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Rafael Nadal, le roi des rois

Né le 3 juin 1986 à Manacor (Espagne)

Comme né pour gagner Roland-Garros, Rafael Nadal ne fait qu’un avec l'épreuve et sa surface, la terre battue, au point d'être allé jusqu’à y réussir l’impensable : redéfinir les normes d'excellence à Paris, en ce tournoi où les séries sont plus difficiles à établir qu'ailleurs.

En plus d'un siècle, un seul homme avait pu remporter plus de quatre titres à Roland-Garros : Björn Borg, monté jusqu'à six. Il n'aura fallu que huit participations à Rafael Nadal pour battre ce record que l'on pensait intouchable. Aujourd’hui à dix titres, l’Espagnol a explosé tous les records d'un grand coup droit lasso de gaucher - sa marque de fabrique.

Héritier d'une longue tradition et d'un savoir-faire espagnol sur la surface, "Rafa", neveu d'une légende du football espagnol, Miguel Angel Nadal, et protégé d'un premier Majorquin vainqueur de Roland-Garros, Carlos Moya, a fait plus fort encore que ses aînés : au fil de ses exploits, celui qui n'a connu qu'un seul entraîneur dans toute sa carrière, son oncle Toni, est devenu le fleuron de l'âge d'or du sport ibérique... et est parvenu à marquer Roland-Garros pour l’éternité.

Lire aussi : Roland-Garros : l'empreinte "Rafa"... et vice-versa ! 

Après des débuts différés (forfaits en 2003 suite à une blessure au coude et en 2004 en raison d'une fracture d’un os de la cheville gauche), le Majorquin impose sa loi dès sa première participation, en 2005, alors que ses premiers succès à Monte-Carlo et à Rome en ont déjà fait un phénomène. Déjà, il justifie la perception d'une révolution en cours en battant les Moya, Ferrero, Coria, Costa... ayant fait la loi sur ocre les saisons précédentes.

Deux jours après son 19e anniversaire, il domine l’Argentin Mariano Puerta en finale de "Roland", après une bataille sauvage de quatre sets, où l'Espagnol aura écarté une balle de périlleuse cinquième manche. Ses "Vamos" hurlés en bandant un biceps rendu plus impressionnant encore par le T-shirt sans manches, ses courses effrénées pour rallier la ligne de fond de court dès le toss effectué, ses défenses héroïques si souvent conclues par des passings de coup droit en bout de course spectaculaires, son geste de coup droit "en lasso", bras terminant au-dessus de la tête quand il génère son lift inouï, l'intensité mise dans chaque point comme s'il s'agissait du dernier... imposent une esthétique tout autant qu'une domination.

Top 5 : matchs de Rafael Nadal à Roland-Garros

Top 5 moments at Roland Garros Rafael Nadals matches

"Rafa" en rafale

Car oui, le mot n'est pas trop fort : quand Rafael Nadal soulève sa première coupe des Mousquetaires en 2005, il débute là une décennie de mainmise implacable sur le Grand chelem de la terre battue, n'y laissant que des miettes à ses adversaires.

Les références précédentes du tournoi ? Ecartées. Ses contemporains spécialistes de la surface ? Balayés. Même les géants de son temps, Roger Federer puis Novak Djokovic, vont buter à répétition sur l'obstacle Nadal et verront leur palmarès parisien réduit à la portion congrue par rapport aux festins réalisés ailleurs.

Entre 2005 et 2015, celui dont le surnom "Rafa" prend une dimension tellement évocatrice dans la langue de Roland Garros remporte ainsi 72 matchs sur ses 74 disputés, décrochant tous les records imaginables - nombre de titres, de titres consécutifs, de matchs gagnés d'affilée... - jusqu'à prétendre sans qu'il n'y ait plus guère de contestation possible au titre de plus grand joueur de l'histoire sur terre battue.

Lire aussi : Nadal : 30 ans et autant de records sur terre battue en général, et à Roland-Garros en particulier

Pas de "Big four" à Roland-Garros : un "Big one"

Titré de 2005 à 2008, un quadriennat lui permettant d'égaler celui réalisé par Björn Borg entre 1978 et 1981, il a encore les ressources pour s'attaquer une seconde fois à ce record de succès consécutifs à partir de 2010... et le battre en 2014, pour un quinquennat inédit dans l'histoire du tournoi. Au fil de cette décennie, deux joueurs seulement seront parvenus à la pousser à disputer un cinquième set : John Isner en 2011, et Novak Djokovic en 2013. Avant de trouver enfin la clé, en quarts de finale de l'édition 2015, ledit Djokovic aura été la victime préférée de "Rafa" à Roland-Garros, avec six défaites compilées entre 2006 et 2014.

