
Terrassé !dimanche 31 mai 2009Par Guillaume Baraise | |
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| Il est 17h54, ce dimanche 31 mai à Roland-Garros, et l'instant est historique. Le temps s'est arrêté. Rafael Nadal est monté au filet, mais le passing plongeant en revers de Robin Soderling l'a surpris. Sa volée de coup droit, il le sait, va sortir dans le couloir. C'est fini. L'histoire s'écrit. Rafael Nadal a perdu à Roland-Garros… Incroyable. Ce qu'a réussi Robin Soderling est tout simplement incroyable. Personne, pas même le Suédois, pas même le coach du 25e mondial, Magnus Norman, n'aurait pu le prédire. Rafael Nadal semblait imbattable. Quadruple tenant du titre, 31 victoires en 31 matchs disputés sur la terre battue parisienne, seulement sept manches concédées, "Rafa" était plus que le maître des lieux. L'an passé, il avait écrasé le tournoi. Il semblait bien parti pour remettre ça. Et ce Suédois qu'il avait toujours battu en trois affrontements, avec qui il nourrissait un contentieux depuis un incident à Wimbledon il y a deux ans (lire), semblait être une victime annoncée de plus, résignée à faire de son mieux, à éviter la déculottée... Et puis, il y a eu le match. Petit à petit, un murmure parcourt les allées du stade. "Nadal a perdu le premier set !" En soi, c'est déjà un événement. 6/2 en 34 minutes pour Robin Soderling. Le Suédois, armé de son immense coup droit, a touché tellement de lignes que sa réussite semble devoir être éphémère. C'est son premier huitième de finale en Grand Chelem. On se dit que ça va tourner... Mais Nadal va être tout heureux d'arracher la deuxième manche au tie-break, alors que son adversaire est passé à deux points de mener deux sets à rien. La chemisette rose fushia du n°1 mondial n'a pas son éclat habituel. Tandis que le soleil disparait au-dessus du "central", "Rafa" recule de plus en plus face aux coups de boutoir du Suédois. La tête enfouie dans sa serviette à chaque changement de côté, Soderling, le mal aimé du circuit (lire son portrait), parvient à garder la tête froide et à catalyser son tempérament bouillant. Et surtout, il continue à jouer un match de folie. Refusant de reculer, l'élève de Magnus Normann campé sur sa ligne de fond de court, bombarde l'Espagnol, tantôt en coup droit, tantôt en revers. Mais surtout en coup droit. Au total, il en réussira 30 directement gagnants. Monstrueux. Parfois, c'est prodigieux. Soderling joue à la vitesse de la lumière. Parfois aussi, c'est l'incompréhension devant les fautes commises par le roi. Après avoir concédé la troisième manche 6/4, Nadal dilapide un break d'avance au début du quatrième set. Dans la tribune des joueurs, Toni Nadal, son oncle, et son agent, Carlos Costa, sont inquiets. Leurs visages se sont fermés. De toute évidence, quelque chose ne va pas chez le champion chéri… Au total, il commettra 54 fautes provoquées et 28 fautes directes... Que dire de ce revers "pourri", à 5-4 en sa faveur, 15-30 sur le service de Soderling. Jamais le vrai Nadal n'aurait envoyé ce revers bas du filet sur une occasion pareille. Alors, quand le Suédois obtient le droit de disputer un tie-break, le doute est permis. D'autant que, et ça a son importance, les 15 000 spectateurs du "Chatrier" encouragent davantage l'outsider que le champion. On peut s'en étonner, mais le public français est parfois si versatile… Nadal est dans les cordes. Saoulé de coups. Il perd ses trois premiers points de service. 6 points à 1 Soderling. La première balle est sauvée, d'un coup droit gagnant. En déséquilibre. Un miracle, presque. Mais la deuxième sera fatale. Nadal l'a compris, avant même l'annonce du juge de ligne… La poignée de main entre les deux hommes est fraîche. Soderling laisse éclater sa joie, lance sa raquette dans le public et quitte le court à toute vitesse. Sonné, Nadal sera heureusement acclamé par une grande partie des spectateurs. Mais on le sent énervé par l'attitude de certains. Et bien sûr, effondré par cette défaite… "C'est un rêve qui devient réalité, je n'arrive pas à y croire, dira Soderling, au bord des larmes dans le studio de Francetélévisions. Je n'arrêtais pas de me répéter 'c'est un match comme un autre, comme un autre, tu as joué des centaines de matchs sur le circuit, c'en est un autre de plus'. C'était la seule façon de ne pas paniquer." Désolé, Robin, non, ce n'était pas un match comme les autres. Pas du tout… | |
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