En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des publicités ciblées adaptés à vos centres d’intérêts et/ou réaliser des statistiques de visites.

Pour en savoir plus et paramétrer les traceurs.

1999 : Andre et Steffi, unis pour la vie.

Le tournoi qui va changer la vie de ces champions d’exception que sont Andre Agassi et Steffi Graf. Après une éclipse qui l’a mené jusqu’au circuit Challenger fin 1997, l’Américain signe son grand retour à Paris et y remporte son quatrième titre du Grand chelem, devenant par la même occasion le 5e joueur a remporter au moins une fois chaque levée du Grand chelem (il a alors remporté Wimbledon 1992, US Open 1994 et Open d’Australie 1995). Sur la route de ce « career slam », Agassi manque plusieurs fois trébucher : au deuxième tour, le Français Arnaud Clément passe à deux points de l’éliminer. En huitièmes de finale, le tenant du titre Carlos Moya mène 6/4 4/1, avant que le Kid de Las Vegas n’inverse spectaculairement le cours du match (4/6 7/5 7/5 6/1). Et en finale, il se retrouve mené deux sets à rien par le revenant Andrei Medvedev, 100e mondial tout rond – le joueur le plus mal classé à jamais atteindre la finale des Internationaux de France – et auteur d’une quinzaine exemplaire durant laquelle il a battu Pete Sampras et Gustavo Kuerten. Mais il est dit que ce tournoi comportera jusqu'au bout une part d’irrationnel, et une nouvelle fois Andre Agassi retourne la situation et s’impose en cinq manches.
La veille, Steffi Graf a remporté son 6e Roland-Garros, son 22e titre en Grand chelem. Pour en arriver là, elle a battu sa grande rivale en carrière Monica Seles (6/7 6/3 6/4), et surtout la N°1 mondiale Martina Hingis en finale (4/6 7/5 6/2). L’ambiance sur le court Central est houleuse ce jour-là, et les contestations d’arbitrage de la Suissesse suscitent les sifflets du public. La jeune fille termine même la partie en larmes. Pour Steffi Graf, très souvent blessée les mois précédents, ce titre inespéré est aussi l’opportunité d’une sortie en fanfare : trois semaines plus tard, à l’issue d’une dernière finale à Wimbledon, elle met un terme à sa carrière. Son histoire avec Andre Agassi, en revanche, ne fait que commencer.

Steffi Graf (ALL) bat Martina Hingis (SUI) 4/6 7/5 6/2
Andre Agassi (USA) bat Andrei Medvedev (UKR) 1/6 2/6 6/4 6/3 6/4

 

1998 : L’Espagne au zénith, acte II.

Le tennis espagnol règne sur Roland-Garros. Dans le tableau masculin, Carlos Moya remporte son premier titre du Grand chelem aux dépens de son compatriote Alex Corretja en finale. Vainqueur à Monte-Carlo quelques semaines plus tôt, Moya semble jouer une finale avant l’heure au stade des quarts, contre le N°1 mondial Marcelo Rios. Vainqueur du Chilien en quatre sets décousus (6/1 2/6 6/2 6/4), le Majorquin ne laisse ensuite aucune chance à ses compatriotes Mantilla et Corretja. A quelques heures de l’ouverture de la Coupe du monde de football, organisée en France, c’est le Roi Pelé lui-même qui lui remet la Coupe des Mousquetaires, tandis que Corretja esquisse quelques jongles avec un ballon de foot. Le seul joueur non-espagnol présent dans le dernier carré est Cédric Pioline : le Français a remporté deux marathons en cinq sets contre Hicham Arazi et surtout Marat Safin, la révélation du tournoi. 116e mondial et issu des qualifications, le jeune Russe de 18 ans a tour à tour battu Andre Agassi et Gustavo Kuerten, à chaque fois en cinq manches. Un champion est né.
Championne, Arantxa Sanchez l’est déjà, et s’offre un troisième sacre à Paris. A elle seule, elle élimine quasiment toutes les vedettes du tennis américain : Monica Seles en finale (7/6 0/6 6/2), Lindsay Davenport en demies (6/3 7/6), ainsi que dès les huitièmes une star en devenir, la jeune Serena Williams, qui passe à quelques points de la rencontre (4/6 7/5 6/3). L’autre joueuse qui lui pose des problèmes dans ce tournoi est une Suissesse, mais ne s’appelle pas Martina Hingis : le public parisien vient de découvrir la gauchère Patty Schnyder. Avec ce troisième titre à Paris, Arantxa Sanchez rejoint Monica Seles au palmarès de l’épreuve.

