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Etoile montante : Gabriel Decamps, le déclic Roland-Garros

Par Amandine Reymond   le   vendredi 06 mai 2016
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Parce qu’ils (et elles) sont jeunes et bourrés de talent ; parce que leur style de jeu, leur parcours ou tout simplement leurs affinités naturelles leur permettent de nourrir les plus grands espoirs sur terre battue en général, et à Roland-Garros en particulier ; Rolandgarros.com vous propose de suivre tout au long de l’année 20 étoiles montantes – 10 filles, 10 garçons – en lesquelles le tournoi croit tout particulièrement. A 16 ans, le Brésilien Gabriel Decamps entretient déjà une relation très particulière avec Roland-Garros. Lauréat du tournoi "Rendez-vous à Roland-Garros" en 2015, il y avait gagné une wild-card pour les Internationaux de France juniors, alors qu'il émargeait au-delà du 150e rang mondial. Une expérience dont il parle comme d’un "déclic" : aujourd’hui 30e mondial junior, c'est grâce à son seul classement qu'il reviendra à Roland-Garros dans 15 jours.

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Pourquoi lui ?

Contrairement à la plupart de nos "étoiles montantes", Gabriel Decamps ne présente pas le profil de ces jeunes aux performances suivies, commentées et disséquées depuis leur plus jeune âge, dont il semble très tôt évident aux spécialistes qu’ils deviendront des joueurs/joueuses de premier plan. Mais qui sait, il reste peut-être encore un peu de place au XXIe siècle pour les profils un brin moins précoces, comme put l’être en son temps un certain Gustavo Kuerten, passé sous le filtre des projecteurs chez les jeunes avant d’exploser avec fracas du côté de Roland-Garros à la vingtaine… D’un Brésilien à un autre, le parcours de Gabriel Decamps est, quoi qu’il advienne par la suite, d’ores et déjà étroitement lié à Roland-Garros, lui dont la courbe de résultats a explosé après sa découverte du tableau junior des Internationaux de France l’an dernier, alors qu’il avait remporté la wild-card délivrée dans le cadre de l’opération "Rendez-vous à Roland-Garros".

Classé à l’époque au-delà de la 150e place mondiale chez les juniors, il figure un an plus tard, à 16 ans, au 33e rang, et reviendra fouler les courts de Roland-Garros cette année par le seul biais de son classement. Lui qui n’avait à l’époque jamais disputé de compétition ITF hors Amérique du Sud, considère que sa découverte du plus haut niveau mondial à Paris l’an dernier a eu valeur"de déclic. J’ai beaucoup appris de mon match contre Taylor Fritz qui est maintenant 70e mondial ATP (il avait perdu 6/1 6/4, ndlr). C’était le meilleur joueur que j’avais jamais affronté. C’était très dur mais j’ai eu mes chances dans le deuxième set… Je me suis à la fois rendu compte que je n’étais pas si loin de ces joueurs-là en termes de niveau et en même temps j’ai réalisé tout le travail qu’il me restait à accomplir. Je dois apprendre à ne pas avoir peur, penser à m’amuser sur le court et aller plus vers l’avant. J’ai un jeu offensif mais je dois apprendre à conclure au filet plus souvent, c’est vraiment ce sur quoi je travaille depuis l’année dernière." Prolongeant les liens forts existant entre le Brésil et Roland-Garros, on attend avec impatience de jauger ses progrès depuis cette wild-card fondatrice.

Son profil

Né au Brésil d’un père français et d’une mère allemande, Gabriel Decamps est un véritable polyglotte. Comme un certain Novak Djokovic, Gabriel jongle aisément entre les différentes langues qu’il maîtrise (français, allemand, portugais mais aussi espagnol et anglais). Et il s’inspire aussi du Serbe sur le court : "J’aime beaucoup son jeu : on dirait qu’il n’a jamais peur de rien sur le terrain." Le jeune Brésilien est aussi fan de Rafael Nadal : "J’adore son attitude. Il lutte sur tous les points. Il se bat, même quand il perd, il ne lâche rien. Il a déjà tout gagné et il se bat toujours autant, c’est admirable." Mais son modèle sur le plan du jeu est un sud-américain : Juan Martin del Potro. Il faut dire qu’à 16 ans, Gabriel mesure déjà 1,93m et exploite parfaitement sa taille pour dicter le jeu derrière son service, "en puissance, un peu comme del Potro", explique-t-il en nuançant, modeste :"à mon niveau, bien sûr !" Un peu jeune pour avoir vibré au rythme des exploits de Gustavo Kuerten, Gabriel a évidemment vu des vidéos de ses succès Porte d’Auteuil et il se verrait bien l’imiter dans le stade qui l’a fait roi. "Ça serait génial de succéder à ‘Guga’ à Paris", rêve tout haut celui qui s’imaginerait bien aussi au sommet de la hiérarchie mondiale.

