En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des publicités ciblées adaptés à vos centres d’intérêts et/ou réaliser des statistiques de visites.

Pour en savoir plus et paramétrer les traceurs.

Questions pour une saison de terre battue : ces dames

Par la rédaction de Roland-Garros.com   le   mercredi 17 février 2016
A | A | A

Après ces messieurs, c’est au tour du circuit WTA de faire sa rentrée sur terre battue, avec le tournoi de Rio de Janeiro. Qu’attendre des 15 étapes qui composeront cette année encore la campagne ocre, avec pour point culminant Roland-Garros, fin mai-début juin ? Nos journalistes se mouillent…

Quelle contradictrice pour Serena Williams sur terre battue ?

Elle est, de loin, n°1 mondiale et s’avance de fait comme la grande favorite de la saison sur terre à venir. Mais qui pour prétendre inquiéter Serena Williams ?

Myrtille Rambion : Serena ? Sur terre comme ailleurs, la seule réellement capable de la faire trébucher, c’est encore et toujours elle-même…

Amandine Reymond : je vois bien Angelique Kerber surfer sur la confiance accumulée à l’Open d’Australie. Avec son physique et son jeu de gauchère, elle a tout pour briller sur terre. Victoria Azarenka également ne me semble plus très loin de son meilleur niveau. Mais la plus grande adversaire de Serena est encore et toujours… elle-même. Sans vouloir sous-estimer ses concurrentes, Serena, à son meilleur niveau, a encore de la marge sur toutes celles qui la suivent au classement.

Guillaume Willecoq : je crois fort en Garbine Muguruza. J'y crois depuis sa victoire sur Serena Williams, justement, il y a deux ans à Roland-Garros, et j'y crois encore plus depuis qu'elle collabore avec Sam Sumyk. Entraîneur toujours : je suis impatient de voir les résultats du tandem Simona Halep - Darren Cahill. Il faut que le "challenge Halep" soit excitant pour avoir poussé l'Australien à reprendre du service à temps plein sur le circuit, après dix ans passés à refuser les avances des plus grand(e)s.

Quelle(s) nouvelle(s) venue(s) pour perturber la hiérarchie ?

On ne les attend pas forcément, ou en tout cas pas tout de suite, ou pas dans les premiers rôles. Qui pour surprendre son monde dans les grands évènements ?

Myrtille Rambion : Belinda Bencic. La Suissesse a jusqu’ici laissé exploser son talent principalement sur surfaces rapides, mais il ne faudrait pas oublier qu’en 2013, elle avait remporté Roland-Garros juniors. Alors qu’elle fêtera ses 19 ans le 10 mars, elle a encore progressé ces derniers mois. Sa vision du jeu et sa capacité à varier font les délices de son mentor Martina Hingis, qui ne manque pas une étape de la formation de sa cadette. L’année 2016 sera "Beli", sur terre comme ailleurs.

Amandine Reymond : championne du monde juniors en 2010, Daria Gavrilova a déjà franchi un cap cette saison en atteignant les huitièmes de finale de l’Open d’Australie, une première pour elle en Grand chelem. Passée de la 231e à la 35e place mondiale en 2015, la néo-Australienne a déjà battu trois Tops 10 en dix mois et n’en finit plus de grimper au classement. A même pas 22 ans (elle les aura le 5 mars) aura à cœur de décrocher son premier titre sur le circuit WTA et pourquoi pas sur terre battue, une surface où elle avait atteint la finale de Roland-Garros juniors en 2009.

Guillaume Willecoq : Encore à son avantage en Fed Cup, compétition dans laquelle elle affiche à présent 9 victoires pour 3 défaites, Caroline Garcia a en perspective les demi-finales de la compétition en plein milieu de la saison de terre. Portée par ce contexte dont elle raffole, c’est toute sa saison de terre qui pourrait en profiter. Plus évident, je crois en la remontée aux avant-postes d’Eugénie Bouchard. Cette fille-là a trop de potentiel pour végéter bien longtemps au-delà du Top 30.

Et Maria dans tout ça ?

Dix de ses quatorze derniers titres WTA ont été décrochés sur terre, dont deux Roland-Garros (2012, 2014) : Maria Sharapova a su devenir une joueuse de terre battue. Qu’attendre d’elle sur ce qui est devenu sa meilleure surface ?

Myrtille Rambion : l’écart avec Serena Williams s’est encore un peu plus creusé à l’occasion de leur quart de finale à Melbourne. Depuis, Maria Sharapova n’en finit pas de soigner son avant-bras gauche. Mais cette blessure devrait paradoxalement lui permettre de revenir fraîche et dispose sur les terrains de tennis. Si elle respecte à la lettre le temps de convalescence et le protocole de soins adéquat – pour ça, on peut compter sur l’expérience et le professionnalisme de la Russe – "Masha" sera de retour encore plus forte, dans le corps et dans la tête. Et comme il y a bien longtemps maintenant que la terre n’est plus une surface qu’elle appréhende, Maria Sharapova y sera, une fois encore, l’une des plus sérieuses clientes à la victoire. Y compris et surtout à Roland-Garros où elle a soulevé le trophée pas plus tard qu’il y a deux ans.