Arantxa Sanchez (ESP) bat Monica Seles (USA) 7/6 0/0 6/2
Carlos Moya (ESP) bat Alex Corretja (ESP) 6/3 7/5 6/3

 

1997 : Grande Guga !

Il a déboulé sans crier gare, tout juste débarqué du circuit Challenger : Gustavo Kuerten, sa silhouette dégingandée, ses tenues bariolées et son tennis délié, cause en 1997 l’une des plus grandes surprises de l’histoire du tournoi parisien. 66e mondial, le Brésilien va conquérir les foules durant une quinzaine palpitante qui le voit tour à tour éliminer Thomas Muster, Andrei Medvedev, Evgueni Kafelnikov et, en finale, Sergi Bruguera. Son tennis chatoyant et son ample revers à une main sont aussi efficaces que réjouissants, et la foule se prend d’emblée d’affection pour ce joueur qui, en l’espace de quinze jours, vient de bouleverser la hiérarchie du tennis sur terre battue.
Dans un tableau masculin complètement fou, où seules deux têtes de série, Evgueni Kafelnikov (N°3) et Sergi Bruguera (N°16) arrivent jusqu’en quarts de finale, un autre joueur crée la sensation : issu des qualifications, Filip Dewulf se hisse jusqu’en demi-finales à la faveur notamment d’une victoire sur Alex Corretja, 7e mondial. Il réalise le meilleur parcours d’un qualifié en Grand chelem depuis John McEnroe à Wimbledon, en 1977.
Surprise aussi dans le tableau féminin : invaincue en 1997 (38 victoires depuis janvier, soit 6 titres), la N°1 mondiale Martina Hingis, 16 ans, trébuche en finale sur la Croate Iva Majoli, 19 ans. Quart de finaliste à Paris les deux années précédentes, son jeu assez parent de celui de Monica Seles fait des étincelles dans ce tournoi, et elle bat tour à tour Lindsay Davenport, 5e mondiale, Amanda Coetzer, 11e, avant de s’offrir en finale celle qui va effectuer un Petit chelem cette année-là.

Iva Majoli (CRO) bat Martina Hingis (SUI) 6/4 6/2
Gustavo Kuerten (BRA) bat Sergi Bruguera (ESP) 6/3 6/4 6/2

 

1996 : A tsar is born.

