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Et voilà les copains de Lucas Pouille !

Par Julien Pichené   le   dimanche 22 mai 2016
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Derrière les Bleus que l'on connaît tous, Tsonga, Gasquet et les autres, il y a Mathias Bourgue et Grégoire Barrere, tous deux nés en 1994, tous deux invités et tous deux très liés à Lucas Pouille, leur camarade de promo. Ils font leur grand début à Roland-Garros cette année. Découverte.

Histoire d'une bande

Pouille, Bourgue et Barrere... Une même année de naissance, une passion commune et une bande de potes qu'il est maintenant impossible de dissocier. Ces trois saisons passées à l'Insep, ces éreintantes tournées Futures dans toute l'Europe de l'Est, les recadrages du coach "Manu" Planque pour Bourgue et Pouille.. Les trois garçons de la promo 1994 ont d'innombrables souvenirs en commun. Et si Pouille a déjà pris son envol en intégrant le top 50, ils savent qu'ils ne leur reste plus qu'à faire pareil pour que la bande ne se perde pas de vue. "On se voit tout le temps, dès qu'on est dans la même ville, expliquait Lucas Pouille en apprenant la liste des joueurs invités. Je suis content qu'on se retrouve dans le même tableau. ça va être super sympa, j'espère qu'ils vont s'éclater !"

Leur profil

Nouveau venu dans le top 200, Mathias Bourgue est avignonnais, comme un certain Benoît Paire. Depuis fin 2014, il est suivi par Olivier Malcor de la FFT, lequel a repris les secteurs les plus perfectibles de son jeu : le service, la régularité et l'approche mentale du haut niveau. "C'est un joueur assez nerveux, anxieux, donc on a beaucoup travaillé sur l'attitude et l'état d'esprit. Mais c'est un gros travailleur, c'est l'avantage avec lui." Classé 165e, Bourgue est aujourd'hui, à 22 ans, à quelque 250 points du top 100, son objectif. "Mon objectif 2016 est de me rapprocher des 100 le plus possible et si je peux rentrer dans le top 100, ce serait vraiment génial." En début d'année, Bourgue avait également dévoilé rêver jouer un Grand chelem. Le rêve devient réalité ce lundi.

Né sept jours avant Lucas Pouille (il est du 16 février 1994), Grégoire Barrere est encore classé au-delà de la 250e place mondiale. Mais comme son entraîneur, l'élève de Jérôme Potier n'est pas vraiment un anxieux, mais plutôt du genre "cool"... Enfin, en dehors du court. Car une fois en piste, ça peut être violent. Quoi de plus logique, après tout, pour celui qui était fan de Marat Safin quand il était plus jeune ? "J'aime bien finir le point sur une frappe sèche. J'aime mettre des 'lattes', sentir la balle, l'attaquer. Rester campé sur ma ligne de fond, c'est pas vraiment mon truc." La nouvelle de la wild-card, début mai, a rendu euphorique le jeune homme aux cheveux mi-longs et à la barbe naissante. "J'étais tout excité quand j'ai reçu l'appel de la FFT. Je suis très excité à l'idée de jouer mon premier match en cinq sets contre un joueur du top 100. L'objectif maintenant est de pouvoir revenir les autres années sans avoir besoin de coup de pouce." Avant le tirage au sort, il a prévenu qu'il ferait tout pour passer un tour. Mais c'était avant de savoir qu'il allait affronter David Goffin...

Leur parcours

32 matchs gagnés de suite... Il n'y a pas que Nadal ou Djokovic qui ont droit à ces stats ! L'été 2014 avait été bouillant pour Mathias Bourgue, vainqueur de six tournois Futures d'affilée dans les pays de l'Est, ce qui lui avait valu une invitation pour disputer les qualifications de l'US Open. La piqûre d'un poisson-pierre en Nouvelle-Calédonie l'avait également rendu célèbre auprès des amateurs de tennis. Distraitement traité par un médecin australien, il était resté sur le flanc pendant un mois et demi... En parlant de gros poissons, il en a encore pêché deux gros cette année en Challenger, confirmant ainsi son titre à Blois en juin dernier : Bourge a dominé Victor Estrella Burgos en Colombie et Diego Schwartzmann (qui venait tout juste de remporter son premier titre ATP à Istanbul) à Bordeaux. Deux victoires enregistrées, il va de soi, sur terre battue, sa surface favorite.

