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Diagonales, courses, service : Murray - Wawrinka sera une bataille tactique

Par Alexandre Coiquil   le   jeudi 02 juin 2016
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Opposés en demi-finale de Roland-Garros, Stan Wawrinka et Andy Murray vont se livrer une véritable bataille tactique et tennistique. Voici les point-clés de la rencontre.

Il ne faut surtout pas se fier aux apparences. La rivalité entre Andy Murray et Stan Wawrinka tient une certaine place dans l'histoire récente du circuit. Etalées sur une grosse décennie, les confrontations entre les deux hommes ont davantage laissé place à des enjeux ouverts qu'à des rencontres à sens unique. Avant d'attaquer leur demi-finale, les deux hommes ne sont séparés que par une seule victoire, à l'avantage de l'Ecossais, qui mène 8 succès 7 depuis 2005. 

Cette demie, qui constituera une première à Roland-Garros entre les deux hommes, sera pourtant leur rendez-vous le plus important en majeur, où ils sont à égalité parfaite (deux succès partout). Outre l'enjeu, la palette technique des deux joueurs permettra d'apprécier un véritable combat tactique sur une surface qui a construit le premier et qu'a apprivoisé le second. Voici les points clés de cette rencontre, la première en majeur depuis le quart de finale de l'US Open 2013 remporté par Wawrinka.

La principale clé du match : la diagonale de revers


Opposition de style à venir entre deux des plus beaux revers du circuit. D'un côté celui à une main de Stan Wawrinka, qui lui avait permis de cuisiner à petit feu Novak Djokovic lors de la finale l'année dernière, puis de l'assommer définitivement. Puissant, surpuissant même, le coup fort du Suisse est une arme létale qui lui permet de se sortir de n'importe quelle situation. Le joueur de Lausanne sait attaquer avec, en long de ligne et en court croisé, mais également défendre.

Pour Andy Murray et son exceptionnel revers à deux mains, qui lui permet de tout faire et en particulier de manœuvrer son opposant, ce sera un bis repetita de son quart de finale remporté en quatre manches face à Richard Gasquet. Avant d'en découdre avec le Français, il n'avait affronté que des joueurs évoluant avec un revers à deux mains cette année à Paris. Ce revers à une main permettra au Suisse de se sortir plus facilement des diagonales qui feront partie intégrante du combat à venir. Une véritable partie d'échecs sans Garry Kasparov.

"Richard et Stan ont évidemment des similitudes avec leur revers", a d'ailleurs souligné Murray en conférence de presse. "Mais Stan les frappe plus à plat. Richard joue des coups plus en hauteur (…) Ils ont des ressemblances, cela ne fait pas de doute. J'ai enfin affronté un joueur avec un revers à une main qui arrive à trouver des angles et à sortir de la diagonale et à partir en long de ligne. Donc cela a été une bonne préparation", a conclu le n°2 mondial.

Le déplacement

Ce sera l'autre point important de cette demie : la faculté à bien se mouvoir. Si Murray a fait des heures supplémentaires Porte d'Auteuil cette année, il n'est pas apparu mal à l'aise sur l'ocre parisienne et ce quel que soit le temps. Il a même plus que confirmé ses dispositions. "Je ne suis pas vraiment surpris qu'il soit à l'aise sur terre battue. Même avant d'être à l'aise sur la surface, il avait réussi à faire une demi-finale ici et avoir de bons résultats. Il a toujours été au rendez-vous ici", a d'ailleurs concédé Wawrinka en conférence de presse. Le Vaudois, aura toujours un temps en plus pour armer ses frappes sur l'ocre. Déjà naturellement à l'aise sur la surface, Wawrinka est surtout devenu un polyvalent convaincu et il est clairement monté en régime depuis le troisième tour. Il faudra, en plus, composer avec le facteur météo, mais les deux hommes savent à quoi s'attendre de ce côté.

Stan Wawrinka

Les points forts

Stan Wawrinka : le service


Outre des coups forts des deux côtés, Stan Wawrinka a surtout effectué un véritable bond en avant avec ses premières balles depuis 2013. Lourdes, elles lui confèrent un premier ascendant sur l'adversaire dans le jeu. Le Suisse a d'ailleurs remporté 76 % de points derrière cette première balle depuis le début du tournoi. Il a également claqué 52 aces, ce qui le place à la troisième place du classement du tournoi derrière Ivo Karlovic et John Isner. En un mot : solide.

Des chiffres qui font dire à Jamie Delgado, le coach du Britannique. "En demi-finales, il faudra être encore plus offensif car si vous donnez du temps à Stan, ça devient très compliqué parce qu'il est très puissant. Il faudra être vraiment agressif", a reconnu le technicien. La bataille du fond de court promet. A ce jeu, les moments de déconcentration du Suisse, notamment lors de ses deux premiers tours, et lors de la fin du troisième set de son quart face à Albert Ramos, pourraient avoir une incidence. "La différence avec les matchs en deux sets gagnants et les Grands chelems, c'est que quand je commence à gagner des matchs, je gagne en confiance", a soutenu Wawrinka, qui est désormais en mode "in the zone" dans ce tournoi.

Andy Murray : le petit jeu


L'Ecossais a une énorme qualité : son bras exceptionnel. Lob, variation, volée, il sait tout faire, et il le fait bien - à en dégoûter plus d'un bon défenseur. Mais face à Gasquet, il a tapé un nombre incalculable d'amorties et coupé les ailes du Biterrois volant, qui a cédé physiquement lors des deux derniers sets. Face à un joueur qu'il n'a affronté qu'une fois en trois ans, les retrouvailles risquent d'être plus élaborées qu'un simple duel en fond de court. Forcément, il faudra casser le rythme à un moment ou l'autre de la rencontre. Wawrinka va donc devoir s'attendre à beaucoup de courses vers l'avant. Ce sera un véritable combat physique avant tout.

Les points faibles

Stan Wawrinka : le retour de service en coup droit

S'il y a encore un défaut à pointer dans le jeu complet de Wawrinka, ce sont les retours de service en coup droit. Le Suisse a encore du mal à renvoyer correctement de ce côté. Servir côté coup droit sera donc une véritable option pour le 2e joueur mondial, qui maîtrise parfaitement les zones au service. Sur l'ensemble du tournoi, Wawrinka n'a gagné que 35 % de points sur premières balles adverses et a confirmé qu'il avait là une faille. Seule bonne nouvelle pour lui : Murray retourne moins bien sur ce Roland-Garros que d'habitude. Il n'a d'ailleurs claqué que sept petits retours gagnants depuis le premier tour. Etonnant mais vrai.

Andy Murray : les secondes balles

Cela avait un été un véritable massacre lors de sa finale perdue lors du dernier Open d'Australie. Avec seulement 35 % de points gagnés derrière sa seconde balle, Andy Murray avait été avalé tout cru par Novak Djokovic, qui lui avait subtilisé son service à cinq reprises, sans se priver.

Plus travaillées que puissantes, les secondes balles de Murray ne sont pas encore abouties. Tout cela a une source : il a changé sa gestuelle depuis son retour à la compétition début 2014, quelques mois après son opération au dos. Surtout, il paye un lancer de balle vraiment pas au point. Effets, zones, l'Ecossais a un panel technique énorme mais Wawrinka pourra exploiter la petite vitesse des secondes de son rival pour faire mal en retour. En revers probablement. En coup droit ? Et pourquoi pas ?

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