Evgueni Kafelnikov est le premier joueur russe à remporter un tournoi du Grand chelem. Demi-finaliste l’année précédente, « Kafel » survole ce tournoi, au point de ne perdre qu’un seul set en quinze jours, contre Richard Krajicek en quarts de finale. Cette quinzaine très sèche sur le plan météo permet aux attaquants de briller, à l’image de l’Allemand Michael Stich. Le vainqueur de Wimbledon 1991 réalise un match fabuleux en huitièmes de finale, pour éliminer le tenant du titre et grand favori à sa propre succession Thomas Muster (4/6 6/4 6/1 7/6). Net vainqueur également de Cédric Pioline et Marc Rosset, seul Kafelnikov parviendra à le stopper, en finale. C’est aussi durant ce tournoi 1996 que Pete Sampras dispute sa seule demi-finale à Roland-Garros. Pour y parvenir, le N°1 mondial surmonte un véritable parcours du combattant : cinq sets contre Sergi Bruguera au deuxième tour, cinq sets contre Todd Martin au troisième tour, et cinq sets contre Jim Courier en quarts de finale. En demies, Sampras n’a plus de jus pour défier Kafelnikov. Associé à Daniel Vacek, le Russe effectue d’ailleurs le doublé simple et double dans ce tournoi. Il est le premier joueur depuis Ken Rosewall, en 1968, à effectuer cette passe de deux.
Avec un total de 40 jeux disputés, la finale féminine opposant Steffi Graf à Arantxa Sanchez est la plus longue (en nombre de jeux) de l’histoire du simple dames à Roland-Garros : l’Allemande l’emporte 6/3 6/7 10/8. C’est son cinquième succès Porte d’Auteuil, le second consécutif. Et, comme en 1995, c’est encore Arantxa Sanchez qui hérite du plateau de finaliste. En quarts de finale, l’Espagnole est passée par un trou de souris face à l’étonnante Slovaque Karina Habsudova (6/2 6/7 10/8). L’autre sensation du tournoi, c’est le retour remarquée de Monica Seles, trois ans après son agression : lauréate de l’Open d’Australie en janvier, celle qui est maintenant naturalisée américaine se hisse jusqu’en quarts de finale, où elle s’incline contre Jana Novotna.

Steffi Graf (ALL) bat Arantxa Sanchez (ESP) 6/3 6/7 10/8
Evgueni Kafelnikov (RUS) bat Michael Stich (ALL) 7/6 7/5 7/6

 


1995 : C’était « Musterminator »

Ce Roland-Garros 1995 pouvait-il échapper à Thomas Muster ? A l’aube du tournoi parisien, l’énumération des succès de l’Autrichien sur terre battue impressionne : Mexico, Estoril, Barcelone, Monte-Carlo, Rome. En cinq tournois disputés sur la surface, Muster n’a pas perdu un match. A Paris, celui que l’on commence à surnommer « Musterminator » ne laisse que des miettes à la concurrence : un set au premier tour au Français Gérard Solvès, et surtout deux en quarts de finale à l’Espagnol Albert Costa, seul joueur à lui poser des problèmes dans ce tournoi (6/2 3/6 6/7 7/5 6/2). Il ne laisse ensuite que 8 jeux à Evgueni Kafelnikov en demies, puis 11 en finale à Michael Chang. Six ans après son inoubliable victoire à Paris, Chang signe là une nouvelle performance de choix en stoppant en demi-finales le double tenant du titre, Sergi Bruguera (6/4 7/6 7/6). L’Espagnol restait sur 19 matchs gagnés consécutivement Porte d’Auteuil.
En remportant son quatrième Roland-Garros, Steffi Graf rejoint Helen Wills au palmarès des championnes les plus titrées à Paris, à distance respectable de Chris Evert cependant (7 titres). Dans les derniers tours, elle élimine Anke Huber (11e mondiale), Gabriela Sabatini (8e), Conchita Martinez (4e) et, en finale, la tenante du titre Arantxa Sanchez (7/5 4/6 6/0). Ce match est aussi une passation de pouvoir puisque, en battant Sanchez en finale, Steffi Graf lui reprend du même coup la première place mondiale.

Steffi Graf bat Arantxa Sanchez 7/5 4/6 6/0
Thomas Muster bat Michael Chang 7/5 6/2 6/4

 

1994 : L’Espagne au zénith, acte I.