Plus à l'aise sur rapide, Grégoire Barrere a quant à lui signé sa perf' de l'année en février, au Challenger de Bergame. Six matchs gagnés de suite, des qualifications aux demi-finales, en faisant tomber au passage le géant allemand Michael Berrer, quart de finaliste une semaine plus tôt au tournoi ATP 250 de Montpellier. Sur terre battue, le Parisien a remporté une épreuve Futures à Angers en dominant Jonathan Eysseric en finale. L'an passé, sa finale au Challenger de Quimper lui avait permis de faire un bond de plus de 100 places au classement. Seulement battu en trois sets par un Benoît Paire (6/3 4/6 6/4) venu chercher de la confiance en "troisième division", Barrere avait manqué de peu de battre son premier top 100.

Gregoire Barrere en revers.

Leur passé à Roland-Garros

Pour l'instant, Mathias Bourgue ne connaît du tournoi que l'épreuve de double (il a reçu une invitation avec Paul-Henri Mathieu en 2014) et celle des qualifications (qu'il a disputées ces trois dernières années). Il ne lui a pas manqué grand chose pour s'ouvrir la porte du grand tableau il y a deux ans, mais l'Italien Paolo Lorenzi le domine au finish (6/3 6/7 6/3). Auparavant, Bourgue avait tenté trois fois sa chance dans l'épreuve juniors, mais a toujours été éliminé d'entrée (en 2010, 2011 et 2012).

Grégoire Barrere a participé au tournoi juniors les mêmes années sans connaitre beaucoup plus de réussite (un seul match remporté, la dernière année, en 2012). On ne l'a vu qu'une seule fois tenter sa chance dans l'épreuve des qualifications, l'année dernière. Il avait été sorti d'entrée par le Russe Alexandr Kudryavtsev.

Leur premier tour

Sur le papier, Mathias Bourgue est le plus chanceux des deux. Le qualifié espagnol Jordi Samper-Montana, 216e mondial, n'est en effet pas plus expérimenté que lui en Grand chelem. Mais ceux qui ont aperçu aux qualifs ce "vieux loup de terre" de 26 ans ont pu constater qu'il tenait parfaitement bien la barre sur la surface. Du genre opiniâtre à la vie à la mort, Samper-Montana paraît avoir créé une synergie décourageante entre Felix Mantilla et Tommy Robredo. On connaît la chanson : inutilité d'attendre la faute, nécessité absolue de rester maître de ses nerfs... Au deuxième tour des qualifications, le Russe Karen Khachanov, pourtant du genre costaud, est sorti épuisé de l'examen. Mais le réussir vaut le coup. En cas de victoire, c'est un possible deuxième tour contre Andy Murray qui se profile. Autrement dit un très grand court, la lumière et les caméras de télévision du monde entier...

Grégoire Barrere, lui, va affronter David Goffin, l'une des têtes de série (n°12) les plus en forme. A Rome, le Belge a marché sur l'eau et sur Tomas Berdych, torpillé 6/0 6/0. Le Belge reste aussi sur un mois de mars époustouflant, avec deux demi-finales à Indian Wells et à Miami. Et Roland-Garros, où il s'était révélé en 2012 en atteignant les huitièmes de finale, est une épreuve chère à son coeur. Mais Barrere a un avantage que Goffin n'a pas : ce dernier ne l'a en effet jamais vu jouer. "Je ne le connais pas du tout ! Mais s'il a reçu une invitation, c'est qu'il l'a méritée !"

Lire aussi : Le tableau masculin

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