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Magnus Norman : "Un Wawrinka en feu est quasiment inarrêtable"

Par Propos recueillis par Guillaume Willecoq   le   samedi 28 mai 2016
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Il entraîne Stan Wawrinka depuis 2013, avec deux Grands chelems à la clé. Lui-même finaliste à Roland-Garros en 2000, il y a aussi mené deux fois Robin Soderling en finale (2009, 2010). Magnus Norman nous raconte son aventure avec le Suisse.

Stan et lui

"Stan est revenu à la charge jusqu’à ce que j’accepte de l’entraîner. J’ai été frappé par cette persévérance. Je connaissais un garçon gentil, un peu timide, j’ai découvert un caractère tenace. Le défi était de doter le 'Monsieur chic type' qu’il est dans la vie d’un instinct de tueur sur le court. Lui faire entendre qu’il avait le droit de battre les meilleurs.

Durant notre essai, à Lausanne, je l’ai tout de suite senti à l’écoute, désireux d’entrer dans une nouvelle phase de sa carrière. Nous avons beaucoup parlé, pour apprendre à nous connaître et établir un programme. J’ai aussi été marqué par sa prévenance. Il tenait vraiment à ce que je me sente à l’aise dans mon rôle par rapport aux autres membres de son cercle – et ça s’est retrouvé dans l’aide apportée par ces derniers. Au début, Severin (Luthi, ndlr, capitaine de l'équipe suisse de coupe Davis, entraîneur de Roger Federer et jamais bien loin de Stan) m’a souvent accompagné à ses matchs et m’a aidé à comprendre Stan en m’expliquant comment il réagit dans telle ou telle situation. Il nous a permis de gagner du temps."

Son travail avec Stan

"Quoiqu’il dise, Stan est talentueux. Il est aussi fort physiquement, bien entouré et a toujours de la fraîcheur mentale malgré les années sur le Tour. Même si nous avons mis certaines choses en place dans le jeu, notamment parce que j’avais noté sa tendance à tenter l’impossible quand il était sous pression, le socle était déjà là, solide. Moi, je suis arrivé en bout de chaîne. Ça fait des années qu’il joue et s’entraîne tellement dur, avec Dimitri (Zavialoff, son formateur et entraîneur 15 ans durant, ndlr) d’abord puis Pierre (Paganini, son préparateur physique, partagé avec Federer) et Severin... Il avait déjà joué des grands matchs en Grand chelem avant et s’il en a perdu la plupart, il a toujours eu la capacité à apprendre quelque chose de ces défaites, et ça, c’est assez rare. La plupart du temps, vous avez juste les boules et vous ne voulez pas tirer d’enseignements d’une défaite serrée. Or Stan est un garçon avec beaucoup de maturité. Du coup, lui avait cette capacité à voir lucidement les choses le lendemain : "Qu’ai-je bien fait, mal fait, que peut-on changer ?" Ce recul est la clé principale, d’autant plus importante par rapport à son jeu agressif : il prend des risques sur le court mais garde la tête froide en-dehors.



Quand je suis arrivé, on a travaillé sur sa confiance en lui. Il est beaucoup plus confiant lorsqu’il entre sur le terrain maintenant, même contre les tout meilleurs dans les gros tournois. C’est sans doute là que j’ai le plus essayé de l’aider.

Avec Stan, il s’agissait de trouver le bon dosage. Il fallait qu’il apprenne à jouer avec un peu plus de sécurité. Avec sa puissance de frappe, il n’avait pas de besoin de viser les lignes comme il avait tendance à faire. Et en même temps, il ne fallait pas non plus trop brider ça : son potentiel est tellement énorme qu’un Stan 'en feu' est quasiment inarrêtable. C’est une arme. Dans les derniers tours d’un tournoi, il devient très difficile à battre…"

Roland-Garros 2015

"Une fois de plus, il a su jouer son meilleur tennis quand il devait le faire : aller plus de l’avant, prendre l’initiative, être plus offensif. Bien sûr, je suis surpris de la manière dont il a réussi à rester concentré sur son jeu. Mais de la même manière que j’étais surpris de ce qu’il avait produit quand il a gagné son premier Grand chelem. Quand j’ai commencé à travailler avec Stan, tout le monde me disait qu’il était un peu tendre, qu’il n’était pas l’homme des grandes occasions… Mais moi, ce que je vois depuis qu’on travaille ensemble, c’est qu’il est bien plus solide dans les grands matchs et ça ne me surprend pas. Ce Roland-Garros prouve qu’il n’était pas le 'miracle d’un Grand chelem'."

Lire aussi : Stan Wawrinla : "La plus grande émotion que j'ai vécue dans le tennis"

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Temps forts S. Wawrinka - N. Djokovic / Finale
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