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Finaliste malheureuse l'année précédente, Chris Evert battait Olga Morozova 6/1, 6/2 en 1974 et posait la première pierre de son royaume parisien.

1986 : Chris Evert, « The magnificent seven ».

Il est la sensation du tournoi : le Suédois Mikael Pernfors, bientôt 23 ans, est passé professionnel tout juste un an plus tôt. Et s’il a déjà battu Edberg ou Curren, personne ne l’attend dans ce Roland-Garros 1986. Et pourtant : au deuxième tour, il bat Stefan Edberg en cinq manches (6/7 7/5 6/3 2/6 6/4). Quelques tours plus tard, il fait subir le même sort à Boris Becker (2/6 6/4 6/2 6/0) puis, en demi-finale, au Français Henri Leconte (2/6 7/5 7/6 6/3) : Pernfors vient de battre trois joueurs classés parmi les 10 meilleurs mondiaux. Il est en finale de Roland-Garros, dès sa première participation. Il faut Ivan Lendl pour siffler la fin de la fête : N°1 mondial, le Tchécoslovaque ne plaisante pas dans ce tournoi. Le seul joueur a lui avoir pris un set, Andres Gomez, l’a ensuite payé cher (6/7 7/6 6/0 6/0). En demi-finales, disputée par temps frais, Lendl n’a même pas jugé utile d’ôter son survêtement pour expédier le Sud-Africain Johan Kriek (6/2 6/1 6/0). La finale est elle aussi à sens unique. Froidement, méthodiquement, Lendl remporte son second titre à Roland-Garros. Mikael Pernfors, quant à lui, ne remportera plus jamais aucun match à Paris...
Douze ans après son premier sacre, Chris Evert s’impose pour la septième fois à Paris. Elle dépasse ainsi la légendaire Suzanne Lenglen, 6 fois lauréate du tournoi entre 1920 et 1926. A 31 ans, ce septième – et dernier – titre à Roland-Garros est aussi l’un des plus accrochés. En huitièmes de finale, elle concède un set à la prometteuse Argentine Gabriela Sabatini (1/6 6/3 6/3). En quarts de finale, c’est la Canadienne Carling Bassett qui lui subtilise là encore le premier set (5/7 6/2 6/1). Enfin, en finale, elle doit encore remonter une manche de déficit face à Martina Navratilova (2/6 6/3 6/3). L’Histoire est au bout.

Chris Evert (USA) bat Martina Navratilova (TCH) 2/6 6/3 6/3
Ivan Lendl (TCH) bat Mikael Pernfors (SUE) 6/3 6/2 6/4

 

1985 : Le chef-d’œuvre d’Evert et Navratilova.

Trois ans après son premier succès, lors de l’édition 1982 qui l’avait révélé, Mats Wilander s’impose pour la seconde fois à Roland-Garros. 4e mondial quand débute le tournoi, le Suédois réussit l’exploit de battre en demi-finales de N°1, John McEncore (6/1 7/5 7/5) et en finale le N°2, par ailleurs tenant du titre, Ivan Lendl (3/6 6/4 6/2 6/2). Chose rare à Roland-Garros, les quatre meilleurs mondiaux étaient présents en demi-finales de l’épreuve, Jimmy Connors (N°3) complétant cette affiche de rêve, entre champions tous plusieurs fois vainqueurs en Grand chelem.
Affiche de rêve également dans le tableau féminin, où les N°1 et 2 mondiales Martina Navratilova et Chris Evert se retrouvent pour la troisième fois en finale à Paris, après 1975 (victoire d’Evert) et 1984 (victoire de Navratilova). Cette rencontre est peut-être la plus belle parmi leurs 80 ( !) confrontations. Le niveau de jeu est extrêmement élevé, l’intensité de tous les instants. Evert mène 6/3 4/2, balle de 5/2… avant de perdre le set au jeu décisif ! Dans la dernière manche, l’Américaine mène encore 3/1, puis 5/3, mais à chaque fois Navratilova s’accroche, se bat, recolle au score. Et au moment où tout le monde pense que la partie va basculer côté Tchèque, Evert trouve la force de créer le dernier break, définitif celui-là. On joue depuis 2h51 (6/3 6/7 7/5). Avec ce sixième titre à Paris, Chris Evert rejoint Suzanne Lenglen au palmarès du tournoi parisien. Elle reprend également la place de N°1 mondiale à Navratilova.

