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Djokovic, c'était écrit

Par Emmanuel Bringuier   le   dimanche 05 juin 2016
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Ça y est, il le tient enfin. Après trois échecs en finale et un record - notamment - de demi-finales consécutives à Roland-Garros, Novak Djokovic va enfin au bout à Paris et soulève sa première coupe des Mousquetaires. Autoritaire vainqueur d'Andy Murray en finale malgré la perte du premier set (3/6 6/1 6/2 6/4), il complète sa collection et peut à présent afficher fièrement les quatre coupes du Grand chelem dans son armoire à trophées. Il l'a bien mérité.

L'Histoire a parfois bégayé mais l'anomalie est désormais respectée. Novak Djokovic a enfin achevé sa quête parisienne : le Serbe a remporté le tournoi de Roland-Garros à sa quatrième apparition en finale en dominant un Andy Murray d'abord brillant, mais qui n'a pas su tenir la distance (3/6 6/1 6/2 6/4) .

L'air de rien, ces deux-là s'affrontaient pour la 7e fois en finale de Grand chelem. Et pour les deux joueurs, la rencontre possédait une dimension historique considérable."Djoko" pouvait enfin accomplir le Grand chelem en carrière, après trois échecs préalables en finale à Paris, tandis que l'Ecossais avait la possibilité de succéder à Fred Perry (encore...), dernier Britannique vainqueur de Roland-Garros, en 1935.

Sous un ciel menaçant, les premiers points sont décousus. Mais après un rapide échange de breaks, Murray commence à poser sa griffe sur la rencontre. Il ravit l'engagement adverse et prend le large (4-1). En face, "Djoko" a l'œil des mauvais jours. L'insubmersible Serbe déjoue, la pression terrible de l'événement semble peser plusieurs tonnes sur ses (très solides) épaules.

Un Murray brillant puis...

Comme dans les deux derniers sets contre Richard Gasquet, puis lors de son match face à Stan Wawrinka, Murray est presque effrayant de justesse. Chaque choix tactique est un problème posé à son adversaire, chaque balle est une équation à résoudre. Djokovic stoppe difficilement l'hémorragie, mais semble toujours amorphe, lesté de statistiques indignes d'un n°1 mondial (8 coups gagnants pour 13 fautes directes dans ce set). A 5-3, un événement emballe le court Philippe-Chatrier. Djokovic pense gagner le point sur une double faute mais l'arbitre déjuge la décision et donne le point au Britannique. "Nole" s'énerve, le public siffle. Pas assez pour perturber Murray, qui conclut sereinement (6/3).

Mais cette injustice (selon le Serbe) était-elle la piqûre d'adrénaline dont l'enfant de Belgrade avait besoin pour se réveiller ? Après avoir bataillé pour conserver son engagement, le n°1 s'offre deux balles de break. Murray lui donnera la deuxième sur une double faute (2-0). Enfin serein sur ses engagements, le Serbe agresse toutes les deuxièmes balles adverses. Autoritaire, il pilonne l'Ecossais, qui concède deux nouvelles balles de break. Un revers long de ligne plus tard, le Serbe mène 5-1. En panne de premières balles (47 % dans cette manche), Murray n'y est plus vraiment, semblant peiner physiquement - contrecoup de la débauche d'énergie consentie tout au long du tournoi, lui qui a conncédé 6 sets sur le chemin de la finale ? Djokovic retrouve de la détermination dans le regard (6/1).

Le début de troisième manche est peut-être le seul moment de la partie où les deux joueurs jouent enfin leur tennis en même temps. Entre deux des meilleurs à revers à deux mains du circuit, la bataille dans la diagonale est forcément féroce. A 1-1, deux balles de break. Le Serbe s'arrache pour remettre une balle que Murray envoie dans le filet. Le match commence à tourner à la démonstration serbe. Et à tous ces matchs où le n°1 mondial concasse méthodiquement son adversaire, n°2 à l'ATP ou non, à coups de revers laser et de jeu de jambes exceptionnel.

"Peut-être le plus grand moment de ma carrière"

Le Serbe accélère encore et, sur une contre-amortie parfaite, pose une main de fer sur la manche, malgré des tentatives de rébellion britannique. Alors que Djokovic lui-même avait reconnu que Murray avait considérablement amélioré sa seconde balle, cette dernière le lâche complètement, avec seulement 27 % de points gagnés sur son deuxième service dans le troisième acte et un bilan de trois coups gagnants pour le n°2 mondial (13 pour le Serbe)

La fin de l'histoire semble désormais inéluctable. Plus du tout inquiété sur ses jeux de service, "Nole" breake d'entrée. Murray, presque résigné, ne possède plus le feu intérieur pour revenir. A 5-2, double break en poche, le Serbe s'autorise un immense sourire. Il sait que la messe est dite. Enfin pas tout fait... Pour l'honneur, l'Ecossais reprend un break et lâche quelques "Come on" sonores. Mais il est trop tard. Malgré un bras quelque peu fébrile, le Serbe parachève son œuvre sur une dernière défense d'exception. Score final : 3/6 6/1 6/2 6/4 en 3h03.

"C'est vraiment un moment très spécial, a confié Djokovic à l'issue du match. Peut-être le plus grand moment de ma carrière. Cela fait plaisir de voir beaucoup de spectateurs pour la finale. Aujourd'hui, je ressens quelque chose que je n'avais encore jamais senti. J'ai fait un cœur comme 'Guga', il m'a donné la permission, a rajouté "Djoko" avec un sourire. Je suis toujours dans votre cœur."

Djokovic domine Murray 3-6, 6-1, 6-2, 6-4 et remporte (enfin) Roland-Garros ! #RG16 pic.twitter.com/hP2COAUVF4

— rolandgarrosFR (@rolandgarros_FR) 5 juin 2016

En remportant le seul titre majeur qui manquait encore à son palmarès, le n°1 mondial accomplit ainsi le Grand chelem en carrière. Il devient le huitième homme dans l'Histoire à y parvenir - à côté notamment de ses contemporains Roger Federer et Rafael Nadal.

Au terme d'une édition perturbée par la pluie et les forfaits, la logique a finalement triomphé. Rien n'atteint Novak Djokovic, qui touche ainsi enfin son Graal. Un aboutissement quasi inéluctable au vu de l'impression de toute puissance dégagée par le Serbe et de sa mainmise sur le tennis mondial depuis plusieurs années. Et un aboutissement mérité, aussi : lui qui tourne autour du titre à Roland-Garros depuis bientôt une décennie (sa première demi-finale remonte déjà à 2007) avait bien gagné le droit de soulever à son tour la coupe des Mousquetaires.

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