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Roland-Garros, le plus beau défi d’Andy Murray

Par Myrtille Rambion   le   dimanche 15 mai 2016
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Ce dimanche 15 mai, Andy Murray a fêté ses 29 ans avec un titre au Masters 1000 de Rome, dernier grand rendez-vous de préparation à Roland-Garros. Mais une victoire à Paris dans trois semaines serait pour lui un encore plus beau cadeau d’anniversaire, même avec quelques jours de retard. Coincé entre le maître du monde (Novak Djokovic) et le roi de l'ocre (Rafael Nadal), le défi est de taille pour l’Ecossais... mais loin d’être impossible tant la terre battue n'est pas loin d'être devenue sa meilleure surface : statistiquement, elle l'est même sur les douze mois écoulés !

Un sujet de Sa gracieuse Majesté couronné à Roland-Garros ? Et pourquoi pas ! Seuls deux Britanniques ont déjà accompli cet exploit par le passé. En 1891, un certain H. Briggs (dont on ignore le prénom) a remporté la toute première édition du tournoi, tandis qu’en 1935, le légendaire Fred Perry a à son tour enlevé le titre. Voilà pour les prestigieuses archives. Dans trois semaines, l’histoire pourrait fort se répéter, pour devenir une réalité beaucoup plus proche de nous. Car Andy Murray aborde cette fois-ci Roland-Garros, dont il est tête de série n°2, avec la meilleure chance de sa carrière de s’imposer dans le Grand chelem parisien.

Oui, sur terre battue ! Cette surface qui lui a longtemps davantage résisté que les autres mais qu’il a, contrairement à l’image publiquement répandue, appris à apprivoiser jeune, en Espagne où il s’est formé de 15 à 17 ans, puis, plus tard, à aimer. Et Paris est désormais le plus beau défi se présentant à Andy Murray, qui se trouve en ce moment dans une position idéale pour lancer, à l’aube de ses 30 ans, sa deuxième partie de carrière que d’aucuns pressentent encore plus riche en succès que la première. Une victoire dans la Ville Lumière serait le manifeste rêvé. Difficile, certes, mais pas impossible. Pourquoi ?

Le n°1 sur terre battue depuis un an

D’abord parce que les chiffres ne mentent pas. Récent vainqueur à Rome après avoir disputé la finale à Madrid (et remporté ce même rendez-vous espagnol de préparation à Roland-Garros l'an passé), Andy Murray pointe en tête du classement des performances réalisées sur terre battue et sur un an, établi très officiellement par l’ATP. Lors des 52 dernières semaines, le Britannique a en effet remporté environ 90% de ses matchs sur la surface. Soit 20% de plus que jusqu’alors : c’est le meilleur ratio de sa carrière. Il devance même Rafael Nadal et Novak Djokovic, respectivement 2e et 3e de ce palmarès ! C’est dire les progrès réalisés sur ocre par le joueur redevenu 2e mondial. "Je pense qu’effectivement je m’y déplace beaucoup mieux, confirme l’intéressé. Et cela fait une énorme différence. Pendant des années, je ne bougeais pas bien sur terre battue. Il me semble que désormais je peux bien y jouer."

Ces progrès sont clairement à mettre au crédit d’Amélie Mauresmo et du travail qu’elle a accompli durant pratiquement deux ans en tant que coach de l’Ecossais. Une association qui vient tout juste de prendre fin à l’amiable, la Française ne voulant visiblement plus autant voyager maintenant qu’elle est maman. L’ancienne n°1 mondiale a pu prodiguer de précieux conseils à son protégé et le faire évoluer - parallèlement à son objectif de rendre encore plus offensif son jeu - sur des schémas essentiels sur une surface où, en tant que joueuse, elle a elle-même toujours su tirer le meilleur de son tennis. Roland-Garros mis à part, bien sûr, mais pour de toutes autres raisons, liées à l’enjeu et la pression de jouer devant son public…

Lire aussi : En 2015, Andy Murray a touché terre


"Rafa" et son dos : deux clés essentielles

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le tandem “Murraysmo“ a, entre autres faits d’armes, été récompensé par l’ouverture du palmarès de l’Ecossais sur terre battue. Andy Murray a en effet remporté le tournoi de Munich en mai 2015, avant de réitérer dans la foulée au Masters 1000 de Madrid en dominant cette fois en finale le roi absolu de la surface, Rafael Nadal. Non sans avoir, au passage, fait tomber Milos Raonic et Kei Nishikori. Il avait poursuivi sur sa lancée et s’était ensuite hissé en demi-finales de Roland-Garros, où il avait livré un bras de fer d’une telle intensité face à Novak Djokovic, que le n°1 mondial ne l’avait emporté qu’au terme des cinq sets (6/3 6/3 5/7 5/7 6/1). Le court Philippe-Chatrier s’en souvient encore.

Temps forts N. Djokovic - A. Murray / Demi-finales

Et puis il y a eu, bien sûr, cette finale de Coupe Davis gagnée en fin de saison dernière sur terre battue contre la Belgique, qui lui a permis de considérablement augmenter son bloc de préparation sur la surface. Assurément une clé de sa progression. "Auparavant, je jouais neuf ou dix mois sur dur avant de me lancer dans la saison sur terre, se justifie Andy Murray. Du coup, je m’y déplaçais comme si j’étais sur dur. En prenant le temps nécessaire pour m’entraîner et réellement travailler sur cet aspect, je bouge maintenant plus instinctivement sur terre battue et je maîtrise mieux les glissades."

Une armure de terrien

Des progrès qui ont également coïncidé avec la période post-opération du dos pour l’Ecossais, ce qui, selon sa mère Judy, n’est pas anodin. "Dans le passé, explique-t-elle, lorsqu’Andy avait des problèmes avec son dos, ceux-ci se révélaient davantage sur terre battue à cause du rebond plus haut de la balle qui nécessitait de sa part plus de rotation (du haut du corps, ndlr). Et c’est pour cela que cette surface constituait un gros challenge pour lui, à cause de l’impact sur son corps. Or sur terre, tout dépend de la façon dont vous préparez votre corps. Il faut améliorer son endurance. C’est la surface qui demande le plus physiquement."

Voilà pour ce qui constitue le dernier volet de la construction de l’armure terrienne du guerrier Murray. Autant d’armes qui lui donnent de quoi nourrir légitimement des ambitions Porte d’Auteuil. "L’année dernière m’a donné confiance, a reconnu l’intéressé il y a quelques semaines en marge du tournoi de Monte-Carlo où il avait déjà atteint le dernier carré. Gagner à Madrid, réussir à battre Nishikori, Raonic, Rafa, Ferrer et, bien sûr, être capable de pousser Novak dans ses retranchements et ne pas être loin du tout de le battre à Paris, grâce à tout cela, je sais qu’il existe une possibilité que je gagne Roland-Garros. Mais pour cela, je dois jouer à un niveau extrêmement élevé et il n’y a aucune garantie que j’y parvienne." Aucune garantie, non, mais la certitude désormais que si tous les astres sont alignés, Andy Murray fait partie de ceux capables de le faire. Qu’on se le dise, à Roland-Garros, yes, he can.

Conférence de presse Andy Murray / Demi-finales
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