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Questions pour une saison de terre battue

Par la rédaction de Roland-Garros.com   le   mercredi 10 février 2016
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Comme l’an passé, Victor Estrella Burgos a ouvert la saison de terre battue masculine en s’imposant à Quito (la féminine suivra la semaine prochaine). Qu’attendre des 22 tournois qui composeront cette année encore la campagne ocre, avec pour point culminant Roland-Garros, fin mai-début juin ? Nos journalistes se mouillent…

Quel contradicteur pour Novak Djokovic ?


Il est, de loin, n°1 mondial et, sur terre aussi, fait figure d’épouvantail. Mais qui pour prétendre inquiéter Novak Djokovic ?

Myrtille Rambion : qui pour empêcher Novak Djokovic de tout gagner cette saison, franchement ? À moins que… Oui, à moins que Stan Wawrinka, avec son goût naturel pour la terre battue et sa puissance, ne vienne de nouveau jouer les trouble-fête ce printemps ? Ou Milos Raonic. Figurez-vous que le Canadien avoue préférer la terre battue à certaines surfaces rapides comme le gazon… Vu ses progrès en déplacement et sa science affinée du court croisé, ce n’est pas impossible de l’y voir s’y révéler. Il apparaît en tout cas comme l’un de ceux capables de proposer quelque chose de différent contre l’ogre ‘Nole’.

Amandine Reymond : Novak Djokovic fait-il parfois des cauchemars ? Si c’est le cas, Stan Wawrinka est peut-être celui qui hante le plus ses nuits. L’an dernier, c’est lui qui l’a privé du seul Grand chelem manquant à son palmarès. Cette fois encore, l’actuel tenant du titre de Roland-Garros représente sûrement la plus grande menace pour Djokovic, lui qui a battu à chaque fois le Serbe sur la route de ses deux titres en Grand chelem. Mais Rafael Nadal aussi peut inquiéter ‘Djoko’. S’il ne l’a plus battu depuis la finale de Roland-Garros 2014, le Majorquin retrouve toujours des couleurs sur sa surface préférée, où il mène encore 14-6 dans ses confrontations avec le numéro 1 mondial, et la perspective d’un dixième titre à Paris pourrait lui donner des ailes.

Guillaume Willecoq : difficile de faire dans l’originalité sur cette question. Pourquoi Stan Wawrinka et Rafael Nadal ? Parce que tous deux ont déjà gagné Roland-Garros (plus souvent qu’à son tour même dans le cas du second)… et que tous deux y ont déjà battu Novak Djokovic, qui plus est en finale. S’ils l’ont fait une fois, ils sont alors évidemment les mieux placés pour éventuellement réitérer l’exploit. Car sauf blessure ou séisme à la Robin Soderling, au stade de confiance et de maîtrise où il est arrivé, le doute ne peut s’insinuer chez Novak Djokovic que face à un joueur contre lequel il sait au plus profond de lui ne pas être totalement en sécurité…

 

Quel(s) nouveau(x) venu(s) pour perturber la hiérarchie ?


On ne les attend pas forcément, ou en tout cas pas tout de suite, ou pas dans les premiers rôles. Qui pour surprendre son monde dans les grands évènements ?

Myrtille Rambion : La relève du ‘Big Four’ semble encore un peu en retrait, mais Nick Kyrgios pourrait bien être celui qui montre le chemin. S’il parvient à muscler encore un peu son jeu et son mental, l’Australien peut voir haut et fort très vite. Sur terre y compris car il a intégré que le joueur moderne se doit d’être bon sur toutes les surfaces.

Amandine Reymond : Après avoir explosé au plus haut niveau en 2014, Roberto Bautista Agut a confirmé en 2015 en se stabilisant dans le Top 30. Après avoir débuté 2016 en trombe, avec des titres à Auckland (dur extérieur) et Sofia (dur indoor), on l’attend à présent sur terre battue, surface chérie des Espagnols où il a déjà connu une demi-finale de Masters 1000 (Madrid 2014). Complet et polyvalent, ce fan de Rafael Nadal et David Ferrer pourrait s’inspirer de ses aînés et franchir un nouveau palier.

Guillaume Willecoq : avec son tennis de ‘mini-Wawrinka’, tout en puissance et lourdeur de balle, Dominic Thiem possède les armes pour défier les meilleurs sur terre, surface sur laquelle il a d’ailleurs remporté ses premiers titres ATP en 2015. A 22 ans, le plus jeune pensionnaire du Top 20 doit maintenant confirmer ces promesses dans les grands rendez-vous. Même chose pour Jack Sock, rare spécimen d’Américain plutôt à l’aise sur ocre, et surtout Grigor Dimitrov, sommé de se reprendre après une saison 2015 décevante.

Et ‘Rafa’ dans tout ça ?


Au bout de 9 titres à Roland-Garros, le classement n’importe plus guère : le roi de la terre battue, c’est Rafael Nadal. Qu’attendre de lui sur sa surface favorite ?

Myrtille Rambion : la fin de saison dernière avait laissé entrevoir des progrès et le bout du tunnel. Mais depuis, l’Open d’Australie est passé par là. Et avec lui, le retour du doute. Oui mais après tout, l’essentiel n’est pas là pour le Manacori. L’objectif avec un grand ‘O’ reste cette dixième victoire à Roland-Garros, cette ‘decima’ qu’il appelle de tous ses vœux. Pour cela, en amont, Rafa va partir en quête de confiance sur terre, sa surface, celle dont le simple parfum sait le remonter à bloc. L’an passé, il y avait remporté deux titres. Il n’y a pas de raison de ne pas faire de même en 2016. Et après ? Après, avec un coup de pouce du tirage au sort, tout sera permis. Y compris de croire de nouveau à la victoire à Paris.