 

1984 : McEnroe se brûle les ailes.

82 victoires, 3 défaites. C’est le bilan 1984 de John McEnroe, auteur cette année-là d’une des plus éblouissantes saisons de l’ère Open. Mais sa défaite en finale de Roland-Garros est elle aussi l’une des plus légendaires de l’histoire du tournoi. En se hissant en finale à Paris, McEnroe, N°1 mondial, signe alors une série de 42 victoires consécutives cette saison. En demies, il n’a laissé aucune chance à son meilleur ennemi Jimmy Connors (7/5 6/1 6/2). Face à lui en finale, Ivan Lendl. Le Tchèque dispute là sa cinquième finale du Grand chelem… après avoir perdu les 4 premières. Deux sets durant, McEnroe est aérien. L’attaquant virevolte sur le court, réalise des merveilles au filet, et prend de court Lendl (6/3 6/2). Mais l’Américain fatigue. Pour la première fois de la quinzaine, le soleil est au rendez-vous et la chaleur est étouffante au dessus du Central. Petit à petit, le jeu de McEnroe s’érode, les fautes apparaissent, Lendl se fait pressant. Il gagne le troisième 6/4, puis le quatrième 7/5. La foule a pris fait et cause pour celui que Jimmy Connors surnomme encore ‘Chicken’. McEnroe est un peu moins rapide, donc un peu moins précis, tandis que Lendl, physique d’acier, prend la direction des opérations. Au cinquième set, alors que l’on joue depuis plus de 3h, McEnroe obtient encore balle de break à 3/3, 30/40. Il la rate d’un passing dans le filet. Lendl, lui, ne laisse pas passer sa chance : à 6/5, une volée de coup droit trop longue de McEnroe lui offre son premier titre en Grand chelem. Il ne s’agit pas d’une passation de pouvoir – pas encore, du moins, tant McEnroe dominera la suite de la saison – mais Lendl vient de s’affirmer comme un champion qui compte. Un de ceux qui restent dans les livres d’histoire. Quant à McEnroe, qui remportera dans la foulée Wimbledon et l’US Open, sa chance est passée à Paris.
Yannick Noah, lui, aime décidément beaucoup Roland-Garros. S’il n’a pu défendre victorieusement son titre acquis en 1983, s’inclinant face à Mats Wilander dans la revanche de la finale de l’année précédente (7/6 2/6 3/6 6/3 6/3), il remporte cette fois-ci le double messieurs, associé à Henri Leconte.
Si le tennis d’attaque n’a pas été récompensé dans la finale masculine, le tournoi féminin lui a en revanche souri, avec la seconde victoire à Paris de Martina Navratilova. La Tchèque boucle ainsi un Grand Chelem à cheval sur deux saisons, ayant remporté les tournois de Wimbledon, US Open et Open d’Australie précédents. En quarts de finale, la N°1 mondiale prend sa revanche sur l’Américaine Kathy Horvath, qui l’année précédente lui avait infligé à Paris sa seule défaite de l’année (6/4 6/2). En finale, elle domine sans peine la tenante du titre Chris Evert (6/3 6/1).

Martina Navratilova (TCH) bat Chris Evert (USA) 6/3 6/1
Ivan Lendl (TCH) bat John McEnroe (USA) 3/6 2/6 6/4 7/5 7/5

 

1983 : 50 millions de Noah.

Trente-sept ans après Marcel Bernard, le Français Yannick Noah remporte les Internationaux de France. Très attendu à Paris après ses victoires à Madrid et Hambourg, Noah réalise une quinzaine exceptionnelle. Agressif, se ruant au filet sur chaque balle, le Français assomme littéralement Ivan Lendl en quarts de finale (7/6 6/2 5/7 6/0). Evènement à Paris : en demi-finales, il affronte un autre Français, Christophe Roger-Vasselin, auteur de l’autre exploit de la quinzaine, à savoir une victoire sur Jimmy Connors, N°1 mondial, en quarts de finale (6/4 6/4 7/6). Le match est à sens unique, Noah lancé vers le titre (6/3 6/0 6/0). Survolté, il bat en finale le tenant du titre Mats Wilander en trois sets, porté par le public parisien (6/2 7/5 7/6). Sitôt gagnée la balle de match, il fond en larmes dans les bras de son père Zacharie. Noah sera le dernier vainqueur d’un tournoi du Grand chelem à jouer avec une raquette en bois.
Chris Evert remporte son cinquième titre à Roland-Garros, rejoignant ainsi Margaret Court au palmarès, dix ans tout juste après le dernier titre de la légende australienne à Paris. Elle perd deux sets sur son parcours, contre Helena Sukova en huitièmes (6/2 3/6 6/3) et Hana Mandlikova en quarts (4/6 6/3 6/2). En finale, elle bat la Yougoslave Mima Jausovec, lauréate de l’épreuve en 1977. Mais la sensation de l’épreuve est l’élimination de la N°1 mondiale Martina Navratilova en huitièmes de finale, battue par la surprise Kathleen Horvath, 17 ans. La jeune Américaine l’emporte 6/4 0/6 6/3 et sort ainsi la tenante du titre : ce sera la seule défaite de Navratilova en 1983.

