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Ce qu'il faut retenir de ce Roland-Garros 2016

Par Julien Pichené   le   mardi 07 juin 2016
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Une quinzaine qui s'achève et des souvenirs plein la tête. Entre le Grand chelem - à la fois en carrière et à cheval sur deux ans - de Novak Djokovic et la première de Garbine Muguruza, voici ce que nous apprend Roland-Garros 2016.

Tableau masculin : Novak Djokovic décroche la lune

Eternel "maudit" ou vainqueur inéluctable ? La question ne se posera plus après cette quinzaine durant laquelle Novak Djokovic n'aura lâché que deux sets. Le numéro 1 mondial, comme attendu depuis des années (le problème était juste de savoir quand), devient le huitième homme à avoir gagné au moins une fois les quatre tournois majeurs. Il rejoint Fred Perry, Donald Budge, Rod Laver, Roy Emerson, Andre Agassi, Rafael Nadal et Roger Federer, mais il est le premier depuis Laver en 1969 à en gagner quatre à la suite et, du coup, est ce dimanche soir tenant du titre des quatre tournois du Grand chelem.

Finale Djokovic - Murray : Les temps forts

Andy Murray, lui, a maintenant de bonnes chances de terminer sa carrière avec un ratio négatif lors des finales majeures. Au soir de Roland-Garros, l'Ecossais affiche à présent un bilan de 2 victoires pour 8 défaites à ce stade de la compétition. Mais il a prouvé cette année qu'il pouvait jouer les tout premiers rôles sur terre battue, et qu'il serait l'an prochain un vainqueur potentiel. Il a également confirmé une fois de plus ce qu'on sait déjà depuis 9 ans : il est l'un des plus grands combattants de l'Histoire du tennis. Il aurait pu en effet être le premier depuis Patrick Rafter à l'US Open 1998 à remporter un titre du Grand Chelem après avoir été mené 2 sets à 0 au premier tour. Passé à deux points de la défaite lors de son entrée en lice face à Radek Stepanek, Andy Murray avait même été mené 2 sets à 1 par le jeune Français Mathias Bourgue au tour suivant.

Cette quinzaine parisienne a également confirmé certaines tendances lourdes observées depuis plusieurs mois : Roger Federer, et surtout Rafael Nadal, vont devoir regarder dans le rétroviseur ce Djokovic lancé pleine bourre vers leurs marques respectives en Grand chelem (17 pour le Suisse, 14 pour l'Espagnol, quand Djokovic atteint les 12 unités ce dimanche, le mois de ses 29 ans). Quant aux deux géants en question, Rafael Nadal va devoir lutter pour décrocher la fameuse "Decima", son 10e Roland-Garros. Roger Federer, lui, ne gagnera probablement pas de deuxième Roland-Garros.

Tableau féminin : Garbine Muguruza, première d'une longue série ?

On se souviendra longtemps de ce petit moment de flottement sur la cinquième balle de match, quand le lob de Garbine Muguruza est retombé près de la ligne. Bonne ou faute ? "Serena Williams était devant la balle, et moi je ne savais pas si ma balle était bonne ou faute. J'ai regardé l'arbitre, le juge de ligne, personne ne disait rien. C'est quand Pascal Maria a dit "Jeu, set et match" que j'ai compris que j'avais gagné. C'était étrange." Etrange de voir Mugurua, monstre d'autorité pendant deux sets, se laisser bercer par l'émotion en s'écroulant sur la terre battue du court Philippe-Chatrier. Mais surtout émouvant, comme à chaque "première". A 22 ans, l'Espagnole, qui n'avait remporté que deux titres WTA jusqu'ici, a ouvert son compteur en Grand chelem en battant derechef la numéro 1 mondiale Serena Williams (7/5 6/3), qu'elle avait déjà sèchement éliminée ici même au deuxième tour en 2014 (6/2 6/2). "Je suis contente bien sûr, mais j'aimerais encore plus. Mon rêve est de continuer à gagner des tournois du Grand Chelem, de dominer lorsque j'arrive sur le court, dominer le jeu. Et puis, bien sûr amener d'autres coupes comme celle-ci à la maison." Ce lundi, elle sera la nouvelle dauphine de Serena Williams au classement.

La balle de match victorieuse de Garbine Muguruza !