Amandine Reymond : en pleine reconstruction après une saison 2015 compliquée, Rafael Nadal avait montré des signes rassurants ces derniers mois, mais sa défaite au premier tour de l’Open d’Australie face à Fernando Verdasco a ravivé ses doutes. Pour retrouver des couleurs le plus vite possible, il a décidé d’ajouter le tournoi de Buenos Aires à son programme… sur terre, évidemment. Pas anodin : sur cette surface qui l’a fait roi, Nadal veut revenir au premier plan avec pour objectif principal un dixième titre à Roland-Garros. Mais pour lui, qui n’a plus gagné en Grand chelem depuis presque deux ans, les tournois précédant le rendez-vous parisien seront cruciaux pour accumuler cette confiance qui lui fait défaut.

Guillaume Willecoq : sa fin de saison 2015 avait laissé penser que Rafael Nadal pouvait redevenir le challenger n°1 de Novak Djokovic d’ici Roland-Garros. Et puis il y a eu cette sortie de route précoce à Melbourne. Non, Rafael Nadal n’est pas encore guéri. Oui, il lui manque encore ce petit quelque chose qui fait les grandes différences. Quand les points se mettent à compter double, quand l’enjeu des Grands chelems pèse de tout son poids, ‘Rafa’ n’est plus le redoutable prédateur que l’on a connu. Mais face au commun des mortels (autrement dit tout le monde sauf Djokovic) et sur terre encore plus qu’ailleurs, la clé est dans sa tête plus que dans la raquette adverse. Aucune raison qu’il ne la retrouve pas sur sa surface chérie. Après, de là à (re)prendre le dessus sur Djokovic… Les Masters 1000 préparatoires à Roland-Garros peuvent valoir cher : Novak n’aura pas intérêt à lui y concéder la moindre défaite s’il ne veut pas regonfler la jauge confiance du Majorquin à bloc avant ‘Roland’.

Quel Français aux avant-postes ?


Roland-Garros est l’échéance majeure de leur année. Quel Français pour animer la saison de terre en général, et le Grand chelem parisien en particulier ?

Myrtille Rambion : Richard Gasquet revient en force. Et en forme, malgré quelques soucis aux adducteurs, comme le montre son titre à Montpellier. Sur terre battue plus qu’ailleurs, le talent de ‘Richie’ n’a pas besoin de se forcer pour s’exprimer à plein. Quand son revers à une main gicle, quand son kick sort l’adversaire du court et quand ses amorties rendent le jeu difficile à lire pour son adversaire, le Biterrois est l’un des tout meilleurs au monde sur la surface. On se régale à l’avance de l’y voir jouer les premiers rôles.

Amandine Reymond : deux fois demi-finaliste à Roland-Garros (2013, 2015), Jo-Wilfried Tsonga porte la majorité des espoirs français avant chaque tournoi parisien. Cette année, il participe pour la première fois à la tournée sud-américaine. En ajoutant Buenos Aires et Rio de Janeiro à son programme, le n°1 français a non seulement l’occasion de prendre ses marques sur terre avant le premier tour de Coupe Davis face au Canada, mais il pourrait surtout en profiter pour remporter son premier titre sur terre et aborder la tournée européenne en pleine confiance.

Guillaume Willecoq : ça n’a rien de très rationnel et se prononcer en faveur de Jo-Wilfried Tsonga serait certainement plus raisonnable. Mais Gaël Monfils et rationalité n’ont jamais rimé, et mon choix ici est à cette image : risqué mais porté par la conviction que Gaël peut (doit ?) faire un ‘gros truc’ à Roland-Garros d’ici la fin de sa carrière.

Temps forts J-W. Tsonga - K. Nishikori / Quarts de finale

Qui pour engranger le plus grand nombre de titres sur l’ensemble de la saison de terre ?


Un sprinteur printanier ou un marathonien dosant son effort entre février et juillet : quel profil pour le plus grand collectionneur de trophées sur terre en 2016 ?

Myrtille Rambion : Rafael Nadal, pardi ! Puisque 2016 va marquer son retour au premier plan. Et la terre sera pour cela sa voie.

Amandine Reymond : Avec Buenos Aires et Rio de Janeiro à son programme en février, Rafael Nadal a l’occasion de prendre deux longueurs d’avance sur les autres gros bras avant la saison européenne, mais Novak Djokovic fait malgré tout figure de favori pour le titre de meilleur joueur de terre de la saison. Insatiable, le numéro 1 mondial a remporté 13 des 18 derniers tournois qu’il a disputés. Sur terre, son bilan est encore meilleur puisqu’il n’a concédé qu’une seule défaite en 2015 – la finale de Roland-Garros. Avant ça, il avait remporté Monte-Carlo et Rome, se permettant même de déclarer forfait à Madrid. Puisqu’il est a priori engagé sur les quatre grands rendez-vous de terre en 2016, il peut viser un 3 sur 4… si ce n’est le 4/4.

Guillaume Willecoq : En 2015, l’éparpillement des grands titres printaniers a permis à Dominic Thiem de finir l’année en étant le joueur le plus souvent titré sur terre (Nice, Umag et Gstaad), devant Djokovic, Murray et Nadal. J’imagine bien ce type de configuration se reproduire en 2016, et sourire à un spécialiste assidu autant à la tournée sud-américaine qu’à celle d’été post-Roland-Garros. Des noms ? Allez, Thiem pour remettre ça, ou un Thomaz Bellucci. A moins que ce frappadingue de Fabio Fognini...

Lire aussi : questions pour une saison de terre battue - ces dames

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