Chris Evert (USA) bat Mima Jausovec (YUG) 6/1 6/2
Yannick Noah (FRA) bat Mats Wilander (SUE) 6/2 7/5 7/6

 

 

1982 : Un Suédois peut en cacher un autre.

Pour la première fois depuis longtemps, Bjorn Borg, vainqueur de 6 des 8 dernières éditions, n’est pas favori à Paris. Et pour cause : le Suédois vient de prendre sa retraite, à seulement 26 ans. Le principal prétendant à sa succession est sa dernière victime en finale, le Tchèque Ivan Lendl, qui avait tenu cinq sets contre « Iceborg » en 1981. Lendl traverse sans encombres la première semaine de Roland-Garros et, en huitième de finale, semble ne devoir faire qu’une bouchée du Suédois Mats Wilander, 17 ans et vainqueur du tournoi juniors l’année précédente. Seulement, trop sûr de lui, le Tchèque s’englue dans la toile tissée par Wilander, véritable marathonien des courts et maître tacticien. Si le coup droit du Suédois est largement perfectible, ses qualités de défense et son revers précis finissent par faire trébucher Lendl (4/6 7/5 3/6 6/4 6/2). Le public découvre un nouveau Suédois impassible, capable aussi de grands gestes de fair-play, comme en demi-finales face à l’Argentin Jose Luis Clerc, où sur une balle de match qu’il estime faute, il redonne le point à son adversaire. Cette sportivité compense aux yeux du public un tennis qui manque encore de fantaisie, la finale de ce tournoi 1982 étant un sommet en matière d’échanges interminables et de jeu de défense : au bout de 4h42 de jeu – finale la plus longue disputée aux Internationaux de France – Wilander prive Guillermo Vilas de sa dernière chance de victoire à Paris (1/6 7/6 6/0 6/4).
Premier titre aussi pour Martina Navratilova à Roland-Garros, mais la surprise est bien moindre que pour Wilander, qui n’avait même jamais remporté le moindre titre professionnel. Navratilova, elle, a déjà gagné trois titres du Grand chelem et a déjà occupé la première place mondiale. Elle bat la tenante du titre Hana Mandlikova en demi-finales (6/0 6/2), puis la jeune Andrea Jaeger, 17 ans tout juste, en finale (7/6 6/1).

Martina Navratilova (TCH) bat Andrea Jaeger (USA) 7/6 6/1
Mats Wilander (SUE) bat Guillermo Vilas (ARG) 1/6 7/6 6/0 6/4

 

1981 : Borg au sommet.

Et de 28 victoires consécutives pour Bjorn Borg à Roland-Garros. Le Suédois remporte son quatrième titre à Paris. Comme à son habitude, il n’a pas traîné sur le chemin de la finale : aucun set perdu, et la demi-finale contre Victor Pecci comme seul match un tant soit peu serré (6/4 6/4 7/5). En finale, le maître des lieux va pourtant vaciller, face au jeune Tchèque Ivan Lendl, si sec, si maigre, mais au coup droit si puissant. A 21 ans, Lendl a battu John McEnroe (6/4 6/4 7/5) et Jose Luis Clerc (3/6 6/4 4/6 7/6 6/2) pour atteindre sa première finale majeure. Il va y offrir la plus forte réplique jamais proposée à Borg en finale à Paris. Tenace, il ne lâchera jamais, mais ne peut empêcher le Suédois de remporter son 6e titre à Paris, dépassant ainsi le Mousquetaire Henri Cochet. Bjorn Borg n’en finit plus d’écrire l’histoire de Roland-Garros.
Le tournoi féminin célèbre quant à lui une nouvelle lauréate, la Tchèque Hana Mandlikova, joueuse bourrée de talent mais dont l’émotivité lui joue régulièrement de mauvais tours. En attendant, Mandlikova s’affirme comme l’une des rares joueuses capable de battre Chris Evert à Roland-Garros. Tout en opposition de styles, leur match des demi-finales est l’un des plus beaux de ce tournoi féminin, et la Tchèque élimine la N°1 mondiale en deux sets serrés, 7/5 6/4. En finale, elle ne laisse aucune chance à Sylvia Hanika (6/2 6/4). L’Allemande avait pourtant réalisé un excellent parcours en éliminant tour à tour les têtes de série N°2 et N°3, Martina Navratilova et Andrea Jaeger.

