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Etoile montante : Borna Coric, "baby Novak" deviendra grand

Par Guillaume Willecoq   le   mercredi 09 mars 2016
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Parce qu’ils (et elles) sont jeunes et bourrés de talent ; parce que leur style de jeu, leur parcours ou tout simplement leurs affinités naturelles leur permettent de nourrir les plus grands espoirs sur terre battue en général, et à Roland-Garros en particulier ; Rolandgarros.com vous propose de suivre tout au long de l’année 20 étoiles montantes – 10 filles, 10 garçons – en lesquelles le tournoi croit tout particulièrement. Héros du premier tour de Coupe Davis qui a vu la Croatie écarter les finalistes sortants belges sur terre battue à Liège, Borna Coric ouvre la série. Présentation d’un ambitieux qui marche dans les traces d'un certain Novak Djokovic.

Pourquoi lui

Parce que Novak Djokovic lui-même est frappé par l'évidence :"Il me fait penser à moi au même âge." A commencer par l'attitude : Borna Coric sait où il veut aller, et n’est pas du genre à se disperser en chemin. Extrêmement mature du haut de ses 19 ans, le garçon est un gros bosseur, aux objectifs de carrière bien définis. Or si le sérieux n’est pas assurance de succès, il facilite toutefois grandement l’ascension de l’aspirant champion. Coric – prononcez "Chorich" – ne s’en est jamais caché : il veut être n°1 mondial. D’ailleurs, "jouer au tennis pour intégrer le Top 20 n’a jamais été un but. C’est inutile de pratiquer un sport si ce n’est pas pour en être le n°1." Oui, Borna Coric croit en lui, au point d’asséner, en janvier 2015 :"Quand je suis à mon meilleur niveau, je joue comme Novak Djokovic. Quand je ne le suis pas, je joue plutôt comme Andy Murray." 

Pour le moins ambitieuse, l’affirmation n’en a pas moins le mérite d’illustrer de manière éloquente le jeu de Borna Coric : compact, solide des deux côtés, dans la tradition – très payante dans le tennis de ces dernières années – des métronomes de fond de court. Sans point fort dominant – il termine régulièrement ses matchs avec moins de points gagnants que ses adversaires – il n’a pas non plus de réel point faible, ni technique, ni tactique, ni physique. Service, coup droit, revers (s’il fallait vraiment faire ressortir une arme principale à sa panoplie, ce serait sans doute celle-là, la même que Novak Djokovic et Andy Murray, d'ailleurs), déplacement, sens du jeu et capacité à passer en un éclair de la défense à la contre-attaque : Borna Coric présente le parfait profil du tennisman du XXIe siècle.

Alors oui : la tête et les bras (et les jambes, chez ce joueur capable de faire sentir le poids des ans à Tommy Robredo au cinquième set à Roland-Garros !), tout est réuni pour faire de lui l’un des acteurs principaux de la scène tennis des prochaines années... ainsi que l’une de ses valeurs baromètres. Jusqu’à quelle hauteur montera-t-il ? Sera-t-il un Djokovic ? Un Murray ? Un Ferrer ? A lui d’écrire la suite…

Son profil

Comme tout Croate qui se respecte, Borna Coric se dit fan de Goran Ivanisevic, sans pour autant se retrouver outre mesure dans le style de jeu et/ou le grain de folie de son aîné. Loin du fulgurant attaquant ayant fait pleuvoir les aces sur la décennie 1990, ses références actuelles ont pour noms Rafael Nadal et Novak Djokovic. Mais son sport préféré est… la boxe, et son idole, Mike Tyson, quoiqu’il soit un peu jeune pour avoir assisté en direct aux exploits d’"Iron Mike" sur le ring, lui qui est né le 14 novembre 1996. Borna a cinq ans lorsqu’il s’essaie au tennis après avoir vu son père y jouer – avocat, ce dernier abandonnera son métier pour se consacrer à la carrière de son fils.

