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Martina Hingis et ce léger goût d'inachevé

Par Julien Pichené   le   mercredi 25 mai 2016
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En simple, Paris a dit "non" à Martina Hingis.  En double en revanche, elle peut marquer le tournoi, et plus généralement l'histoire, cette année. Deux enjeux pour elle : le double dames, où elle vise le Grand chelem à cheval sur deux saisons avec sa partenaire Sania Mirza. Et le double mixte, où elle peut remporter l'unique titre de double manquant à sa collection sur l'ensemble des quatre tournois majeurs. Autrement dit, Martina peut marquer cette édition 2016 de son empreinte, plus de deux décennies après ses premiers pas Porte d'Auteuil.

"C'est marrant, j'ai toujours cru que je gagnerais ce tournoi un jour ou l'autre. Je pensais même que c'est à Roland-Garros que je remporterais mon premier titre du Grand chelem." Martina Hingis a 19 ans quand elle prononce ces mots. Nous sommes en mai 2000, soit un an après cette monumentale finale contre l'Allemande Steffi Graf. Et à ce moment-là, la Suissesse ne conçoit alors pas une seconde - comme nous d'ailleurs - que ce tournoi allait continuer, encore et toujours, à résister à son talent. Et l'histoire est terminée : ces dernières années, la Suissesse a toujours écarté l'idée d'un retour en simple. "On me pose souvent la question. Mais la réponse est non."

Son ascension vers un sacre à Roland-Garros a pourtant longtemps été irrésistible. Martina Hingis a en effet remporté le titre juniors à seulement 12 ans, record qui n'est pas près de tomber, en 1993. En 1994, rebelote. En 1995, à 14 ans, elle gagne deux matchs dans le grand tableau, avant d'atteindre la finale dès 1997, année de son Petit chelem et de son accession à la place de numéro 1 mondiale. L'enfant prodige donne l'impression de jouer en marchant et impose sa classe partout cette année-là, Partout ? Presque. C'est Porte d'Auteuil que le bât blesse et qu'il blessera toujours. Malgré une autre finale en 1999, ce titre attendu n'est jamais venu. En manque de compétition en raison d'une chute de cheval, Hingis s'effondre physiquement lors de la première, perdue 6/4 6/2 contre la Croate Iva Majoli. La seconde, elle, a sans doute été concédée pour des raisons mentales, face à l'Allemande Steffi Graf, l'ex-reine des lieux.

Graf : "Ne t'inquiète pas, tu as tout le temps de gagner"

En 1999, Graf n'a plus rien à prouver, mais s'offre une dernière danse pour le pur plaisir, à un mois de la retraite. Hingis domine la première moitié du match, sert pour le titre à 6/4 5-4, mais perd soudainement le contrôle de ses nerfs. Là voilà maintenant chahutée par une partie du public, qui n'apprécie pas sa réaction (elle sert à la cuillère sur la balle de match). Elle terminera l'après-midi en pleurant à chaudes larmes sur l'épaule de sa maman de coach, scène tragique concluant l'un des matchs les plus fous jamais vus à Roland-Garros. "Ne t'inquiète pas, tu as tout le temps de gagner", lui glisse une Graf radieuse pendant la cérémonie, qu'Hingis avait d'abord tenté d'esquiver. Mais Hingis ne jouera plus que trois fois en simple à Paris en 2000, 2001 et 2006, échouant les deux premières fois en demi-finales et en quarts de finale pour son ultime tentative.

Dans l'esprit du grand public, la Suissesse appartient elle aussi au clan des maudits de Roland-Garros, au même titre que Stefan Edberg, Pete Sampras, Boris Becker ou encore, jusqu'à nouvel ordre, Novak Djokovic. Comme eux, l'ancienne numéro 1 mondiale a gagné partout sauf ici. Maudit ? Un mot un peu fort sans doute, qui se conjugue mal avec ses quatre titres parisiens (deux en juniors donc, mais aussi deux en double dames, en 1998 avec Jana Novotna et 2000 avec Mary Pierce). Au contraire, c'est même à Paris qu'elle peut cette année marquer un peu plus l'histoire du jeu : d'abord - chronologiquement parlant, dans le programme du tournoi - en remportant le mixte, seule épreuve de double manquant à son armoire à trophées parmi les huit distribuées sur l'ensemble des quatre Grands chelems. Elle s'y aligne avec un spécialiste des épreuves en binôme, Leander Paes.

Et puis il y a le double dames où, avec sa fidèle partenaire Sania Mirza, Martina Hingis sera encore la grande favorite d'une compétition qu'elle aborde en tant que tête de série n°1. Et pour cause : les deux joueuses ont remporté les trois derniers tournois du Grand chelem en date et visent à Paris un Grand chelem à cheval sur deux saisons. Je me sens comme invincible en ce moment quand je suis sur le court, commentait la Suissesse lors du dernier US Open, rappelant alors à quel point elle a toujours eu confiance en elle. Et je pense que nous avons cette aura supplémentaire, qui fait que nos adversaires doivent donner plus que le maximum pour nous battre."  L'aura, la championne ultra-précoce des années 1990 l'a toujours. Plus de deux décennies après ses premiers pas Porte d'Auteuil, la - double - (con)quête de Martina est lancée.

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