En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des publicités ciblées adaptés à vos centres d’intérêts et/ou réaliser des statistiques de visites.

Pour en savoir plus et paramétrer les traceurs.

1973 : Nastase, enfin !

Vainqueur un mois plus tôt du tournoi de Monte-Carlo pour la troisième fois de suite, Ilie Nastase n’a jamais été autant en forme. Le Roumain, et ça ne s’était jamais vu, ne perd pas le moindre set lors de cette quinzaine marquée par une météo difficile, puisque les huitièmes de finale ne se terminent que le samedi de la deuxième semaine et la finale est décalée au lundi. Nastase est celui qui s’en accommode le mieux. En finale, sous un soleil retrouvé, le Croate Nikki Pilic, non tête de série et surprenant vainqueur d’un Adriano Panatta encore un peu tendre en demi-finale, est régulièrement transpercé au filet par les passings adverses : il ne faut que 1h28 à Nastase pour le balayer (6/3 6/3 6/0). Mais le véritable animateur du tournoi est peut-être Björn Borg, qui fête ses 17 ans pendant l’épreuve. Battu en huitièmes de finale par Panatta, le Suédois à l’allure de Dieu Grec ne passe pas inaperçu et est l’objet d’un bon nombre de papiers dans la presse.
Un vent de jeunesse souffle également sur l’épreuve féminine. Invaincue depuis 29 matchs et présentée comme une terreur à son arrivée, Chris Evert, 18 ans, ne perd que 14 jeux pour se qualifier pour la finale, où l’immense Margaret Smith Court doit vraiment s’employer pour la stopper. Après avoir remporté le premier set au tie-break, grande nouveauté de l’année à Roland-Garros, Evert passe à trois reprises à deux points du match dans le deuxième set, avant de marquer le pas par la suite (6/7 7/6 6/4). L’Australienne remporte Roland-Garros pour la cinquième et dernière fois, mais personne ne doute que l’heure d’Evert viendra très bientôt.

Ilie Nastase (ROU) bat Nikki Pilic (CRO) 6/3 6/3 6/0
Margaret Smith Court (AUS) bat Chris Evert (USA) 6/7 7/6 6/4

 

1972 : L’apogée de Bilie Jean King, le point d’orgue de Gimeno

Pour la première fois depuis Pierre Darmon en 1963, un Français atteint la finale ! Lors des Internationaux de France 1971, Patrick Proisy est invité à l’Elysée avec d’autres sportifs français prometteurs et Georges Pompidou lui assure qu’il peut gagner très vite Roland-Garros. Le vœu du Président de la République ne se fait pas attendre : le Normand fait en effet chavirer le cœur du public de la Porte d’Auteuil dès 1972, en éliminant coup sur coup le double tenant du titre, Jan Kodes, en quarts de finale, ainsi que l’excellent Espagnol Manolo Orantes au tour suivant. Légèrement favori en finale contre Andres Gimeno, un Espagnol de 34 ans auquel ne manque qu’un titre majeur en guise de bâton de maréchal, Proisy démarre en trombe avant l’arrivée de la pluie qui brise son élan. A la reprise, et sous la lumière des projecteurs, le joueur aux cheveux dégarnis parait moins stressé que le jeune Français de 22 ans et renverse totalement la situation (4/6 6/3 6/1 6/1). Il est 20h30 quand, devant un court Central comble, Gimeno, vainqueur le plus âgé du simple messieurs, fond en larmes et se déclare « fou de joie comme un junior ».
Chez les dames, Margaret Smith Court est absente et le titre est promis, pense-t-on, à l’une des deux premières têtes de série, Nancy Richey ou Evonne Goolagong. Cette dernière est bien présente en finale, mais elle est battue par l’Américaine Billie Jean King (6/3 6/3), en général stoppée dès les quarts de finale à Paris, et vainqueur jusqu’ici partout sauf à Roland-Garros. Un an avant de créer la WTA, King fait d’ailleurs le Petit chelem en 1972, restant même invaincue toute l’année dans les épreuves majeures puisqu’elle ne joue pas en Australie.