A 14 ans, Borna Coric quitte sa ville natale de Zagreb pour continuer sa progression et développer son projet professionnel. Mais au lieu de s'installer, comme tout le monde ou presque, sous le soleil d'Espagne ou de Floride, il opte pour une petite académie londonienne, la "Junior tennis coaching foundation", dont sa compatriote Donna Vekic et lui sont les seuls pensionnaires non-britanniques... ce qui ne les empêche pas d'en devenir rapidement les fers de lance. Parmi les entraîneurs de la structure figurent David Felgate, l'un des formateurs de Tim Henman, et Ryan Jones, fils d'un entraîneur reconnu en Grande-Bretagne.

"Il était évident que Borna était un talent brut, même s'il y avait beaucoup de travail à fournir sur le plan de la gestion des émotions, se rappelle Jones. Il s'énervait beaucoup, pouvait pleurer. Mais plus que tout, il était déterminé. A 16 ans, il savait déjà qu'il voulait être un joueur de tennis de classe mondiale, et que ça ne se ferait pas en claquant des doigts. S'occuper d'un jeune comme Borna, c'est un bonheur pour un formateur." Depuis la fin 2014, le Croate vole de ses propres ailes sur le circuit, d’abord auprès de son compatriote Zeljko Krajan (l'entraîneur avec lequel Dinara Safina est devenue n°1 mondiale), puis du Suédois Thomas Johansson, et dorénavant du Britannique Miles Maclagan (ex-Andy Murray).

Son parcours

Celui d’un jeune toujours en avance sur les temps de passage traditionnels. Il remporte son premier titre international Tennis Europe en 2007, à 10 ans, alors que le tournoi est ouvert aux 12 ans. L’année suivante, il récidive en gagnant un tournoi U14 à Moscou alors qu’il s’apprête à souffler sa 12e bougie. Finaliste aux Petits As de Tarbes en 2009, finaliste de l’Orange Bowl en 2010, il découvre les Grands chelems en 2012, à 15 ans, et fait ses premiers pas chez les pros en 2013. Coup de maître quasiment dès le coup d’essai : il va au bout à sa troisième tentative, un Future "10000$" sur terre battue en Grande-Bretagne, quelques semaines avant d’atteindre les demi-finales de Roland-Garros (photo ci-dessus). En fin de saison, encadrant quatre titres Futures supplémentaires, il remporte l’US Open junior au prix d’un parcours promis à prendre de plus en plus de relief au fil du temps : Tommy Paul, Quentin Halys, Alexander Zverev et Thanasi Kokkinakis. Il pointe n°1 mondial à la suite de ce titre.

L’ascension méthodique, sans accrocs ni à-coups, se poursuit en 2014 à l’échelon Challenger (un titre, deux demies), avant le coup d’éclat de la fin de saison : à Bâle, à quelques jours de fêter ses 18 ans, il se hisse en demi-finales grâce à des victoires sur Ernests Gulbis, Andrey Golubev et surtout Rafael Nadal (6/2 7/6) ! Le voilà mûr pour intégrer l’élite : 2015 le voit atteindre les demies à Dubaï – victoire sur Andy Murray à la clé – et à Nice, ainsi que le troisième tour de Roland-Garros. En Coupe Davis, il est le héros du barrage de Groupe Mondial qui voit la Croatie arracher son maintien sur la terre battue de Florianopolis, au Brésil, en inscrivant ses deux points de simple, avant de récidiver début 2016 en apportant le cinquième point décisif face à la Belgique.

Ce qu’on peut attendre de lui dès cette année

Déjà monté jusqu’au 33e rang mondial, crédité de sa première finale ATP World Tour à Chennai en janvier, il a largement les moyens de soulever son premier trophée en 2016 – à Umag, le seul tournoi disputé dans son pays natal, par exemple ? En Grand chelem, quiconque l’a vu lessiver Tommy Robredo au bout des cinq sets (et quatre heures de jeu) l’an passé à Roland-Garros sait que la deuxième semaine est largement dans ses cordes.

 

Le suivre sur Twitter : @borna_coric

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