La victoire de Garbine Muguruza relance la suite de la saison, qui s'annonce on ne peut plus incertaine. Derrière Serena Williams, encore la patronne mais largement disputée, cinq ou six joueuses sont en train de se livrer une guerre sans merci et, à ce stade, Muguruza a pris la tête de la meute de prétendantes, juste devant Victoria Azarenka et Angelique Kerber. Serena Williams, quant à elle, devra lutter pour égaler les 22 titres majeurs de Steffi Graf, barre sur laquelle elle est venue buter sur la dernière marche pour la deuxième fois de suite, après l'Open d'Australie en janvier.

Les Français : Richard Gasquet premier de la classe !

En simple, c'est Richard Gasquet qui a rendu la meilleure copie. A trois semaines de son 30e anniversaire, le Biterrois a connu pour la première fois l'honneur d'être le dernier survivant français à Roland-Garros. Après avoir buté quatre fois sur quatre à la porte des quarts de finale, Gasquet a cette fois joué un match plein, assurément l'un de ses meilleurs à Paris, contre le numéro 6 mondial, le Japonais Kei Nishikori. Sur sa lancée, il a même pris le premier set à l'Ecossais Andy Murray au tour suivant, avant de mener 3-1 dans le tie-break du deuxième. Battu finalement en quatre sets (5/7 7/6 (7/3) 6/0 6/2), Richard Gasquet va tout de même revenir dans le top 10 et reprendre la place de numéro 1 français à Jo-Wilfried Tsonga, l'une des grosses déconvenues du clan français. Le demi-finaliste sortant, touché aux adducteurs, a dû abandonner en seizièmes de finale contre Ernests Gulbis.

Toute la détermination de Richard Gasquet. Il ne lâchera pas sa proie, l'Américain Bjorn Fratangelo

Chez les dames, Kristina Mladenovic et Alizé Cornet ont rempli leur contrat en passant deux tours, avant d'être évincées par les soeurs Williams, à qui elles ont bien résisté. Alizé Cornet, qui a animé la première semaine avec ce match conclu percluse de crampes contre l'Allemande Tatjana Maria, a pris un set à Venus (7/6 1/6 6/0). Face à Serena sur le court Central, après une interruption de 2h30 à cause de pluie, "Kiki" a manqué elle une balle d'égalisation à un set partout lors d'un tie-break irrespirablePauline Parmentier, elle, a fait mieux que ce qu'on attendait d'elle en ralliant également le troisième tour. Deux ans après son huitième de finale, la Nordiste est même la seule Française à avoir battu une tête de série (la Roumaine Monica Niculescu, tête de série numéro 31).

Les blessures : Le dos de Federer, le poignet de Nadal !

Forfait à Madrid, fantomatique à Rome, Roger Federer n'a pas vraiment surpris en annonçant son forfait le jeudi 19 mai, à la veille du tirage au sort. Toujours la faute de son dos, qui ne lui a pas permis de jouer plus de quatre tournois cette saison. "Je suis désolé pour mes fans à Paris, et j'ai hâte de revenir à Roland-Garros en 2017", a écrit le Suisse dans un communiqué. Depuis 1999, Roger Federer n'avait pas manqué une édition. Et il fallait remonter à 2004 pour voir un tableau sans Roger ni Rafael en huitièmes de finale. Huit jours après Roger Federer, alors que l'on entamait le troisième tour, l'Espagnol a en effet annoncé son forfait, touché lui au poignet gauche. Comme à Wimbledon, l'US Open et l'Open d'Australie, "Rafa" s'arrête dès la première semaine. Il s'agit de sa plus mauvaise série depuis 2003-2004.

La génération 90 arrive (enfin) !

On attendait beaucoup des joueurs de la nouvelle vague, ces étoiles montantes sensées bousculer la hiérarchie dans les années à venir. Comme l'an passé, l'Australien Nick Kyrgios et le Serbe Borna Coric ont brillé jusqu'aux seizièmes de finale, où Richard Gasquet et Roberto Bautista Agut les ont renvoyés à leurs études en trois sets. Cette année, les deux jeunes gâchettes ont été suivies par l'Allemand Alexandr Zverev. L'angelet blond de 19 ans a gagné ses deux premiers matchs à Roland-Garros face à Pierre-Hugues Herbert et Stéphane Robert, mais s'est montré trop tendre pour le dur Dominic Thiem, l'homme qui ne se repose jamais (il a quitté Paris avec 52 matchs au compteur depuis le début de la saison).