Ces rêves, Gabriel met tout en place pour les réaliser. La tête sur les épaules, il sait que le parcours sera long mais s’impose déjà une discipline de fer. Réveillé à 7h20 tous les matins pour aller s’entraîner jusqu’à 11h30 avant d’étudier pendant une heure, Gabriel s’astreint aussi à deux heures d’entraînement physique après la pause déjeuner avant de retourner sur le court pendant une heure puis de retrouver son coach mental avant une séance d’étirements. Comme un véritable professionnel, il ne laisse rien au hasard. Et s’il a arrêté d’aller à l’école à 14 ans, il n’en néglige pas pour autant les études et suit les cours en ligne d’un lycée américain. "Tous les soirs, après le dîner, j’étudie plusieurs heures. C’est assez difficile car le niveau d’anglais est élevé mais je progresse et j’ai quelques professeurs qui viennent m’aider. Et puis, c’est moi qui ai choisi cette vie. Je suis très motivé et avec la perspective de Roland-Garros, j’essaie de donner mon maximum tous les jours." Malgré ces journées bien chargées, Gabriel trouve quand même le temps pour passer un peu de temps avec ses amis avec qui il "aime bien jouer à FIFA ou aller voir des matches du São Paulo Futebol Clube".

Le Brésilien Cristiano Aguilar.

Son parcours

Entouré de passionnés de tennis, Gabriel n’a pas hésité longtemps au moment de choisir son sport de prédilection. "Mes grands-parents jouaient au tennis, mes parents et mes sœurs aussi. Moi j’ai commencé à l’âge de six ans à São Paulo, dans l’Académie de William Kyriakos qui est toujours mon entraîneur", raconte Gabriel. Complètement accro à ce sport, il enchaîne les entraînements et figure rapidement parmi les meilleurs de sa catégorie d’âge au Brésil. Ses premiers résultats internationaux surviennent dans l’année de ses 14 ans, en 2013, avec une première victoire en tournoi U14, aux Pays-Bas, une autre finale en Equateur et un accessit à la relevée BNP Paribas Cup à Paris (quart de finale, en ayant eu balle de dernier carré).

Il gagne son premier ITF, un Grade 4 au Guatemala, en 2014, avant l’accélération post-Roland-Garros 2015, riche de 3 titres ITF (un Grade 4, un Grade 3 et un Grade 1 en début d’année). Entretemps, il aura aussi pris une part prépondérante dans la qualification du Brésil pour la phase finale de la Coupe Davis junior, à l’automne 2015. A 16 ans, et s’il privilégie encore le circuit junior, l’heure de la découverte du monde pro et des Futures est à présent venue pour lui.

Ce qu’on peut attendre de lui cette saison

Bien sûr, Gabriel Decamps a fait de Roland-Garros l’un des principaux objectifs de sa saison. Et s’il a encore le temps de revenir y viser la victoire finale en junior (né au mois d’août, il peut, si son classement le lui permet, théoriquement disputer les éditions 2017 et 2018 du tournoi), ce serait déjà un nouveau jalon de posé s’il franchissait quelques tours, selon le tableau que le hasard lui désignera, cette année. Puis, l’été venu, il se tournera plus assidûment vers le circuit Futures en vue de marquer ses premiers points ATP. En s’inspirant, pourquoi pas, de Taylor Fritz.

Lire aussi : Rendez-vous à Roland-Garros 2016 : les Brésiliens sur les traces de Decamps

Cristiano Andujar se plie aux questions des journalistes.
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