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Stan, Andy : vrais ou faux jumeaux ?

Par Julien Pichené   le   jeudi 02 juin 2016
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C'était la demi-finale attendue dans le bas du tableau. Celle qu'on a bien failli ne pas avoir puisque Lukas Rosol et Radek Stepanek n'ont pas été loin de semer une énorme pagaille dès le premier tour. Cette entame difficile est d'ailleurs l'un des points communs entre Andy Murray et Stan Wawrinka, qui s'affrontent ce vendredi pour une place en finale. Il y en a d'autres, comme il y a aussi des points qui les séparent et font de leur rencontre l'un des points culminants de la saison ocre.

Ce qui les rapproche ?

Un face-à-face bien équilibré

L'opiniâtre Andy Murray est le joueur du "Big four" que le résistant Stan Wawrinka a le moins souvent rencontré : 15 fois au total depuis cette première en coupe Davis en 2005 facilement remportée par le Suisse (6/3 7/6 6/4), alors que les deux hommes n'étaient pas encore dans le top 50. Dix ans après, leur bras-de-fer est bien équilibré avec 8 victoires pour Murray et 7 pour son rival. En Grand chelem, c'est même du 50/50, mais Murray, qui avait remporté les deux premières rencontres, s'est fait marcher dessus lors des deux dernières. On se souvient de ce match plein de Wawrinka en quarts de finale de l'US Open 2013 (6/4 6/3 6/2), durant lequel le Britannique n'avait pas obtenu la moindre balle de break.

Barcelone comme premier QG

C'est un point commun qu'il partage avec quelques autres joueurs non espagnols, dont le plus célèbre est sans doute Marat Safin. Comme le Russe, Wawrinka et Murray se sont aguerris sous le soleil de Barcelone. Un séjour qui leur a appris à être des durs au mal, et qui leur a inculqué le sens du sacrifice. "Sacrifice", c'est d'ailleurs le mot qu'emploie aujourd'hui Andy Murray quand il évoque son passage à l'académie d'Emilio Sanchez et de Sergio Casal. Si les deux hommes sont aujourd'hui des rocs, physiquement comme mentalement, ils le doivent en grande partie à ce choix de cursus.

Une place dans l'histoire quasiment similaire

Arrivés sur le circuit à deux ans d'intervalle (premier match ATP à Gstaad en 2003 pour Wawrinka et à Barcelone en 2005 pour Murray), Stan et Andy comptent chacun deux tournois du Grand chelem à leur palmarès. Sur la période 2005-2015, ils resteront comme les deux seuls ayant réussi à reprendre deux fois du gâteau à "l'anniversaire" des trois monstres Federer, Nadal et Djokovic, vainqueurs de 37 majeurs sur 44 lors de cette décennie. Wawrinka et Murray ont même tout gagné à eux deux : le Suisse a remporté les deux premiers majeurs dans l'ordre du calendrier (l'Open d'Australie et Roland-Garros), et l'Ecossais les deux autres (Wimbledon et l'US Open). Viennent s'ajouter à ces titres du Grand chelem une Coupe Davis partout (en 2014 pour Wawrinka et en 2015 pour Murray) et une médaille d'or olympique partout (en double à Pékin pour Wawrinka et en simple à Londres pour Murray). Bien sûr, si l'on appréhende également les Masters 1000 (12 contre 1), le nombre de titre gagnés au total (36 contre 14), et le nombre de matchs disputés en carrière (749 contre 660), Andy Murray est devant. Cette déduction est validée par Wawrinka lui-même : "Je crois qu'il est bien devant moi. C'est clair que depuis que j'ai gagné un deuxième Grand chelem, on m'a rapproché de lui parce qu'il a gagné aussi deux tournois du Grand chelem. Mais si on compare les deux carrières, il est à des années lumières de ce que j'ai accompli, avec tous les titres qu'il a, avec la place de numéro 2 mondial... Il a peut-être moins de gros titres que les trois autres du Big four, mais il a toujours été présent avec eux en finale ou en demi-finales." N'empêche qu'à la fin, ce sont les (grandes) victoires que l'on retient, pas les accessits. Et à ce niveau-là, Stan n'a rien à envier à Andy.

Stan Wawrinka


Un début de quinzaine difficile, puis progression régulière

Tous deux n'ont pas du tout connu le même printemps. Après avoir perdu d'entrée à Madrid et dès les huitièmes de finale à Rome, Stan Wawrinka a sauvé les meubles en remportant le tournoi de Genève juste avant d'arriver (au dernier moment) à Roland-Garros, tandis qu'Andy Murray a été pour la première fois le meilleur homme de la saison sur terre battue, avec une demi-finale à Monte Carlo, une finale à Madrid et un titre à Rome. Deux parcours opposés qui ont failli converger vers une destinée commune à Paris puisque l'un comme l'autre ont vu la défaite de près au premier tour (Radek Stepanek a mené deux sets à zéro contre Andy Murray et Lukas Rosol deux sets à un contre Stan Wawrinka) avant de gagner en confiance et en efficacité au fil des jours. "Andy a eu deux matchs difficiles lors des deux premiers tours, maintenant il est vraiment en confiance et il est prêt, c'est sûr", a affirmé le coach de l'Ecossais ce jeudi matin en marge d'un entraînement du numéro 2 mondial. Quant à Wawrinka, il se dit débarrassé de toute pression depuis qu'il a passé la première semaine. "Plus les tours avancent, moins je ressens la pression parce que je commence à être dans le tournoi et à mieux me sentir. Je dirais même que le fait d'avoir gagné ici m'enlève beaucoup de pression dans le sens où je l'ai déjà gagné. Je n'avais jamais osé espérer gagner, et c'est déjà fait !"