Amandine Reymond : handicapée par les blessures ces derniers mois, Maria Sharapova lancera sa saison sur terre dès le premier rendez-vous européen au programme, Stuttgart, un tournoi où elle s’est déjà imposée à trois reprises. L’idéal pour retrouver des repères et des couleurs avant les grandes échéances de mai-juin. Cela fait quelques années maintenant que la diva russe signe ses meilleurs résultats de l'année sur terre battue, devenue sa surface la plus "sûre". Pas une année sans qu'elle s'arroge un (ou des) titre(s) à Stuttgart, Madrid, Rome... ou Roland-Garros. Pas de raison qu'elle change ses bonnes habitudes.

Guillaume Willecoq : Serena Williams est à Maria Sharapova ce que Novak Djokovic est devenu à Roger Federer : une équation insoluble. Pour ambitionner une troisième coupe Suzanne-Lenglen, la Russe devra espérer que quelqu’un d’autre la débarrasse de celle qu’elle n’a plus battu depuis 12 ans… Mais que ce cas de figure se produise et, avec son expérience et son caractère, on peut être sûr que Maria sera aux aguets pour sauter sur l'occasion, quand bien même devrait-elle en passer par une accumulation de victoires "à l'arrache". Comme en 2014, en fait, ni plus, ni moins.

Quelle Française aux avant-postes ?

Roland-Garros est l’échéance majeure de leur année. Quel Française pour animer la saison de terre en général, et le Grand chelem parisien en particulier ? 

Myrtille Rambion : Kristina Mladenovic ! Notre Kiki nationale a énormément travaillé le physique, et cela se ressent sur le court. Au niveau du bas du corps notamment, ce qui va lui ouvrir toutes sortes de perspectives sur terre battue où le déplacement et l’endurance sont, encore plus qu’ailleurs, l’une des clés. Si l’on ajoute à cela sa main, son amour pour la tactique et sa capacité à bien varier au service, tant en termes de vitesse, que de zones ou d’effets, une conclusion s’impose naturellement : Kristina Mladenovic a en mains une palette complète pour briller lors des grands événements sur terre battue.

Amandine Reymond : Alizé Cornet et son jeu très lifté qui convient parfaitement à la terre battue. C’est sur cette surface qu’elle a remporté 3 de ses 5 titres WTA. L’an dernier, alors qu’elle n’avait pas spécialement brillé lors de la tournée préparatoire à Roland-Garros, elle avait atteint les huitièmes de finale Porte d’Auteuil. En 2016, forte d’une préparation foncière plus poussée, elle pourrait profiter de la saison sur terre pour récupérer la place de n°1 française avant, éventuellement, de succéder à Marion Bartoli, dernière tricolore à avoir atteint le dernier carré à Roland-Garros (2011).

Guillaume Willecoq : Je vais faire ici un distinguo entre la saison de terre en général, et Roland-Garros en particulier. Sur l’intégralité de la campagne, comme je disais au-dessus, je vote Caroline Garcia. Mais sur le seul tournoi de Roland-Garros, avantage Kristina Mladenovic et son penchant pour les grosses "perfs" quand elle joue à Paris. Et maintenant qu’elle est tête de série dans les grands évènements, c’est en deuxième semaine que j’espère ce genre de coup d’éclat…

Na LI c. K. Mladenovic Temps forts 1T

Qui pour engranger le plus grand nombre de titres sur l’ensemble de la saison de terre ?

Une sprinteuse printanière ou une marathonienne dosant son effort entre février et juillet : quel profil pour la plus grande collectionneuse de trophées sur terre en 2016 ?

Myrtille Rambion : on va parler espagnol lors de cette saison sur terre battue : le revers à une main et la science du jeu sur ocre de Carla Suarez Navarro risquent d’en faire tourner en bourrique plus d’une.

Amandine Reymond : je tente Elina Svitolina. Conseillée par Justine Hénin, l’Ukrainienne, victorieuse à Marrakech l’an dernier et quart de finaliste à Roland-Garros, fera partie des joueuses à surveiller. Ou, par leur expérience et leur science de la terre battue, Sara Errani et Carla Suarez Navarro sur la surface qui leur convient le mieux.

Guillaume Willecoq : unanimité autour du nom de Carla Suarez Navarro. Science de la terre battue + assiduité aux tournois sur cette surface, elle répond au "portrait-robot type". Une inclinaison aussi pour Svetlana Kuznetsova, une joueuse irrégulière mais un régal à voir évoluer sur terre quand elle est en forme. 

E. Bouchard c. C. Suarez Navarro Tps forts 1/4

Lire aussi : questions pour une saison de terre battue - ces messieurs

Comments
Article suivant: RG16 : découvrez dès maintenant nos offres Premium
Articles Similaires