En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des publicités ciblées adaptés à vos centres d’intérêts et/ou réaliser des statistiques de visites.

Pour en savoir plus et paramétrer les traceurs.

Colossal Wawrinka !

Par Guillaume Willecoq   le   dimanche 07 juin 2015
A | A | A

"Stan Wawrinka est le joueur le plus excitant à suivre du moment." Mats Wilander ne croyait pas si dire en début de quinzaine. Le Suisse n'est pas numéro 1 mondial. Il n'a pas remporté les 7 derniers grands tournois (Grands chelems, Masters, Masters 1000) qu'il a disputés. Il n'a pas l'aura d'invincibilité d'un joueur qui n'aurait perdu que deux matchs depuis l'automne 2014. Non. Stan Wawrinka n'est pas Novak Djokovic. Mais Stan Wawrinka est le grain de sable dans la mécanique. Le poil à gratter du "Big Four". Capable de chiper l'Open d'Australie au nez et à la barbe de Novak Djokovic et Rafael Nadal. Et dorénavant capable de briser toutes les séries vertigineuses établies ces derniers mois par ledit Djokovic, ce dimanche 7 juin, sur le Central de Roland-Garros, en finale de l'unique Grand chelem se refusant encore et toujours au Serbe (4/6 6/4 6/3 6/4 en 3h12). Stan Wawrinka, lui, n'a joué "que" deux finales majeures dans sa carrière, à l'Open d'Australie 2014 et Roland-Garros 2015. Mais il est double champion du Grand chelem. Monsieur 100%, monsieur 100 000 volts.

On ne dira jamais assez à quel point Stan Wawrinka a su devenir un champion. Lui-même le martèle à longueur d'interiews : il n'était pas de ces génies précoces qui révolutionnent le jeu sur leur passage. Mais il a travaillé, opiniâtrement, encore et encore. Son tennis, et surtout son mental. Jusqu'à se montrer capable de réussir sur des balles de break, de set ou même de match ces fantastiques points gagnants qui se raréfiaient auparavant à mesure que l’enjeu s’élevait. Cette finale de Roland-Garros 2015, la première à Paris pour Wawrinka, sa deuxième au total, est encore une affaire de coups gagnants : 60. En quatre sets ! "Le petit bison", comme l'appelle Henri Leconte, a frappé. Et il a emporté Novak Djokovic, limité à deux fois moins de points gagnants (30).

Le numéro 1 mondial avait pourtant idéalement débuté sa finale. Précis, solide, compact, véritable homme-caoutchouc capable de frapper une balle profonde dans le plus complet déséquilibre, Djokovic avait semblé pousser Wawrinka au surrégime au premier set, empoché 6/4 à force de jeux de service aisément remportés, quand le Suisse était mis sous pression à chaque engagement. Mais le Serbe, en lice pour remporter le seul tournoi du Grand chelem manquant à son palmarès et ainsi rejoindre un cercle "sélect" composé de seulement 7 champions dans toute l'histoire du jeu, allant de Fred Perry à ses grands rivaux Roger Federer et Rafael Nadal, n'a pas tenu.

D'abord parce que la balle peut vous sembler lourde dans la raquette quand vous jouez ainsi pour l'Histoire du jeu, avec un grand "H". Ensuite parce que la balle l'est assurément - lourde - quand elle est réexpédiée par Stan Wawrinka. Capable d'accélérations foudroyantes en coup droit comme en revers, efficace au service, devenu excellent au filet, le Vaudois n'a en réalité plus vraiment de point faible. Alors quand il s'enflamme et que son compteur à points gagnants s’affole, même un Novak Djokovic n’est pas en mesure d’enrayer le phénomène : 6/4 Wawrinka, 6/3 Wawrinka... En route pour l’exploit.

Les temps forts de la finale

Temps forts S. Wawrinka - N. Djokovic / Finale

Wawrinka : "C'est le match de ma vie ! J'en tremble encore"

Mais le Serbe n'est pas le meilleur joueur de ces cinq dernières années pour rien. Au quatrième acte, il s’est accroché, tenace, breakant même d’entrée pour mener 3-0… sans pour autant pouvoir empêcher Wawrinka de revenir aussitôt (3-3). Devant l’ascendant du Suisse à l’échange, c’est au filet que Djokovic a tenté de trouver son salut. Tactique payante le temps d’un jeu… pas plus. Le break suivant a été synonyme de service pour le gain de la partie, et des Internationaux de France, pour Stan Wawrinka.

A ce moment si important de sa carrière, Wawrinka a encore démontré à quel point ses nerfs étaient devenus solides. Première balle de match : il croit à l'ace libérateur. "Out", en réalité. Djokovic gagne l'échange qui s'ensuit. 40A. Pas suffisant pour empêcher "Iron Stan" d'aller chercher sa deuxième balle de match. Et cette fois, c'est d'une imparable accélération de revers, lâchée pleine puissance le long de la ligne, tout en relâchement, que Wawrinka s'en va conquérir son premier Roland-Garros, son deuxième titre en Grand chelem. "C'est le match de ma vie ! J'en tremble encore", halète-t-il à l'adresse d'un public conquis par celui qui fut pourtant le bourreau des Français en finale de la dernière édition de la Coupe Davis.

En battant Rafael Nadal, son bourreau à six reprises en dix participations précédentes, en quarts de finale, Novak Djokovic s'était donné le droit à la victoire à Roland-Garros, après deux premières finales perdues face au maître des lieux, en 2012 et 2014. Si tant est que le mérite signifie quelque chose en sport, il méritait ce trophée, même, lui qui tourne autour depuis 2007. Et pourtant, il devra encore attendre. Ce dimanche, c'est bien Stan Wawrinka qui a été chercher son match. Depuis 1993 (Sergi Bruguera, déjà à Roland-Garros), un seul joueur a pu gagner un tournoi du Grand chelem en battant les n°1 et 2 mondiaux au passage. Il l'a fait deux fois, même, de Melbourne à Paris. Il s'appelle Stan Wawrinka.

Lire aussi : Pourquoi Wawrinka est-il si fort dans ce Roland-Garros ?

 

Comments
Article suivant: Et de deux pour Safavora et Mattek-Sands
Articles Similaires