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Benoît Paire et Jérémy Chardy : toucher terre à Roland-Garros

Par Emmanuel Bringuier   le   samedi 21 mai 2016
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Benoît Paire et Jérémy Chardy vont débuter Roland-Garros avec le statut de têtes de série. Sur une surface qu'ils apprécient, les deux Français entendent bien s'inviter à la fête.

Quitte à irriter les puristes d'Alexandre Dumas, les Mousquetaires français ne seraient-ils pas finalement au nombre de six ? En tennis, l'affirmation mériterait un vrai débat. Alors bien sûr, les meilleures chances tricolores restent depuis plusieurs années assurées par le fameux quatuor composé de Jo-Wilfried Tsonga, Richard Gasquet, Gaël Monfils et Gilles Simon. Pourtant, deux francs-tireurs viennent régulièrement troubler la hiérarchie. Jérémy Chardy, 29 ans, et Benoît Paire, 27 ans : deux grands bruns, beaux garçons, la chevelure au vent, originaires du Sud de la France... mais, surtout, deux chances importantes de résultats dans un tournoi forcément particulier pour eux.

Avec Benoît Paire, on se situe même carrément dans l'amour pur et dur de la terre battue. L'Avignonnais n'a en effet jamais caché son attirance pour l'ocre, où son jeu varié prend toute son ampleur. Après un début d'année compliqué, il sort d'ailleurs d'une saison très correcte sur cette surface, ponctuée par un huitième de finale à Monte-Carlo (défaite contre Andy Murray) et d'une demi-finale à Barcelone (défaite face à Kei Nishikori).

"J'ai un gros service et un jeu très agressif, mais la terre reste ma surface favorite, estime-t-il. Sur terre, on peut engager l'échange, construire son point, utiliser son toucher. Bref, on peut jouer au tennis." Sur le circuit, "la Tige" est autant connu pour ses fulgurances en revers ("l'un des meilleurs du circuit", selon Rafael Nadal) que pour ses volcaniques sautes d'humeur. Un caractère bien trempé qui ne date pas d'hier. "Quand je perdais contre des joueurs un petit peu meilleurs que moi, je partais bouder dans un coin et on ne me retrouvait pas avant une demi-heure", raconte-t-il.

 

Le Gardois n'a pas encore atteint la seconde semaine Porte d'Auteuil, où il a buté à deux reprises au troisième tour. Epargné par les blessures et protégé par son statut de tête de série, il pourrait réparer cette anomalie dès cette année. Son premier tour face au Moldave Radu Albot devrait donner une bonne indication de sa forme.

"Jérémy n'est pas dans la meilleure forme possible, mais il adore jouer ici"

Du côté de Jérémy Chardy, on retrouve aussi une appétence de l'ocre. Adepte d'un tennis offensif, le vainqueur de Wimbledon en juniors apprécie pourtant cette surface depuis longtemps. Aucune contradiction, selon lui. "Sur terre, on dispute plus de rallyes, explique-t-il. Il faut jouer tactique. Mais ce n'est pas pour autant que je change beaucoup mon jeu. Je prends ma chance, comme partout ailleurs. Après, c'est une question d'endurance."

A "Roland", l'enfant de Bœil-Bezing se sent d'ailleurs pousser des ailes. Pour sa première apparition, en 2006, il avait fait honneur à sa wild-card en atteignant le deuxième tour. En 2008, il s'était hissé en deuxième semaine, après avoir notamment éliminé David Nalbandian. Rebelote l'an dernier avec un nouveau huitième de finale, où il a donné du fil à retordre à Andy Murray, concédant une défaite en quatre manches (6/4 3/6 6/3 6/2) loin d'être déshonorante face à un membre du "Big Four".

Cette année, la saison du Français épouse - comme souvent, pourrait-on dire - plutôt une courbe sinusoïdale. Mais l'avantage de ce type de profil, c'est que le bon feeling peut revenir à tout moment. Il suffit de trouver le bon déclic : une émotion, un souvenir... ou le plaisir d'être là, tout simplement.

"Jérémy n'est pas dans la meilleure forme possible, mais il adore jouer ici, confie justement son coach, le Suédois Magnus Tideman. Sur terre battue, son jeu peut s'exprimer plus facilement. C'est un joueur qui met beaucoup de lift dans sa balle et il a plus de temps pour jouer ses coups." Le Français devra cependant tout de suite trouver son rythme pour son premier tour face au coriace Leonardo Mayer.

Au-delà de leur fort attrait pour la terre battue, les deux joueurs partagent aussi un véritable attachement à leurs racines. Benoît Paire aime à se ressourcer dans son Gard natal, Jérémy Chardy, dans son Béarn. Mais c'est bien à Paris qu'on espère les voir briller.

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Interview Benoit Paire
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