Hana Mandlikova (TCH) bat Sylvia Hanika (ALL) 6/2 6/4.
Bjorn Borg (SUE) bat Ivan Lendl (TCH) 6/1 4/6 6/2 3/6 6/1

 

1980 : Borg comme Cochet, Evert comme Wills- Moody.

Troisième victoire consécutive à Paris pour Bjorn Borg. Le Suédois est le premier joueur à gagner trois fois l’épreuve à la suite. Comme en 1978, Borg ne perd pas de set durant la quinzaine. Il ne perd même que 38 jeux en 7 matchs. Du coup, c’est l’Américain Vitas Gerulaitis qui se charge de faire vibrer le public parisien. Ce flamboyant attaquant, déjà finaliste à l’US Open quelques mois plus tôt, est pourtant proche de l’élimination dès le premier tour, contre le modeste Peter Elter. Il s’en sort en cinq sets (1/6 6/1 5/7 6/2 6/2), rallie les quarts de finale, où il joue encore un match marathon contre Wojtek Fibak. Vainqueur 6/3 5/7 6/4 3/6 6/3, on ne donne pas cher de ses chances en demi-finales face à son compatriote Jimmy Connors. Mais Gerulaitis trouve encore les ressources pour faire trébucher Connors, qui menait pourtant 13 victoires à 1 dans leurs faces-à-faces (6/1 3/6 6/7 6/2 6/4) ! Ereinté par son parcours, simplement inférieur à son grand ami Borg sur terre battue, Gerulaitis ne peut rien faire en finale, et s’incline sèchement 6/4 6/1 6/2. C’est le 5e titre « d’Iceborg » à Paris, autant qu’Henri Cochet avant-guerre.
Chris Evert en est elle à 4 victoires Porte d’Auteuil. Déjà vainqueur en 1974, 1975 et 1979, la tenante du titre lâche des sets à l’Allemande Bettina Bunge (4/6 6/4 6/3) et à la Tchèque Hana Mandlikova (6/7 6/2 6/2) en demi-finales. La finale oppose les deux dernières gagnantes de l’épreuve, puisque Evert retrouve Virginia Ruzici, lauréate en 1978. Evert l’emporte largement (6/0 6/3) et, avec ce 4e titre, rejoint la légendaire Helen Wills-Moody au palmarès de Roland-Garros.

Chris Evert (USA) bat Virginia Ruzici (ROU) 6/3 6/0
Bjorn Borg (SUE) bat Vitas Gerulaitis (USA) 6/4 6/1 6/2

 

1979 : La reine Chrissie retrouve son trône.

Après avoir écrasé la concurrence en 1978 – 32 jeux concédés, record dans l’histoire du tournoi – l’entrée en matière est un peu plus laborieuse pour Bjorn Borg, grand favori à sa propre succession, en 1979 : au premier tour, il concède un set à Tomas Smid (6/1 5/7 6/4 6/4), puis encore un au second à Tom Gullikson (6/3 7/6 5/7 6/4). Il hausse ensuite sensiblement son niveau de jeu, et maîtrise à chaque fois en trois sets Hans Gildemeister et Vitas Gerulaitis. Le voilà en finale. En face de lui, le surprenant Victor Pecci. Diamant à l’oreille et chevelure de jais, le Paraguayen a su conquérir les spectateurs au fil d’un parcours brillant qui l’a vu éliminer Corrado Barazzutti, Harold Solomon, Guillermo Vilas et Jimmy Connors. Le flamboyant Pecci impressionne tellement que l’on se demande s’il n’est pas capable de faire trébucher Borg… Ce ne sera pas le cas, malgré une rébellion certaine dans les troisièmes et quatrièmes set, ce qui suscitera les « hourras » d’un public frustré par la maestria suédoise. A 24 ans, c’est déjà la quatrième victoire de Bjorn Borg à Roland-Garros.
Après quatre ans d’absence, Chris Evert fait son grand retour à Paris. Lauréate en 1974 et 1975, l’Américaine s’apprête à signer une troisième victoire à Roland-Garros. Malgré un set lâché au troisième tour, Evert domine ce tournoi de la tête et des épaules, au point de ne perdre que 10 jeux lors des trois derniers matchs. En finale, elle expédie Wendy Turnbull 6/2 6/0.
En double, Françoise Dürr dispute quant à elle la dernière finale de Grand chelem de sa riche carrière. A 36 ans, associée à Virginia Wade, elle s’incline contre Wendy Turnbull et Betty Stöve (3/6 7/5 6/0). Durant sa riche carrière, Françoise Dürr aura triomphé 9 fois à Roland-Garros (1 titre en simple, 5 en double, 3 en double mixte).

