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Etoile montante : Paula Badosa, le savoir-faire à l'espagnole

Par Guillaume Willecoq   le   lundi 14 mars 2016
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Parce qu’ils (et elles) sont jeunes et bourrés de talent ; parce que leur style de jeu, leur parcours ou tout simplement leurs affinités naturelles leur permettent de nourrir les plus grands espoirs sur terre battue en général, et à Roland-Garros en particulier ; Rolandgarros.com vous propose de suivre tout au long de l’année 20 étoiles montantes – 10 filles, 10 garçons – en lesquelles le tournoi croit tout particulièrement. Lauréate des Internationaux de France juniors en 2015, Paula Badosa Gibert est la dernière pépite en date d’un tennis espagnol habitué à truster le haut de l’affiche à Paris.

Pourquoi elle

D'abord parce que Paula Badosa Gibert est la championne junior en titre de Roland-Garros, et qu’en soi c’est déjà une excellente raison de croire en sa capacité à briller à l'étage supérieur. Ensuite parce qu’elle est espagnole, et qu’à ce titre on peut d’autant plus se fier à un véritable savoir-faire national en matière d’excellence sur terre battue. La petite Paula baigne dans cet univers rompu aux succès ocres depuis ses débuts (relativement tardifs) sur un court, à l’âge de 7 ans. D’abord à Valence avec Jose Francisco Altur (avec qui Igor Andreev notamment fit toute sa carrière) puis à Barcelone aujourd’hui avec Xavier Budo, l’adolescente a fréquenté le gratin de la formation à l’espagnole… et de ses champions. En Catalogne, elle partage ainsi son entraîneur avec Carla Suarez Navarro, et ne compte donc plus ses séances communes avec la 6e joueuse mondiale.

"S’entraîner au quotidien avec une joueuse du Top 10, ça n’a pas de prix, explique l’intéressée. J’apprends énormément au contact de Carla, à la fois dans le jeu, mais aussi dans les méthodes de travail et dans sa volonté de toujours chercher à s’améliorer. Elle est un modèle pour moi." Et Carla de son côté, toute 6e mondiale qu’elle soit, s’y retrouve :"C'est rafraîchissant de s’entraîner avec une jeune joueuse, pour qui tout cela est encore neuf, de l’ordre du rêve devenant réalité… Les jours où c’est un peu plus dur de se mettre au travail, Paula agit sur moi comme un rappel de la chance que nous avons de mener cette vie-là. Quant au travail en lui-même, du fait que nous avons des styles très différents, nous nous faisons progresser mutuellement. Avec son tennis agressif, puissant et à plat, Paula me permet de travailler face à la joueuse-type du tennis féminin actuel. Et moi, je la prépare à affronter des joueuses aux styles plus atypiques."

Car oui : espagnole, Paula Badosa n’en est pas moins extrêmement éloignée des références ultimes du tennis féminin dans le pays, Arantxa Sanchez et Conchita Martinez. Grande (1,83m l’année passée, à 17 ans), puissante au service et des deux côtés à l’échange, entreprenante vers l’avant, son style de jeu est terriblement actuel et n’est pas sans rappeler une autre jeune pousse ibérique, Garbine Muguruza. Suarez, Muguruza, et peut-être Badosa : avec l’émergence de ce potentiel trio d'enfer, c’est toute l’Espagne du tennis qui se prend à nouveau à lorgner sur les titres majeurs féminins, deux décennies après les multiples succès du tandem Arantxa – Conchita en Grands chelems et Fed Cup.

Son profil

Outre son succès parisien, si Paula Badosa a suscité l’engouement de l’autre côté des Pyrénées, c’est également parce qu'à peine un an après Garbine Muguruza, elle aussi a choisi de défendre les couleurs de l’Espagne alors qu’elle possédait une double nationalité – américaine dans son cas, la jeune fille étant née à New York, où ses parents travaillaient dans la mode. Mais si l’USTA a pris contact avec elle, Paula n’a pas hésité un instant :"Même si j’ai vécu à New York jusqu’à 7 ans, ma vie est ici, en Espagne. J’ai commencé à jouer au tennis en Espagne, et il n’y avait aucun doute dans mon esprit que c’est ce pays que je devais représenter si l’occasion se présentait."

