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Gustavo Fernandez assouvit son "obsession" pour Roland-Garros

Par Jean-François Rodriguez   le   samedi 04 juin 2016
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"C’était mon obsession !", a confié l’Argentin Gustavo Fernandez après avoir conquis son premier Roland-Garros. Il a vaincu Gordon Reid 7/6 6/1 en 1h26 en finale de l’épreuve masculine du tennis en fauteuil.

A voir son père Gustavo piaffer le long du court 6 et pester à chaque faute directe, on se disait que le chemin avait dû être long. Le "Vamos Gusti !" lâché dans la foulée du break (5-1) qui permettait à son fils de servir pour le match, a aidé le paternel à relâcher un peu de pression. Et quand Gustavo Fernandez Jr. a scellé son match contre Gordon Reid, 7/6 6/1 en 1h26, le cri du cœur a fusé. Explosion de joie dans le clan argentin, embrassades longues et humides, et un Jose Luis Clerc, ancien n°4 mondial reconverti dans la télévision, qui peine à maîtriser ses émotions : "Il va me faire pleurer, le gamin. Qu’est-ce que c’est beau !"

Difficile de contredire le demi-finaliste de Roland-Garros 1981 et 1982. Car le parcours de ce jeune Argentin de 22 ans ne peut qu’inspirer le respect. Touché par un infarctus de la moelle épinière à un an et demi, Gustavo Fernandez s’est d’abord essayé au basket, un sport qui coule dans les veines de la famille, puisque son père l’a pratiqué au plus haut niveau et son frère Juan Manuel porte actuellement les couleurs de l’équipe d’Argentine. "Il a toujours voulu être sportif professionnel, souligne son père. Il a d’abord fait du basket puis s’est mis au tennis à 6 ans. Il a finir par choisir ce sport parce que le circuit est plus développé".

Fils et frère de basketteur professionnel

Pour autant, le chemin n’a pas été dénué de difficultés. "On a parfois l’impression que Gustavo n’est pas né dans le bon pays, indique Nancy, sa mère. L’ENARD (agence argentine dédiée au sport de haut niveau, ndlr) l’accompagne un peu mais pas beaucoup. Ce n’est pas facile tous les jours. Alors de voir aujourd'hui tout cet amour, après tout ce qu’il a travaillé, depuis si longtemps, c’est vraiment merveilleux. On était déjà ravis qu’il arrive en finale, alors le voir gagner ! C’est extrêmement exigeant comme sport. Et puis sa lésion est très haute, plus haute que pour la plupart des autres joueurs, mais il compense avec la tronche, avec le cœur, avec sa volonté".

Face au Britannique Gordon Reid, l’homme qui a mis un terme à neuf saisons de domination du trio Kunieda-Houdet-Scheffers en empochant l’Open d’Australie 2016, c’est sans doute ce petit supplément d’âme qui a permis au joueur originaire de la province de Cordoba de s’en sortir dans le jeu décisif du premier set, après un début de match assez hésitant. "J’ai mal commencé mais je me suis senti de mieux en mieux au fil du match, a estimé le n°6 mondial. A la fin du premier set, j’ai décidé de prendre des risques et, heureusement, ça a payé ! Gordon Reid joue très bien, comme chacun sait, donc je ne pouvais pas le laisser jouer. J’ai donc essayé de frapper fort", a ajouté ce joueur aux yeux verts aussi rieurs que les épaules sont larges.

"Mon tournoi du Grand chelem préféré"

Après avoir battu le Suédois Stefan Olsson en quarts de finale, Fernandez s’est offert une victime de choix. C’est en effet au détriment de Shingo Kunieda qu’il a gagné sa place en finale. Il n’était pourtant pas favori face au sextuple vainqueur et tenant du titre, qui l’avait battu 16 fois en 17 affrontements. L’autre demi-finale avait elle aussi accouché d’une grande surprise, avec l’élimination de Stéphane Houdet, tête de série n°1, aux mains de Reid, n°4 mondial.

Pour expliquer son succès, le premier obtenu en Grand chelem en simple après une finale en Australie en 2014, le 6e mondial avoue son goût immodéré pour la quinzaine parisienne. "Ce tournoi, c’est mon obsession depuis que j’ai vu Guillermo Coria et Gaston Gaudio (NDLR, finalistes de l’édition 2004). C’est super que ça ait marché ici, à Roland-Garros, mon tournoi du Grand chelem préféré."

Même s’il ignore encore comment il fêtera ce premier sacre ("Je ne sais pas, j’ai l’adrénaline à 250 000 km/h !"), son prochain objectif est clair. Et il n’est question ni de Wimbledon, ni d’Australie, ni d’US Open, ni de devenir n°1 mondial. "Maintenant, ce que je veux, c’est regagner Roland-Garros !"

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