Sergi Bruguera et Arantxa Sanchez doublent la mise. Tenant du titre, Bruguera connaît un Roland-Garros sans véritable frayeur. Son grand lift fait toujours aussi mal, et personne ne peut lui contester sa suprématie sur terre battue. On attendait pourtant beaucoup du jeune Andrei Medvedev, énorme talent venu d’Ukraine, demi-finaliste à Paris en 1993 et vainqueur à Monte-Carlo et Hambourg en ce début d’année 1994. Mais celui qui a gagné l’épreuve junior de Roland-Garros trois ans plus tôt est nerveux et ne réalise pas un grand tournoi. Et bien qu’il ait sèchement battu Bruguera en finale à Monaco quelques semaines plus tôt, il est cette fois largement dominé par le Catalan en quarts de finale (6/3 6/2 7/5). C’est ensuite Jim Courier qui doit s’incliner une nouvelle fois face à son successeur au palmarès parisien (6/3 5/7 6/3 6/3). La finale est 100% espagnole puisque, dans l’autre partie de tableau, Alberto Berasategui a fait le ménage à l’aide de son coup droit dévastateur : Pioline, Kafelnikov, Ivanisevic et Larsson doivent tous s’incliner devant le Basque. Mais, en finale, Bruguera est simplement trop fort (6/3 7/5 2/6 6/1).
Trop forte, c’est aussi ce que peut se dire Mary Pierce devant Arantxa Sanchez. La jeune Française de 19 ans a pourtant réalisé un parcours de feu, ne perdant que 10 jeux sur la route de la finale ! Elle bat ainsi Lori McNeil 6/0 6/0, Amanda Coetzer 6/1 6/1 et même Steffi Graf, N°1 mondiale, 6/2 6/2. Mais l’évènement est trop grand, et Sanchez trop aguerrie à l’exercice des finales parisiennes. L’Espagnole l’emporte 6/4 6/4. Elle n’a pas perdu un set de tout le tournoi.

Arantxa Sanchez (ESP) bat Mary Pierce (FRA) 6/4 6/4
Sergi Bruguera (ESP) bat Alberto Berasategui (ESP) 6/3 7/5 2/6 6/1

 

1993 : Un seul être vous manque…

Et la série de matchs gagnés consécutivement à Paris par Jim Courier s’est arrêtée à 20… Le N°1 mondial, double tenant du titre, récent vainqueur en Australie, était pourtant le grandissime favori à sa propre succession. Mais en cette saison 1993 Jim Courier ne dégage pas la même impression d’invulnérabilité que l’année précédente. Dès le deuxième tour, il souffre ainsi devant son modeste compatriote Jeff Tarango, seulement battu 7/5 au quatrième. Il lâche ensuite un set à Thomas Muster, puis un autre à Goran Prpic, et encore un autre à Richard Krajicek. Le voilà en finale, mais en face Sergi Bruguera a vu sa cote remonter. Vainqueur à Monte-Carlo, il n’a concédé qu’un set, à Pete Sampras, sur le chemin de la finale. Il a aussi beaucoup fait parler de lui en battant le Français Thierry Champion sur un 6/0 6/0 6/0 sans appel. S’il gagne, il sera le premier Espagnol à remporter Roland-Garros depuis Andres Gimeno en 1972. Et c’est la passation de pouvoir : en cinq sets, Bruguera détrône Courier (6/4 2/6 6/2 3/6 6/3). Il peut en tomber à la renverse sur la terre battue du Central : quand il se relève, Courier est déjà là, souriant, pour lui tendre la main et le féliciter.
Mais l’évènement marquant de ce Roland-Garros, celui qui pèse sur l’ensemble de la quinzaine, c’est l’absence de la triple tenante du titre Monica Seles, poignardée deux semaines plus tôt par un déséquilibré, à Hambourg. Dans une ambiance étrange, c’est Steffi Graf qui remporte son troisième titre à Paris, en battant Mary Joe Fernandez en finale (4/6 6/2 6/4). En quarts de finale, l’Américaine avait sauvé cinq balles de match contre Gabriela Sabatini avant de gagner 10/8 au troisième set. Révélée à Paris en 1985, couronnée à l’US Open en 1990, Sabatini ne jouera jamais la moindre finale à Roland-Garros.

Steffi Graf (ALL) bat Mary Joe Fernandez (USA) 4/6 6/2 6/4
Sergi Bruguera (ESP) bat Jim Courier (USA) 6/4 2/6 6/2 3/6 6/3

 

1992 : Les N°1 tapent du poing.

