jour de la finale, face à Fred Perry. Pour se détendre, il ingurgite du cognac, communément utilisé à l’époque comme remontant. Mal lui en prend : le mélange alcool et chaleur l’assomme totalement. Menant 2 sets à 1 à la pause réglementaire de la fin du troisième set, il s’effondre dans les deux manches suivantes, n’inscrivant plus qu’un seul jeu. Le "Grand chelem" attendra.

Lire aussi : le tableau d'honneur de Roland-Garros

Djokovic : ''Andre Agassi m'inspire''
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