Andres Gimeno (ESP) bat Patrick Proisy (FRA) 4/6 6/3 6/1 6/1
Billie Jean King (USA) bat Evonne Goolagong (AUS) 6/3 6/3

 

1971 : Le doublé pour Kodes, première triomphale pour Goolagong

Rivaux depuis les Juniors, Jan Kodes et Ilie Nastase, tous deux nés en 1946, sont face à face pour le titre un mois après leur fameuse finale à Nice. Sur la côte d’Azur, quelques jours avant de remporter également le tournoi de Monte-Carlo, le turbulent Roumain fait sortir le Tchèque de ses gonds (et presque du court, puisqu’à un moment, Kodes ne veut plus jouer !) et s’impose trois sets à zéro. Mais à Paris, Nastase se remet mal d’un litige à 7 jeux à 6 dans le premier set, et s’incline en quatre actes (8/6 6/2 2/6 7/5) contre un Kodes inspiré et agressif comme rarement, et qui devient le cinquième homme à faire le doublé à Paris, le premier depuis Nicola Pietrangeli (1959-1960). Le tournoi est également animé par le retour de la vedette australienne Lew Hoad après 13 ans d’absence, et par la nouvelle déconvenue de l’Américain Arthur Ashe, battu en quart de finale après avoir eu une balle de match contre l’étonnant allemand Frank Froehling, dont la très ample préparation en coup droit, inhabituelle pour l’époque, fait beaucoup parler.
Chez les dames, le tournoi est assez ouvert avec la défaite prématurée de Margaret Smith Court, invaincue depuis deux ans en Grand chelem, face à la Française Gail Chanfreau. C’est l’Australienne Evonne Goolagong qui en profite pour soulever le trophée à sa première apparition, en dominant en finale une joueuse non tête de série, sa compatriote Helen Gourlay (6/3 7/5).

Jan Kodes (TCH) bat Ilie Nastase (ROU) 8/6 6/2 2/6 7/5
Evonne Goolagong (AUS) bat Helen Gourlay (AUS) 6/3 7/5

 

1970 : Court imite Laver

Après une décennie presque 100% australienne, l’Europe entame son retour aux affaires dans le tennis masculin grâce à Jan Kodes. En l’absence des professionnels sous contrat (parmi lesquels les deux derniers finalistes, Laver et Rosewall), c’est ce Pragois de 24 ans qui s’octroie son premier grand titre, non sans mal. Par deux fois, Kodes est distancé deux sets à un : en demi-finale contre le Français Georges Goven, qui créé deux tours plus tôt la sensation du tournoi en sortant l’Espagnol Manolo Santana ; et en huitièmes contre le Roumain Ion Tiriac, lors d’une rencontre marquée par de multiples contestations d’arbitrages. C’est le dernier jour que Jan Kodes connait le moins de problème en dominant en trois petits sets un joueur encore plus fatigué que lui, Zeljko Franulovic, en seulement 1h08 (6/2 6/4 6/0). Le jour des demi-finales, le Croate sort essoré de son marathon contre l’Américain Cliff Richey, qui manque deux balles de match dans la quatrième manche, dont une sur une double faute.
Chez les dames, la grande Margaret Court Smith, déjà lauréate à l’US Open et à l’Open d’Australie, empoche un troisième titre majeur de rang en ne perdant qu’un seul set, au deuxième tour, contre la Russe Olga Morozova, qui va même jusqu’à mener 6/3 5-4. En finale, Court est opposée à une invitée surprise, la joueuse amateur Helga Niessen, employée dans un hôtel de Berlin. Malgré sa puissance et sa taille (1m80), l’Allemande, vainqueur en quarts de finale de l’Américaine Billie Jean King, ne fait pas le poids et est écartée en deux sets (6/2 6/4). Comme Rod Laver en 1969, Margaret Court réalise le Grand Chelem calendaire en cette année 1970, qu’elle domine de A à Z.