Pour la première fois depuis la création du classement par ordinateur, les deux N°1 mondiaux s’imposent à Roland-Garros. Il s’agit de Jim Courier et Monica Seles, qui sont également les tenants du titre à Paris. Jamais Jim Courier n’a semblé aussi fort que cette année-là, laissé une telle impression de puissance sur son passage : il ne cède que 9 jeux à Thomas Muster, 6 à Alberto Mancini, 7 à Andre Agassi et, en finale, 8 à Petr Korda. Seul Goran Ivanisevic, en quarts, parvient à lui subtiliser un set. Pour les émotions fortes, il faut donc chercher dans l’autre partie du tableau, où Henri Leconte, encore tout auréolé de ses exploits à Lyon quelques mois plus tôt, en finale de la Coupe Davis, arrive jusqu’en demi-finales. Au troisième tour, il sort le N°5 mondial Michael Stich et, en quarts, remonte un retard de deux sets contre le Suédois Nicklas Kulti (6/7 3/6 6/3 6/3 6/3).
Monica Seles fait quant à elle encore plus fort que Jim Courier puisqu’elle devient la première joueuse à remporter trois fois consécutivement Roland-Garros depuis les années 1930. La finale qui l’oppose à Steffi Graf est l’une des plus belles de la décennie, la Yougoslave l’emportant 6/2 3/6 10/8. Et tandis que Seles fête son troisième titre en trois ans, Graf perd quant à elle sa troisième finale en quatre ans. Monica Seles avait alors pris un net avantage dans leur rivalité.

Monica Seles (YUG) bat Steffi Graf (ALL) 6/2 3/6 10/8
Jim Courier (USA) bat Petr Korda (TCH) 7/5 6/2 6/1

 

1991 : « La Fayette, nous voilà ! »

La 90e édition du tournoi voit la première finale 100% américaine à Paris depuis 1954 : Jim Courier et Andre Agassi, camarades de chambrée à l’académie de Nick Bollettieri, en Floride, s’affrontent pour le titre parisien. Finaliste malheureux en 1990, Agassi part une nouvelle fois favori pour le titre… et doit une nouvelle fois se contenter du plateau de finaliste. Le match entre ces deux grands frappeurs en coup droit dure cinq sets, est interrompu un moment par la pluie, et au bout du suspense c’est le moins expérimenté des deux hommes qui ouvre son palmarès en Grand chelem (3/6 6/4 2/6 6/1 6/4). Ce tournoi voit aussi l’éclosion tardive d’un Allemand de 22 ans, dont on reparlera très vite du côté de Wimbledon : Michael Stich.
Monica Seles devient quant à elle la dixième joueuse à réussir le doublé à Paris. L’affiche de cette finale du simple dames réunit les deux dernières lauréates de l’épreuve, Seles et Arantxa Sanchez. En demi-finales, l’Espagnole avait sèchement battu Steffi Graf (6/0 6/2). Mais la Yougoslave, qui vient de monter sur le trône WTA, est nettement au-dessus des autres joueuses cette année-là et s’impose en deux petites manches en finale (6/3 6/4).

Monica Seles (YUG) bat Arantxa Sanchez (ESP) 6/3 6/4
Jim Courier (USA) bat Andre Agassi (USA) 3/6 6/4 2/6 6/1 6/4

 

1990 : Seles prend le pouvoir.

