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Christian Lacroix : "Serena, l'amazone par excellence ; Nadal, l'élégance absolue"

Par Propos recueillis par Oscar Héliani   le   dimanche 15 mai 2016
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Il ne se passe pas une saison sans que les costumes imaginés par Christian Lacroix ne magnifient un ballet, une pièce de théâtre ou un opéra. Pour Roland-Garros, le couturier a fantasmé des tenues pour les plus grandes stars du tennis. Explication.

Avez-vous pratiqué le tennis ?
Très peu, de 1963 à 1968, si mes souvenirs sont bons ! Je n’ai jamais vraiment aimé le sport, à part la natation. Le tennis, j’en faisais avec des copains. Mon coup droit n’était pas si mal, me semble-t-il, mais je n’ai jamais participé à des tournois… Mais j’ai toujours trouvé les vêtements de tennis très élégants. 

Vous souvenez-vous de votre tenue ?
Le club en Arles imposait une tenue blanche même si j’ai connu les débuts du polo chiné bleu. Je portais un short blanc, un haut en filet avec encolure à cordons et une paire de Spring Court avec des chaussettes à trois bandes. J’ai eu les dernières raquettes en bois avec le cordage en boyaux de chat. A cette époque, les balles étaient encore blanches. 

Pouvez-vous expliquer les croquis ?
J’ai toujours admiré les costumes folkloriques. Ainsi, j’ai représenté les joueurs dans des tenues rappelant leurs origines. Sur les dessins, les inspirations ne sont pas toujours lisibles mais il s’agit d’emprunts de motifs et de broderies provenant des pays d’origine des joueurs. Pour Serena Williams, l’amazone par excellence, j’ai mixé l’Afrique et les Etats-Unis en incrustant des motifs apaches sur sa robe. Rafael Nadal, c’est l’élégance absolue avec un côté un peu torturé. Il ferait un magnifique torero, il en a la gueule ! Pour lui, j’ai imaginé une sorte de survêtement avec des broderies provenant d’un très vieux costume que je possède. Pour Novak Djokovic, je voulais éviter toute résonance politique. J’ai opté plutôt pour des motifs d’Europe centrale. Enfin, Roger Federer est bien entendu helvète. 

Existait-il des connexions entre les maisons de couture et le sport ?
Gabrielle Chanel et Jean Patou s’étaient disputé l’origine de l’emprunt du vestiaire de sport masculin pour la couture. Chanel s’était inspirée des vêtements de polo de son amant Boy Capel et Jean Patou avait dessiné des vêtements évoquant les robes modernes créées pour son amie Suzanne Lenglen. Quand je suis arrivé chez Patou, des photos de Lenglen trônaient partout dans les bureaux. Pour ma part, je me suis contenté de quelques évocations sans jamais dessiner une collection dédiée au tennis. 

La grâce, la force et la puissance reviennent souvent lorsqu’on parle de tennis. Que vous évoque ce sport ?
Un public passionné, une gestuelle élégante, un silence suspendu dans les moments cruciaux, un vrai combat entre deux hommes ou entre deux femmes puis un vainqueur mis sur un piédestal. Une sorte d’idole. 

Quel est votre premier souvenir lié à Roland-Garros ?
En 1978, nous travaillions chez Jean-Jacques Picart, qui conseillait Le coq sportif. La marque y avait organisé une démonstration avec Yannick Noah. Ce jour-là, j’ai fait la connaissance de Charlotte Rampling. 

Y a-t-il une image de Roland-Garros que vous gardez en mémoire ?
Sans doute la victoire de Yannick Noah et l’image de son père bondissant des tribunes pour lui sauter dans les bras. 

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Retrouvez les costumes de Christian Lacroix à :

La Comédie-Française jusqu’au 30 mai pour Roméo et Juliette.
L’Opéra royal de Versailles du 3 au 5 juin pour Le Bourgeois Gentilhomme.
Et pour la saison 2016-2017 : Songe d’une nuit d’été, à l’Opéra de Paris. Pelléas et Mélisande au Théâtre des Champs-Elysées et l’Hôtel du Libre-échange à la Comédie-Française.

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