Chris Evert (USA) bat Wendy Turnbull (AUS) 6/2 6/0
Bjorn Borg (SUE) bat Victor Pecci (PAR) 6/3 6/1 6/7 6/4

 

En 1974, Björn Borg battait Manuel Orantès 2-6, 6-7, 6-0, 6-1, 6-1 et remportait son premier Roland-Garros.

 

1978 : Borg, l’extraterrestre.

32 jeux perdus. C’est un record dans l’histoire des Internationaux de France, et il atteste de ce que Bjorn Borg a pulvérisé la concurrence dans ce tournoi 1978 : seul l’énorme serveur Roscoe Tanner, en huitièmes de finale, n’a pas été ridiculisé (6/2 6/4 7/6). Pour les autres, la note est sévère, à l’image du tenant du titre Guillermo Vilas. Lui qui voulait prouver qu’il ne devait pas son titre 1977 à l’absence de Borg ne peut que constater, comme tous les autres, l’ampleur du fossé qui le sépare du Suédois : 6/1 6/1 6/3, tel est le score de la finale. L’élève de Lennart Bergelin remporte son troisième titre à Roland-Garros.
« Nastase au féminin ». C’est le surnom de Virginia Ruzici, compatriote de l’illustre Ilie Nastase et qui, comme le génial Roumain en 1973, inscrit son nom au palmarès des Internationaux de France. Tête de série N°2, elle joue son match le plus difficile de la quinzaine en quarts de finale, contre l’Uruguayenne Fiorella Bonicelli, passant à quelques points de l’élimination (6/7 6/4 8/6). Elle bat ensuite la Française Brigitte Simon-Glinel (6/3 6/0), et enfin la tenante du titre Mima Jausovec, largement dominée en finale (6/2 6/2).

Virginia Ruzici (ROU) bat Mima Jausovec (YUG) 6/2 6/2
Bjorn Borg (SUE) bat Guillermo Vilas (ARG) 6/1 6/1 6/3

 

1977 : Vilas, enfin !

1977 est la grande année de Guillermo Vilas. Au zénith de sa carrière, l’Argentin y remportera pas moins de 16 tournois, dont deux du Grand chelem, Roland-Garros et l’US Open. A Paris, où Bjorn Borg et Jimmy Connors ne sont pas présents, il réalise un festival digne des meilleurs crus du Suédois, ses grands coups liftés usant littéralement la concurrence : 6/1 6/2 6/1 contre Stan Smith, 6/4 6/0 6/4 contre Fibak, 6/2 6/0 6/3 contre Ramirez, et enfin 6/0 6/3 6/0 contre Brian Gottfried en finale ! C’est la finale la plus courte jamais disputée à Roland-Garros. Vilas est le premier Sud-Américain à inscrire son nom au palmarès du tournoi.
Tête de série N°1, la Yougoslave Mima Jausovec fait respecter ce statut au fil de la quinzaine. A 20 ans, la jeune fille, déjà demi-finaliste de l’US Open précédent, passe un cap à Paris. En finale, elle affronte la Roumaine Florenta Mihai, 21 ans et demi-finaliste à Paris en 1976, et s’impose 6/2 6/7 6/1. Chez les juniors, un certain John McEnroe remporte le titre parisien. Il gagne également le double mixte, associé à sa petite amie Mary Carillo.