Prime à l’expérience dans le tournoi masculin. Andres Gomez, 30 ans, devient le premier Equatorien et seulement le deuxième Sud-Américain, après Guillermo Vilas, à remporter Roland-Garros. Dans un tournoi où Ivan Lendl lui a barré la route à quatre reprises (1981, 1984, 1986, 1987), Gomez profite de l’absence de sa bête noire pour se frayer un chemin dans le tableau : après avoir battu le N°9 mondial Thomas Muster en demi-finales, le gaucher de Guayaquil surprend le grand favori Andre Agassi en finale (6/3 2/6 6/4 6/4). Pour sa première finale en Grand chelem, le Kid de Las Vegas avouera plus tard avoir été trop sûr de lui ce jour-là. Quant à Gomez, ce titre est le couronnement d’une carrière bien remplie (21 titres professionnels). Pour la première fois dans un tournoi du Grand chelem, les têtes de série N°1 et 2, Stefan Edberg et Boris Becker, sont éliminées dès le premier tour, le premier jour.
Après 1989, le tournoi féminin voit une nouvelle fois l’affirmation de la jeunesse triomphante… et l’éclosion d’une nouvelle force de frappe du circuit WTA : Monica Seles a seulement 16 ans et devient la plus jeune lauréate de Roland-Garros. Avec ses puissantes frappes en cadence assénées à deux mains des deux côtés, la Yougoslave formée à l’académie de Nick Bollettieri révolutionne le tennis féminin, et sa demi-finale contre Jennifer Capriati, 14 ans – elle devient la plus jeune demi-finaliste de toute l’histoire du Grand chelem – sonne comme un changement d’ère. En finale, Seles bat la N°1 mondiale et déjà double gagnante du tournoi Steffi Graf (7/6 6/4).

Monica Seles (YUG) bat Steffi Graf (ALL) 7/6 6/4
Andres Gomez (ECU) bat Andre Agassi (USA) 6/3 2/6 6/4 6/4

 

1989 : « Aux âmes bien nées… »

Les temps changent à Roland-Garros. Ivan Lendl et Mats Wilander, qui se sont accaparé la grande majorité des titres parisiens depuis la retraite de Bjorn Borg, ne sont plus les maîtres du tournoi. Le Suédois disparaît en quarts de finale contre sa bête noire Andrei Chesnokov, le Tchèque sombre en huitièmes contre le jeune Américain Michael Chang, dans un match complètement fou. Rapidement mené deux sets à zéro, Chang égalise pourtant à deux sets partout. Dans la dernière manche, pris de crampes, il multiplie les prises de risques payantes, finissant de pousser à bout de nerfs son prestigieux adversaire : service à la cuillère à 4 jeux à 3, position de retour très avancée sur la balle de match… Les spectateurs sont hilares et, au bout de 4h30 de jeu, Chang l’emporte sur le N°1 mondial (4/6 4/6 6/3 6/3 6/3). Et l’aventure est encore loin d’être finie : après avoir battu Agenor et Chesnokov, le lutin américain défie Stefan Edberg en finale. Peu puissant, il déploie là encore des trésors de combativité et d’intelligence tactique pour déjouer tous les pronostics : à 17 ans et 3 mois, Michael Chang devient le plus jeune vainqueur des Internationaux de France. C’est la première victoire américaine dans le simple messieurs depuis Tony Trabert en 1955.
L’Espagnole Arantxa Sanchez Vicario bat elle aussi des records de précocité, et devient la plus jeune gagnante du simple dames, à 17 ans et 5 mois. Après avoir sèchement battu Jana Novotna et Mary Joe Fernandez, elle triomphe en finale de la double tenante du titre, Steffi Graf, lauréate des cinq derniers tournois du Grand chelem. La partie dure trois heures, et lance pour de bon une rivalité marquante des années 1990.

Arantxa Sanchez (ESP) bat Steffi Graf (ALL) 7/6 3/6 7/5
Michael Chang (USA) bat Stefan Edberg (SUE) 6/1 3/6 4/6 6/4 6/2

 

1988 : Steffi Graf était pressée.