Jan Kodes (TCH) bat Zeljko Franulovic (CRO) 6/2 6/4 6/0
Margaret Smith Court (AUS) bat Helga Niessen (ALL) 6/2 6/4

 

1969 : Laver sur la route de son deuxième Grand chelem

Après une saison 1968 où il ne s’est imposé « qu’à » Wimbledon, Rod Laver reprend totalement le pouvoir en 1969 en gagnant tout. Mais sur la route de son deuxième Grand chelem calendaire, après 1962, l’Australien connait ses principales difficultés à Roland-Garros, comme sept ans plus tôt d’ailleurs, sur cette terre battue qui n’a jamais été la surface la plus évidente pour lui. Au deuxième tour, son compatriote Dick Crealy mène deux sets à zéro quand la partie est interrompue par l’obscurité. « Si on avait continué, j’aurais peut-être gagné ce jour-là » estime Crealy, dominé finalement 6/4 au cinquième set le lendemain. Laver est également bousculé en demi-finale par le Néerlandais Tom Okker, vu comme un vainqueur potentiel, qui prend le premier set 6/4 avant de voir l’Australien pratiquer soudainement son tout meilleur tennis. En finale, l’attaquant gaucher est en revanche au top niveau du début à la fin pour prendre sa revanche sur un Ken Rosewall impuissant (6/4 6/3 6/4). Pour l’anecdote, il s’agit du dernier match des deux hommes à Paris, Rod Laver étant le dernier joueur avec Björn Borg à avoir terminé son parcours Porte d’Auteuil sur une victoire.
Comme chez les hommes, le titre féminin revient également à la favorite et à l’Australie. Margaret Smith Court, déjà mise à l’épreuve en demi-finale par l’Américaine Nancy Richey, dispose en trois sets d’Ann Haydon-Jones (6/1 4/6 6/3). Il s’agit de la revanche de la finale du double, où la Britannique, associée à la Française Françoise Dürr, s’est imposé 7/5 au troisième set, empêchant ainsi Court de faire le « triplé » simple, double et mixte.

Rod Laver (AUS) bat Ken Rosewall (AUS) 6/4 6/3 6/4
Margaret Smith Court (AUS) bat Ann Haydon-Jones (GB) 6/1 4/6 6/3

 

1968 : Rosewall, 15 ans après

Du festival de Cannes au championnat de France de football, les évènements de mai 1968 provoquent l’annulation de toutes les manifestations populaires… sauf de Roland-Garros ! Dans une France qui tourne au ralenti, le tournoi fait le plein de spectateurs. La télévision et les journaux sont en grève, on compte 64 forfaits au total dans les tableaux de simple, mais les Parisiens se passent le mot et se pressent au stade pour célébrer le début de l’ère Open, décrété seulement deux mois plus tôt : après 20 ans de scission, les professionnels peuvent enfin rejouer les Internationaux avec les amateurs. Demi-finaliste à l’âge de 39 ans, c’est d’ailleurs l’un d’eux, l’Américain Pancho Gonzales, qui l’emporte à l’applaudimètre. Mais la finale est un « classique », avec face-à-face les deux meilleurs pros du moment, les Australiens Ken Rosewall et Rod Laver. Le premier s’impose en 4 sets (6/3 6/1 2/6 6/2), quinze ans après sa première victoire parisienne, et empoche les 50.000 francs promis au vainqueur (on estime que 50.000 francs de 1968 valent environ 36.000 euros).
Chez les dames, la Britannique Ann Haydon-Jones, ex-championne de tennis de table devenue dans les années 1960 l’une des sportives les plus populaires du Royaume, est la grande favorite du tournoi. Surtout qu’en finale, elle retrouve Nancy Richey, sa victime en 1966 (6/3 6/1). Auteur du Petit chelem en double en 1966 avec Maria Bueno et vainqueur l’année suivante des Internationaux d’Australie, l’Américaine est cependant devenue depuis une autre joueuse et gagne cette fois en 3 sets (5/7 6/4 6/1).

Ken Rosewall (AUS) bat Rod Laver (AUS) 6/3 6/1 2/6 6/2
Nancy Richey (USA) bat Ann Haydon-Jones (GB) 5/7 6/4 6/1