Mima Jausovec (YUG) bat Florenta Mihai (ROU) 6/2 6/7 6/1
Guillermo Vilas (ARG) bat Brian Gottfried (USA) 6/0 6/3 6/0

 

1976 : Panatta sans filet.

Dire qu’il a failli disparaître au premier tour… Pour son entrée en lice dans ces Internationaux de France, l’Italien Adriano Panatta est au bord de l’élimination face au très modeste Pavel Hutka. Dans le cinquième set, l’Italien se retrouve même avec une balle de match contre lui… qu’il sauve d’un spectaculaire plongeon au filet ! Panatta vient de passer par un trou de souris (2/6 6/2 6/2 0/6 12/10). Il peut maintenant s’attaquer à ce qui, rétrospectivement, sera l’un des plus grands exploits de la décennie : battre Bjorn Borg à Roland-Garros. Il l’avait déjà fait, en 1973, alors que le Suédois débutait tout juste sur le circuit professionnel. Cette fois, il remet ça face à celui qui est maintenant double tenant du titre à Paris. Très complet, solide du fond de court mais plutôt porté vers le filet, le play-boy italien perce la muraille suédoise en quatre sets (6/3 6/3 2/6 7/6). Panatta sera le seul joueur à battre Borg à Roland-Garros. Quelques jours plus tard, l’un des joueurs les plus élégants de sa génération bat Harold Solomon – lui-même tombeur de Guillermo Vilas en quarts – et remporte son premier titre du Grand chelem.
Double tenante du titre, Chris Evert ne remet pas son titre en jeu cette année. Dans un tournoi assez ouvert, l’Anglaise Sue Barker profite de l’occasion et remporte son seul titre du Grand chelem. Son parcours est pourtant ardu, la jeune fille abandonnant des sets en huitièmes, quarts, demies et finale ! La Tchèque Regina Marsikova, en quarts de finale, est notamment toute proche de la sortir du tournoi (4/6 6/2 8/6). En finale, elle bat une autre Tchèque, Renata Tomanova, à l’issue d’un match aussi nerveux que décousu (6/2 0/6 6/2). Un titre pour la France dans ce Roland-Garros 1976 : Gail Shériff, associée à Fiorella Bonicelli, remporte l’épreuve du double dames.

Sue Barker (GB) bat Renata Tomanova (TCH) 6/2 0/6 6/2
Adriano Panatta (ITA) bat Harold Solomon (USA) 6/1 6/4 4/6 7/6

 

1975 : Borg – Evert, la passe de deux.

S’il a étonné son monde en 1974, la deuxième victoire de Bjorn Borg à Roland-Garros est tout sauf une surprise. Il n’abandonne ainsi pas le moindre set à des clients aussi solides que Stan Smith (12e mondial) ou Harold Solomon (15e mondial). En finale, il affronte l’Argentin Guillermo Vilas, dans un match qui va devenir un classique des années 1970. Et comme – presque – toujours entre ces deux-là, c’est finalement Borg qui va avoir le dernier mot (6/2 6/3 6/4). Bjorn Borg est le sixième joueur à réussir le doublé consécutif à Paris, après Frank Parker (1948-49), Jaroslav Drobny (1951-52), Tony Trabert (1954-55), Nicola Pietrangeli (1959-60) et Jan Kodes (1970-71).
Comme Bjorn Borg, Chris Evert signe sa seconde victoire consécutive à Roland-Garros. A l’issue d’un parcours sans histoires, elle retrouve en finale une joueuse qui monte, Martina Navratilova. Evert l’emporte en trois sets (2/6 6/2 6/1), tandis que les deux jeunes filles remportent ensemble le trophée en double dames.

 

1974 : Changement d’ère.