« J’espère que vous avez compris mon jeu. » Le rêve d’Henri Leconte était beau : cinq ans après Yannick Noah, un Français était en finale des Internationaux de France. Parcours de choix pour le 14e mondial, qui bat notamment Boris Becker (N°6) en cinq sets en quarts de finale (6/7 6/3 6/1 5/7 6/4). Mais en face, Wilander est un habitué de la finale parisienne et, après des premiers jeux laborieux, le Suédois prend solidement l’ascendant sur la partie. Il s’impose sur un score net (7/5 6/2 6/1) et remporte son troisième titre à Roland-Garros, autant que les Français Maurice Germot et René Lacoste avant-guerre, et Ivan Lendl plus récemment. En demi-finales, Wilander avait eu besoin de toute son intelligence et sa science du jeu de terre battue pour venir à bout d’un trublion américain, crinière au vent et coup dévastateur : Andre Agassi (4/6 6/2 7/5 5/7 6/0). Le titre parisien semble promis dans un proche avenir à ce « Kid » du Nevada…
Une finale de Roland-Garros qui se déroule en 34 minutes : c’est un record, et c’est Steffi Graf qui le signe aux dépens de la malheureuse Natasha Zvereva, laminée 6/0 6/0. La Russe avait pourtant réalisé un tournoi brillant, sortant Martina Navratilova en huitièmes de finale (6/3 7/6). Mais en cette année 1988, l’Allemande est inarrêtable – elle va d’ailleurs réussir le Grand Chelem calendaire, à savoir remporter les quatre tournois majeurs la même année. Elle est la troisième joueuse à réussir cet exploit, après Maureen Connolly en 1953 et Margaret Court en 1970. Cerise sur ce gâteau copieux, elle s’adjugera aussi la médaille d’or aux Jeux Olympiques de Séoul. Pour son deuxième titre consécutif à Paris, Steffi Graf ne perd pas le moindre set durant la quinzaine. Mieux : en 7 matchs, elle ne concède que 20 jeux – dont 9 à Gabriela Sabatini en demi-finales, seule joueuse à l’accrocher quelque peu sur la route du titre ! Rétrospectivement, Graf dira regretter de ne pas avoir laissé Zvereva marquer au moins un jeu…

Steffi Graf (ALL) bat Natasha Zvereva (RUS) 6/0 6/0
Mats Wilander (SUE) bat Henri Leconte (FRA) 7/5 6/2 6/1

 

1987 : Steffi Graf, tout d’une grande.

Lendl – Wilander, acte 4 à Roland-Garros. Sur la route de son premier titre, en 1982, le Suédois l’avait emporté. Idem en finale en 1985. Entretemps, lancé vers son premier titre Majeur, Lendl avait gagné leur demi-finale de 1984. Comme la plupart du temps entre les deux hommes, cette finale est longue, disputée, éminemment tactique. Tout un jeu du chat et de la souris où le fin Wilander tente avant tout d’éviter la griffe de coup droit du puissant Lendl. Mais cette fois, c’est le Tchèque qui a le dernier mot. Le match des doubles vainqueurs (1982 et 1985 contre 1984 et 1986) tourne à l’avantage du Tchèque (7/5 6/2 3/6 7/6).
A 17 ans et 11 mois, l’Allemande Steffi Graf devient la plus jeune joueuse à remporter Roland-Garros. Son coup droit est une arme perforante comme le circuit féminin n’en avait jamais vu, et la jeune fille se pose clairement en rivale crédible pour Chris Evert et Martina Navratilova. Les deux championnes se sont d’ailleurs retrouvées une fois de plus, au stade des demi-finales, et c’est la Tchèque qui s’est imposée (6/26/2). Graf a quant à elle difficilement battu sa grande amie Gabriela Sabatini (6/4 4/6 7/5). Toujours invaincue en cette saison 1987 – six titres depuis janvier – Steffi Graf remporte le dimanche son premier titre en Grand chelem, à l’issue d’une finale épique (6/4 4/6 8/6). Le premier d’une longue série…

Steffi Graf (ALL) bat Martina Navratilova (USA) 6/4 4/6 8/6
Ivan Lendl (TCH) bat Mats Wilander (SUE) 7/5 6/2 3/6 7/6


Chang - Lendl, un match mythique à Roland-Garros...