Ce qui les sépare ?

Leur rapport à la terre battue

Sans surprise, Stan Wawrinka, naturellement mieux disposé à glisser sur terre battue, a disputé bien plus de matchs sur cette surface qu'Andy Murray (239 contre 137). Jusqu'à son passage chez les pros, "Iron Stan" jouait même exclusivement sur ocre, la surface sur laquelle il a appris à jouer au tennis étant enfant. Même s'ils ont tous les deux été élevés à la graine barcelonaise, Andy Murray de son côté a logiquement plus d'accointances avec le gazon, comme tout Britannique qui se respecte. "Je n'ai pas grandi en jouant sur terre battue. J'ai dû m'adapter, travailler plus dur que les autres", reconnait l'intéressé, dont les récents bons résultats sur terre n'étonnent pas Wawrinka. "Je ne suis pas surpris. C'est un joueur extraordinaire. Il essaie à chaque fois d'améliorer son jeu. Et même avant, lorsque ce n'était pas vraiment un joueur de terre, il pouvait arriver en demi-finales ici." Wawrinka n'est pas surpris, mais il a remporté pour l'instant ses trois matchs contre Andy Murray sur terre battue (coupe Davis 2005, Rome 2008, Monte-Carlo 2013). Mieux, il n'a jamais lâché un set au Britannique (7-0) sur cette surface.

La consommation d'entraîneurs

Dimitri Zavialoff, Peter Lundgren, Severin Lüthi, Magnus Norman. Depuis ses débuts dans le tennis, Magnus Norman n'a connu que quatre entraîneurs. Et une cinquième figure, clé, celle de Pierre Paganini, son préparateur physique, "la personne la plus importante dans ma carrière", estime-t-il. Andy Murray aussi a ses personnages-clés, au premier rang desquels sa mère, Judy, et son frère aîné, Jamie, vite reconverti dans le double. Mais pour le reste, l'Ecossais se montre bien moins fidèle que le Suisse : Leon Smith, Pato Alvarez, Mark Petchey, Brad Gilbert, Miles McLagan, Alex Corretja, Ivan Lendl, Dani Vallverdu, Amélie Mauresmo, Jonas Bjorkman... Que ce soit avec les coachs principaux ou consultants, Murray a multiplié les collaborations depuis le début de sa carrière. Actuellement suivi par son copain Jamie Delgado (en attendant une promotion ? Ou un prochain entraîneur "officiel" ?), Murray peut sans doute envier le parfait amour filé par Stan Wawrinka avec Magnus Norman depuis maintenant trois ans.

Lire aussi : Magnus Norman : "Un Wawrinka en feu est quasiment inarrêtable"

Aux forceps. Mené deux manches à rien, Andy Murray est revenu de nulle part pour obtenir sa qualification

L'approche des finales

Le duo Wawrinka - Norman a remporté ses 10 dernières finales disputées (11 si on ajoute la coupe Davis 2014). On commence à le comprendre : quand Wawrinka arrive dans les derniers tours d'un tournoi, il est très dur à battre. "Quand je commence à gagner des matchs, j'accumule de la confiance, j'efface un peu les petites erreurs que je fais." Alors qu'il n'était pas favori de sa finale australienne en 2014 contre Rafael Nadal, et encore moins de sa finale parisienne l'an passé contre Novak Djokovic, Stan Wawrinka a surpris les deux fois, pour arriver à un taux de réussite de 100 % en finale de Grand chelem. Avec ses sept défaites en finale, pour lui aussi deux titres, Andy Murray présente un taux de réussite moins flatteur de 22 %. Son ex-coach Ivan Lendl avait réussi à équilibrer la tendance après Roland-Garros 1984 et sa première victoire majeure (7 victoires et 7 défaites pour Lendl après cette salutaire édition 1984). Plus nerveux dans ces très grands rendez-vous, et surtout pas toujours très chanceux (Novak Djokovic est comme son miroir "amélioré" en termes de style de jeu), Andy Murray a lui gardé un ratio négatif (3 défaites sur 4) après sa première victoire majeure en 2012, à l'US Open.

L'année 2016

Stan Wawrinka a pour l'instant disputé deux matchs de plus qu'Andy Murray en 2016 (34 contre 32), mais la saison de l'Ecossais est un cran au-dessus. Sur la fiche du Suisse, les défaites d'entrée à Madrid et à Miami font un peu désordre, même s'il s'est par ailleurs imposé à Chennaï, Dubaï et Genève. Il compte pour l'instant 1920 points de retard sur Andy Murray à la Race. Une différence qui s'explique par ce titre au Masters 1000 de Rome et cette finale à l'Open d'Australie côté Murray, quand Wawrinka avait disparu dès les huitièmes de finale, battu par le Canadien Milos Raonic. La régularité côté Murray, les coups d'éclats côté Stan, toujours. A qui le dernier mot ce vendredi en demies de "Roland" ?

Lire aussi : Murray - Wawrinka : le duel tant attendu

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