1974, année fondatrice du tennis moderne. Jimmy Connors, Chris Evert et Bjorn Borg font violemment irruption au sommet du tennis mondial, et achèvent de tourner la page de l’ère pré-Open, malgré les poches de résistance incarnées par Arthur Ashe ou John Newcombe. Roland-Garros ne fait pas exception à la règle. Car si Jimmy Connors n’est pas présent Porte d’Auteuil, le jeune Bjorn Borg débute l’un des règnes les plus impitoyables vus à Roland-Garros. A 18 ans, l’élève de Lennart Bergelin passe deux tours en cinq sets (Erik Van Dillen et Raul Ramirez) pour atteindre la finale dès sa seconde participation. Il y affronte l’Espagnol Manuel Orantès, vainqueur en demi-finales de François Jauffret (6/2 6/4 6/4). Plus renommé, plus expérimenté, Orantès remporte les deux premières manches, 6/2 et 7/6. Mais Borg a d’ores et déjà commencé son travail de sape. Son tennis, basé sur un lift ravageur, une défense inébranlable et une précision infaillible au passing-shot, fait de lui une muraille impossible à abattre. Petit à petit, Orantès s’y use. La fin du match est à sens unique : 2/6 6/7 6/0 6/1 6/1, Borg devient le plus jeune vainqueur de Roland-Garros.
Finaliste en 1973, Chris Evert pose aussi la première pierre de son royaume parisien. Son jeu de fond de court, sa concentration sans faille, son revers à deux mains aussi, en font le pendant féminin parfait de Borg. A 19 ans, elle remporte le tournoi sans perdre le moindre set. En finale, la Soviétique Olga Morozova est comme les autres réduite à l’impuissance (6/1 6/2). Dans ce même tableau, une autre nouvelle tête, Martina Navratilova, pointe déjà en quarts de finale. Les temps changent…

Chris Evert (USA) bat Olga Morozova (URSS) 6/1 6/2
Bjorn Borg (SUE) bat Manuel Orantès (ESP) 2/6 6/7 6/0 6/1 6/1

 

Chris Evert en 1979

 

L’avant-guerre

Les championnats du monde sur terre battue ont été créés en 1891. Ils sont devenus Internationaux de France en 1925 et se jouent depuis 1928 au stade Roland-Garros, du nom d’un pionnier de l’aviation licencié au Stade français. Si Max Decugis les remporte à huit reprises entre 1903 et 1914, la renommée mondiale du tournoi survient à l’époque du duel opposant, aux Internationaux de France mais aussi en finale de Coupe Davis, les Mousquetaires français – Henri Cochet, René Lacoste, Jean Borotra et Jacques Brugnon – à la vedette américaine William « Bill » Tilden. Avec aussi les innombrables victoires de « la Divine » Suzanne Lenglen, les années 1920 marquent l’âge d’or du tennis tricolore : Lenglen gagne 6 fois à Paris, Cochet 5, Lacoste 3, Borotra 2.
Mais dès les années 1930, les Américains parviennent à dompter la terre battue : Helen Wills-Moody (4 titres), Donald Budge et William McNeil lancent la suprématie nord-américaine sur le tennis. Avec les titres d’Hilde Sperling (1935, 1936, 1937), Gottfried Von Cramm (1934, 1936) et Henner Henkel (1937), l’Allemagne est elle aussi au sommet, 50 ans avant l’avènement de Boris Becker et Steffi Graf. Au moment où éclate la Seconde Guerre mondiale, les champions en titre de Roland-Garros sont William McNeil et la Française Simonne Mathieu.

 

L’ère pré-Open

Les Internationaux de France ne reprennent qu’en 1946. Peu de champions d’avant-guerre sont encore compétitifs pour jouer le titre dans les différents Grands chelems et, tandis que les Etats-Unis gardent la main sur le palmarès féminin – 10 titres entre 1946 et 1960, dont un pour la première championne Noire de l’histoire, Althea Gibson, en 1956 – c’est l’Australie qui s’impose comme le véritable centre du tennis mondial. L’ancien joueur Harry Hopman, dit « Le Sorcier », révolutionne les méthodes de formation et d’entraînement, et envoie vagues après vagues ses poulains dominer le tennis mondial : Ken Rosewall, Lew Hoad, Mervyn Rose, Rod Laver, Roy Emerson, Fred Stolle, Tony Roche et bien sûr Margaret Court font la pluie et le beau temps sur un circuit dorénavant divisé entre amateurs et professionnels.
Au milieu de cette cohorte australienne, quelques artistes de la balle jaune se font leur place au soleil : l’Italien Pietrangeli (1959-60), l’Espagnol Santana (1961-64) ou le Roumain Ilie Nastase (1973) enthousiasment ainsi le public parisien. Quand, à cheval sur 1973 et 1974, les spectateurs découvrent le jeune Bjorn Borg, son jeu basé sur la solidité du fond de court et les échanges au long… cours, ils se montrent aussi intrigués que sceptiques : quel avenir ce style de jeu peut-il avoir ? Les décennies suivantes se chargeront de démontrer l’influence énorme que Borg, première star planétaire du tennis, aura eu sur son sport…