Principal bénéficiaire du forfait de Rafael Nadal dans ce deuxième quart de tableau, l'Autrichien s'est glissé jusqu'aux demi-finales pour la première fois de sa vie. S'il a livré sa moins bonne prestation de la quinzaine face à Novak Djokovic, cette performance lui permet de recevoir les éloges du numéro 1 mondial ("c'est le fer de lance de la nouvelle génération, il est très puissant. Je pense qu'on le verra souvent s'il continue à bien jouer") d'intégrer le top 10 (il va grimper à la 7e place), d'être le premier joueur né dans les années 1990 à disputer une demi-finale à Paris, et d'assurer pour la 31e année de suite la présence (d'au moins) un nouveau visage dans le dernier carré.

Les jeunes joueuses ont fait beaucoup mieux. Garbine Muguruza, née le 8 octobre 1993, a fait triompher la génération 1990 pour la troisième fois (après les victoires Petra Kvitova à Wimbledon en 2011 et 2014). Il y avait même huit joueuses nées dans les années 90 en huitièmes de finale, une situation qui ne s'est encore jamais produite chez les hommes.

La France grand vainqueur des épreuves de double

Du jamais vu pour une paire française à Roland-Garros depuis 1971 ! Juste avant la finale messieurs, Kristina Mladenovic et Caroline Garcio ont enchanté le public du court Philippe-Chatrier en remportant le double dames face aux Russes Ekaterina Makarova et Elena Vesnina (6/3 2/6 6/4). Les deux Françaises, taulières de l'équipe de Fed Cup qui s'est qualifiée pour la finale, sont en passe de devenir l'une des meilleures équipes du monde, à l'instar de Pierre-Hugues Herbert et de Nicolas Mahut. Vainqueurs à Indian Wells, Miami et Monte-Carlo, les Français ont déçu en s'inclinant dès le troisième tour (et en deux jours) contre Marc et Feliciano Lopez. Mais le duo espagnol a finalement fait un beau cadeau à Nicolas Mahut en dominant les frères Bob et Mike Bryan en finale, ce qui assure au Français d'être numéro 1 mondial de la discipline ce lundi, ce qui est inédit pour le tennis français depuis Yannick Noah en 1986.

Caroline Garcia et Kristina Mladenovic

Les juniors : un combo franco-suisse.

C'est l'un des moments forts de ce Roland-Garros 2016 : le capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis Yannick Noah hurlant ses encouragements à Geoffroy Blancaneaux en finale du simple juniors. Et il en avait bien besoin : le Français a dû sauver trois balles de match avant d'arracher la victoire à la terreur canadienne Félix Auger-Aliassime (1/6 6/3 8/6), que ce même Yannick Noah est allé réconforter sur le court à l'issue de la rencontre. Il y a trois semaines, Blancaneaux avait déjà écarté deux balles de match au premier tour des qualifications, face au Japonais Hiroki Moriya. Classé 811e mondial, le Parisien de 17 ans a frappé les esprits pour ses qualités mentales. Il est le premier Français depuis Gaël Monfils en 2004 à remporter l'épreuve juniors. Belle anecdote : Aliassime comme Blancaneaux sont nés un 8 août... comme Roger Federer, dont la première victoire à Wimbledon en 2003 a d'ailleurs donné le goût du tennis à la Bâloise Rebeka Masarova, lauréate chez les filles 3 ans après Belinda Bencic, et 22 ans après la seconde victoire de Martina Hingis. A 16 ans, la Suissesse est déjà plus grande que Federer... par la taille. 1,86 m !

Une météo difficile

Simple bermuda et polo, ou parka surmontée d'une écharpe triple épaisseur ? Fin mai, il arrive régulièrement que l'on soit embarqué dans un drôle de tourbillon de chaud-froid qui nous fait perdre nos repères. Cette année, nous avons plutôt brandi des poings rageurs vers le ciel (définitivement gris). La Seine a débordé, des milliers de foyers ont été inondés et Roland-Garros n'a pas été épargné par les intempéries. Pour la troisième fois de l'histoire du tournoi, après 1930 et 2000, il y a même eu une journée sans la moindre balle d'échangée.

Lire aussi : Merci la pluie !

Des images à mettre dans le livre d'or

Une quinzaine à Roland-Garros, c'est toujours un lot d'images fortes. De l'édition 2016, nous retiendrons le cœur de Novak Djokovic, le lob de Garbine Muguruza sur la balle de titre, Kristina Mladenovic et Caroline Garcia chantant la Marseillaise, Stan Wawrinka jouant avec un ramasseur, les larmes de joie de Shelby Rogers et de détresse de Jo-Wilfried Tsonga, le tweener et la conférence de presse de Rafael Nadal, les crampes d'Alizée Cornet, l'éternelle jeunesse de Radek Stepanek... et tant d'autres choses encore. On a déjà hâte d'être à 2017 !

Nadal se fend d'un tweener
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