Aîné de ce que l'on a appelé le "Big Four", avec aussi Andy Murray, Roger Federer aura lui aussi enduré de plein fouet les fastes années parisiennes de Rafael Nadal. C’est d'ailleurs sur le Central Philippe-Chatrier que les deux rivaux légendaires se sont le plus souvent affrontés, mais le recordman de victoires en tournois du Grand chelem n'a jamais trouvé la clé, Nadal remportant cinq fois sur cinq le "classico".

En finale en 2008, l’Espagnol inflige même au Suisse l’une des pires défaites de sa vie lors de l'édition où lui-même est peut-être au zénith de son tennis de terrien (6/1 6/3 6/0), devenant le troisième homme, après Ilie Nastase et Björn Borg, à triompher à Roland-Garros sans perdre un set (il rééditera la prouesse en 2010).

Lire aussi : Top 10 : matchs emblématiques de Rafael Nadal à Roland-Garros

Nadal, une décennie à Roland-Garros (I) :

Nadal, une décennie à Roland-Garros (1)

Le terrien ultime

Sur terre battue, cet immense travailleur pour qui rien ne parait jamais acquis, assimile et réunit toutes les qualités des plus grands champions de l’épreuve. Il est régulier comme Borg, possède la science du jeu d’un Lendl, la patience d’un Wilander, le bras gauche de Vilas, le lift d’un Bruguera, la puissance d’un Courier et le physique d’un Muster.

Clé de sa longévité unique pour un joueur catégorisé "terrien" : au fil des années, le champion a même su faire évoluer son jeu, progressant au service et au filet, pour devenir un champion total, capable de s’imposer aussi "chez les autres", comme l’ont prouvé ses victoires dans les trois autres majeurs.

Ses deux seules défaites à Roland-Garros ont évidemment eu un immense retentissement. Mais plus encore que celle enregistrée en 2015 face à Novak Djokovic, dans l'année de ses 30 ans, c'est bien celle survenue le 31 mai 2009 face à Robin Soderling qui a représenté un véritable tremblement de terre battue - expression pour une fois non galvaudée tant le choc a été grand - d'une part tant personne n'avait vu venir le grand frappeur suédois, d'autre part tant les deux séries de victoires encadrant cet accroc suffisent à illustrer à quel point "Rafa" apparaissait alors invulnérable sur "sa" surface.

Nadal, une décennie à Roland-Garros (II) :

Nadal, une décennie à Roland-Garros (2)

Rafael Nadal à Roland-Garros, c’est…

- 79 victoires pour 2 défaites. C'est le record de matchs gagnés en simple messieurs à Roland-Garros.

- 10 titres, soit le record en simple messieurs et dames confondus (2005, 2006, 2007, 2008, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2017). Il est invaincu en finale de Roland-Garros.

- 5 titres consécutifs entre 2010 et 2014, un record, pour une série tout aussi inédite de 39 matchs gagnés d'affilée (premier tour 2010 - quart de finale 2015).

- 13 participations à Roland-Garros avant l’édition 2018 (la première en 2005, année de son premier titre).

- 61 matchs joués sur le Central (le premier en 2005 contre Xavier Malisse), soit le record absolu des Internationaux de France.

Des victoires marquantes sur :

- Roger Federer (demi-finale 2005, finales 2006, 2007, 2008 et 2011)
- Novak Djokovic (quart de finale 2006, demi-finales 2007, 2008 et 2013, finales 2012 et 2014)
- Robin Soderling (premier tour 2006, finale 2010, quart de finale 2011)
- Andy Murray (demi-finales 2011 et 2014)
- Stan Wawrinka (quart de finale 2013, finale 2017).

Rafael Nadal remporte également une fois l’Open d’Australie (2009), deux fois Wimbledon (2008, 2010) et deux fois l’US Open (2010, 2013). Il est par ailleurs triple vainqueur de la coupe Davis (2004, 2009, 2011) et champion olympique en simple à Pékin (2008) et double à Rio de Janeiro (2016).

Nadal, une décennie à Roland-Garros (III) :

Nadal, une décennie à Roland-Garros (3)

Voir aussi : les 9 glorieuses de Rafael Nadal à Roland-Garros en images

 

Et ailleurs sur terre battue :

- 9 titres au Masters 1000 de Monte-Carlo (2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2016)
- 7 titres au Masters 1000 de Rome (2005, 2006, 2007, 2009, 2010, 2012, 2013)
- 3 titres au Masters 1000 de Madrid (2010, 2013, 2014)
- 1 titre au Masters 1000 de Hambourg (2008)
- 9 titres à l'ATP500 de Barcelone (2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2011, 2012, 2013, 2016)

Il co-détient le record de titres remportés sur terre battue (49, à égalité avec Guillermo Vilas) ainsi que le record de matchs remportés consécutivement sur la surface (81, entre 2005 et 2007).

Lire aussi : Le jour où Rafael Nadal s'est approprié le record de matchs gagnés consécutivement sur terre

 

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