Des Etats-Unis, elle a gardé"la double culture de deux pays très différents, l’Espagne et les Etats-Unis, Begur (sur la Costa brava, ndlr) et Manhattan. Cela m’a rendue très ouverte vers les autres, très sociable et curieuse." Ado de son âge, elle aime la musique, la danse et, question tennis, se revendique autant fan de Justine Hénin que de Rafael Nadal et... Gaël Monfils – "lui, j’adore ! Quand je peux aller le voir au bord du terrain, j’y vais !"

Côté caractère, elle se dit volontiers "bouillonnante. J’ai un fort caractère, je suis impulsive, ce qui peut me pénaliser sur le court. J’admire beaucoup le calme de Carla. Le caractère rejaillit sur le tennis pratiqué et j’ai besoin d’apprendre la sérénité pour gagner en constance dans mon tennis. Aujourd’hui, la régularité est quelque chose qui me coûte. Moi quand je tente d’être calme, j’ai l’esprit qui s’évade et qui repart se balader en Espagne ! Mais on travaille beaucoup là-dessus avec Xabi. J’imagine aussi que c’est une question d’âge."

Lucide, sa saison 2015 aboutie lui aura aussi valu d’apprendre à composer avec ces fortes attentes au pays : "Après ma victoire à Roland-Garros, tout le monde était comme ça devant moi : ‘ouaaah’, ‘bravo’, ‘super’, ‘tu vas tout casser’… D’un côté c’est flatteur de voir que les gens croient en moi. Cela donne confiance. Mais c’est aussi une pression supplémentaire. Les gens m’attendent à un certain niveau, tout de suite… Alors que ce n’est pas forcément tout tracé… du moins pas aussi vite qu’ils le voudraient." 

Son parcours

Elle fait ses débuts en compétitions internationales à la fin 2008, fêtant pour l’occasion ses 11 ans en atteignant les quarts puis les demies de deux tournois français réputés chez les U12 (Openbenjamins de Gradignan et Open des 10/12 du TC Boulogne-Billancourt). Elle arpente ensuite longuement la péninsule ibérique, à l'école formatrice de la terre battue, avant d’opérer la bascule vers le circuit professionnel dès l’âge de 15 ans, en 2013. Rapidement, elle bat une 265e mondiale (Laura Thorpe) alors qu’elle émarge encore au 843e rang.

La semaine de ses 16 ans, elle gagne son premier 10 000$ en Espagne. Vice-championne d’Europe en 2014 (en simple et en double), elle quitte définitivement les juniors par la grande porte en 2015, sur un triomphe à Roland-Garros, où elle ne perd pas un set du tournoi. Quelques semaines plus tard, elle remporte son premier "25 000$", toujours en France, à Denain. Enfin, 2015 la voit effectuer de convaincants premiers pas sur le circuit WTA : elle atteint le troisième tour à Miami, sort des qualifications à Madrid, et signe au total 4 succès à Top 100 au fil de la saison (Petra Cetkovska, Saisai Zheng, Ana Konjuh et Lauren Davis).

Ce qu’on peut attendre d’elle dès 2016

Blessée aux quadriceps en demi-finale du championnat d’Espagne à la fin 2015, elle n’a pas encore réellement débuté sa saison. De toute manière, la jeune fille ne se fixait pas d’objectifs précis de classement – plutôt de niveau : "2016 est ma première année pleine chez les pros, ce sera donc une année d’apprentissage, pour arriver à maturité. Bien sûr que je rêverais de terminer l’année dans le Top 100, mais l’objectif est avant tout de me créer les opportunités d’affronter le plus souvent possible les meilleures, afin de me jauger et de progresser."

La suivre sur Twitter : @paulabadosa15

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