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Andy Murray, envers et contre tout

Par Amandine Reymond   le   vendredi 29 janvier 2016
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Oui, Andy Murray est en finale de l’Open d’Australie pour la cinquième fois de sa carrière. Oui, son statut de n°2 mondial faisait logiquement de lui le favori de sa partie de tableau. Mais cette issue « logique » quant à l’identité de l’ultime challenger du n°1 mondial Novak Djokovic masque un tournoi bien particulier pour l’Ecossais, où il aura dû surmonter autant d’obstacles sur le court qu’en-dehors. Alors non, cette finale à Melbourne n’est pas « une de plus » pour Andy Murray. Qu’elle qu’en soit l’issue dimanche, elle occupera forcément une place à part dans sa carrière.

Pour le récent vainqueur de la Coupe Davis, tout a commencé avant même de rallier l’Australie pour le premier Grand chelem de l’année, quand il lui a fallu laisser derrière lui sa femme Kim, enceinte et sur le point de donner naissance à leur premier enfant, l’accouchement étant prévu dans les mêmes eaux que la finale de Melbourne. Tout parent en conviendra, pas facile dans ces conditions de se résoudre à partir à l’autre bout du monde…

Le tournoi à peine commencé, c’est cette fois le père de Kim, Nigel Sears, qui a fait, bien malgré lui, une belle frayeur à son clan. Victime d’un malaise cardiaque en tribunes alors qu’il assistait au match de sa protégée Ana Ivanovic face à Madison Keys, le beau-père d’Andy Murray a dû être transporté vers l’hôpital le plus proche, au moment même où Andy se défaisait des griffes du Portugais Joao Sousa sur un court voisin. Très vite mis au courant par sa mère Judy à sa sortie du court, Andy Murray a alors immédiatement pris la direction de l’hôpital pour se rendre au chevet de son beau-père, et ce n’est qu’après avoir passé une bonne partie de son jour de repos auprès de ce dernier et constaté l’évolution favorable de son état de santé, que l’Ecossais a finalement décidé de poursuivre son tournoi.

Eprouvé nerveusement, Murray était visiblement à fleur de peau lors de son huitième de finale face à Bernard Tomic. Mais tout comme Pete Sampras en 1995, alors éprouvé par l’annonce de la maladie de son coach Tim Gullikson et en larmes sur le court, avait réussi à battre Jim Courier en cinq sets en quarts de finale de l’Open d’Australie, c’est en vrai professionnel que Murray a abordé la rencontre face au dernier Australien du tableau et maîtrisé ses émotions pour s’imposer en trois sets. « C’était dur, évidemment », avait sobrement commenté Murray à l’issue du match, précisant toutefois : « Si les nouvelles concernant sa santé n’avaient pas été rassurantes, je n’aurais pas joué. Mais je suis content qu’il puisse être rentré chez lui, auprès de sa famille. »

Djokovic pour ultime obstacle… sauf si bébé s’en mêle ?

Rassuré, Andy Murray est venu à bout de David Ferrer en quarts et c’est en champion focalisé sur son objectif qu’il a réagi en demi-finale après avoir été poussé dans ses retranchements par Milos Raonic. Saoulé de coups par le Canadien, mené deux sets à un et sur un fil au quatrième set, il est parvenu à faire abstraction de tout le contexte extérieur pour s’accrocher, et finir par faire plier physiquement son adversaire au cinquième set (4-6 7-5 6-7 6-4 6-2), après plus de quatre heures de jeu.

Au bout de tant de péripéties, cette cinquième finale à l’Open d’Australie d’Andy Murray prend évidemment une saveur toute particulière. Et au vu de l’identité de son ultime adversaire dimanche, il est dit que rien ne viendra lui faciliter la tâche cette année puisqu’il s’agira de Novak Djokovic, qui l’a déjà privé du titre à Melbourne sur la dernière marche en 2011, 2013 et 2015. Mais au bout d’une quinzaine à ce point mouvementée, on peut lui faire confiance pour se battre jusqu’au bout… à moins qu’il n’ait été rappelé auprès de sa femme entretemps. Car il l’a promis à plusieurs reprises : la naissance de son premier enfant passera avant tout, y compris une finale à l’Open d’Australie. Et oui, les champions sont des êtres humains (presque) comme les autres…

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